mardi 25 janvier 2022

 



Debout l'harassé.
On te marchera plus jamais
sur le paillasson.

Debout, tu te relèves.
Tu n'as pas vocation
à être cloué.

Décloue ton bec.
Décloue ta vie,
relève ton cri .

Debout l'ensommeillé,
debout l'ensorcelé.
Ouvre les yeux
même si on veut
te les fermer.

Vois clair en toi.
C'est pour ceux
qui viendront après toi.

Ils ont le droit
de ne pas porter
sans fin la malédiction,
ce paquet de fils emmêlés
qu'on se refile sans y penser

et qui attend 
d'être dénoué.


Huile. 2020




lundi 24 janvier 2022

 


C'est une simple matinée d'hiver
où le soleil se pose
sur les choses ordinaires
et les transforme en carrés de lumière.

Les objets disparaissent presque
comme emportés
par une inondation de blancheur.

Les bras d'un fauteuil se sont ouverts.

On s'y repose et respire.
La trêve est douce,
aussi douce que la lumière
qui caresse les livres.

Inutile d'en ouvrir les pages.
A cette heure, elle seraient
aussi blanches que la neige
qui s'annonce peut-être

Besoin de repos.





dimanche 23 janvier 2022

 




Attendre, guetter
un signe.

Larmes, alarme,
correspondre
à un grand désir

Se présenter,
le seul agir
pour se laisser
transformer
et grandir,

Tourner vers,
outre vide,

Etre nourri
sans comprendre

Etre réparé,
restauré,

Ne plus revenir
au pays des oppresseurs,

le chemin est long,
le chemin est bon.










samedi 22 janvier 2022

 



Sur un fil,
les corbeaux restent là.

Attachés à leur fil,
ils n'ont pourtant
qu'à ouvrir les ailes.

Le vent est là
mais ils attendent
on ne sait quoi.

Ce fil, on le connait bien,
ce fil à la patte,

Il est sûr 
qu'on le connaît.

Et l'inconnu
est si vaste.

Soudain, plus
de corbeaux sur le fil.

Peut-être va-t-on
ouvrir les yeux
et s'envoler ?



vendredi 21 janvier 2022

 

La vie minuscule,
la vie qu'on ne voit pas,
tout ce qui n'aura pas d'histoire
ou si peu,

tout ce qui est 
réduit en poudre,
que disperse le vent,

et pourtant,
la vie obstinée,
la vie vaille que vaille
coûte que coûte
dans son manteau de silence
et de feu qui couve,

c'est elle qui vient au bord du chemin,
 porte sur son épaule
une aube où la fenêtre
reste ouverte.


Venir avec deux mains vides,
une tête qui résonne
et perd ses mots,
un cœur grillagé
par l'angoisse.

Venir goûter le souffle
et l'espace du vivant.

Car on n'est pas moins homme
d'être ce que l'on est,
sans tricher,
avec son vacillement
et ses questions en vrille.

Venir à la vie incertaine,
celle qui chuchote,
celle qui pleure aussi.


Venir à la vie.
Avancer jusqu'à sa robe
ou son alcôve.

Tomber en tendresse,
ne plus se relever de force
mais d'oiseaux,

tourné vers ce qui est,

dans l'oubli de ce qui n'est pas.






 




Le vieux marin.

Huile sur papier calque




jeudi 20 janvier 2022

 




Immobile

Seconde
que mesures-tu ?

Seconde
après seconde,
vers où ?

Immobile,
la porte s'ouvre,
l'escalier est descendu,
un visage est rencontré !

Immobile,
les arbres en forêt
se déplacent,
le ciel avance,
le soleil suit.

Immobile,
demeurer.