mardi 11 juin 2019

C'est comme un vertige
mais sans angoisse.
Le ciel ou l'eau
sont parcourus de feuilles d'or.
 
Ce n'est pas gênant de ne plus penser,
 
d'être là,
 exactement
comme l'on est.
 
Le fond de l'étang
raconte les histoires
que l'on veut.
 
et le fond de moi-même ?
 
Au matin, les rêves
sont comme des feuilles d'or,
les feuilles d'un livre
à écrire sans tarder
avant que tout s'efface.
 
Et au bord de l'eau,
c'est toujours le même rêve qui revient,
le rêve qui doit s'écrire,
se chanter, se vivre
sous peine de mourir.
 
 


lundi 10 juin 2019


C'est toujours en passant,
que surgit le lieu d'avant la séparation.

C'est le lieu de la main
de l'enfant qui sait comment
chantent les herbes.

C'est le lieu où les étoiles
ont encore un chemin
jusqu'au cœur des rêveurs
qui attendent la nuit.

C'est le lieu du silence,
même s'il bruisse d'insectes,
et où la folie
s'enfonce dans la terre
pour l'ensemencer.

C'est toujours en passant,

avant que reprenne la danse
des faux-semblants.








dimanche 9 juin 2019


La porte était fermée.
La clef était perdue.

Je n'ai rien fait.
Je n'ai pas bougé.

La porte un jour
devait s'ouvrir.
C'est la seule chose
dont j'était sûr.

Saison après saison,
la porte a supporté
tous les frimas.

Elle s'est couverte de cicatrices.

Mais rien ne bougeait.
La porte restait fermée.

Je n'avais plus
que mon désir :

"Un jour, elle s'ouvrira."

Et un matin, il n'y eut plus
ni porte ni clef
au cœur de la réalité.





samedi 8 juin 2019

Qui me connaît ?
Est-ce que je me connais ?
Tant de voix s'enchevêtrent
qui ne sont pas miennes.

Qui je connais ?
Et connaître 
est-ce juger ?

Ne devrais-je pas 
naître avec ceux
que je prétends connaître ?

Naître ensemble,
Etre ensemble
comme des êtres
qui avancent ?

Je me  lave les yeux
dans la forêt.
Je connais mieux les arbres
que les hommes.

Car ils poussent sans arrêt
(à moins que...)






vendredi 7 juin 2019

Cortège noir de la chenille sur le mur blanc !

Si c'est cela la vie,

tout frotte et tout se contorsionne.
Désordre du vent dans les feuillages !
Tu préfères ce mouvement.
La lumière ruisselle
sur chaque feuille du hêtre pourpre.
Pendant ce temps,
la chenille se râpe le ventre sur le crépi.
Elle cherche une oasis pour son cocon.
Ce n'est pas dans cette lumière crue
qu'elle trouvera la paix.
Un peu d'ombre, s'il te plaît !
Un peu de douceur !
les cocons sont aérodynamiques.

le vent ne s'y accroche guère !
La chenille s'y est enfermée
avec son rêve.
Qu'il est doux de vivre ainsi caché !
Personne ne vous montre du doigt !
C'est peut-être surprenant,
mais il y a des cocons qui
se promènent sur les trottoirs de la ville.
Certains sourient pour être sûr
que personne ne viendra voir à l'intérieur !

Un jour c'est l'heure ! le moment,
le grand jour, l’événement !
l'élément déclencheur ?
Motus et bouche cousue,
cela demeure un mystère.
Le cocon fond, la coquille se fend.
Est-ce toi qui apparaît ?
Oh, ces couleurs sur tes ailes,
C'est ton rêve qui a déteint !
Tu n'as plus peur
même s'il ne te reste
que quelques heures.

La larve te salue bien
et te pardonne!

Allez ! tu viens visiter mon ciel ?


jeudi 6 juin 2019


La feuille de noisetier
est morte au printemps.

Drôle d'idée de mourir
avant l'heure.

Elle a à peine eu le temps
de revêtir une robe automnale.

Y-a-t-il une heure pour mourir ?

Je l'ai trouvé à mes pieds,
comme si elle ne voulait pas être oubliée.

Alors je lui rends hommage
un hommage qui ne sert à rien

et qui embêtera tous ceux 
qui veulent que ce que l'on fait
serve à quelque chose.






mercredi 5 juin 2019

Après l'averse
la terre n'a rien retenu.
Puis le silence continue.

Parleras-tu ?

Non, tu ne diras rien.
Au fond, c'est encore plus loin.

le regard d'un enfant
ne cache rien.

Si tu savais
comme tu brilles !
Ne va plus là-bas,
il n'y a rien.

l'ancien se répète
à la recherche d'une proie.

Et toi, tu as des ailes
qui ne servent à rien.

Reviens !

Si tu reviens,
tu n'attendras plus rien.
le vent jouera.
le fleuve chantera l'air
que tu aimes bien.

La page s'est tournée
toute seule.
Le rouge-queue ce matin
a choisi l'arbre
le plus lumineux.

Tu vas ouvrir les yeux.

Ce n'est plus la même rue,
ni la même maison.
les murs n'ont plus d'arêtes.

Des étoiles sourient aux fenêtres.