lundi 3 octobre 2022


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jeudi 15 septembre 2022

 

Merci pour votre fidélité,

le blog Yatra s'arrête


autre chose naîtra peut-être !


Depuis longtems j'ai perdu connoissance ;
Dans un gouffre je me vis abîmer ;
Je ne puis plus supporter la science ;
Heureux mon cœur, si tu sais bien aimer.



Perdu, plongé dans des eaux ténébreuses,
Je ne vois rien, et je ne veux rien voir ;
Mes ténèbres sont des nuits amoureuses ;
Je ne connois mon bien ni mon espoir.



Dans ce profond d'amour inexplicable,
On m'élève bien au-dessus de moi ;
C'est un nuage obscur, invariable,
Où l'âme ne voit qu'une sombre foi.



C'est un brouillard plus clair que la lumière ;
Je ne puis exprimer sa sombre nuit :
On ne dessille jamais la paupière ;
Dedans ce lieu l'on n'entend aucun bruit.



Ces ténèbres où règne le silence,
Font le bonheur de ce cœur amoureux ;
Tout consiste dedans la patience
Qu'exerce ici cet amant généreux.


Madame Guyon  (1648 - 1717)



tableau de Bellini

mercredi 14 septembre 2022

 


ll me semble que les personnes qui écrivent des choses intérieures devraient attendre pour écrire que leurs âmes fussent assez avancées pour être dans la Lumière divine. Alors elles verraient la Lumière dans la Lumière même.
Elles verraient, comme une personne qui est sur une montagne élevée, voit les divers chemins qui y conduisent, le commencement, le progrès et la fin où tous les chemins doivent aboutir pour arriver à cette montagne ; on voit avec plaisir que ces chemins si éloignés se rapprochant peu à peu et enfin se joignant en un seul et unique point, comme des lignes fort éloignées se rejoignent dans un point central, se rapprochent insensiblement.

Madame Guyon, Écrits sur la vie intérieure, Arfuyen,, p. 23






mardi 13 septembre 2022

 


les âmes ne sont pas encore accoutumées à ce genre de vie, elle ont de la peine...à s'empêcher de tendre à force de voiles et de rames...dans cet océan de la Divinité.
Mais à présent qu'elles n'ont pour motif que l'unique plénitude...il ne faut plus qu'elles usent d'autres industries ni effort que d'un simple écoulement de cœur en Lui."


"On appelle cet exercice vie, parce que l'âme n'en doit jamais être privée, autrement on pourrait dire qu'elle serait morte, comme l'on dit d'un corps mort, qu'il n'a plus d'âme. Et aussi...on l'appelle vie simple... Il est impossible que l'esprit qui a goûté Dieu simplement, par habitude et non en passant seulement, puisse jamais trouver goût ni s'appliquer à le chercher autrement."


"Quand Dieu s'est fait goûter au fond de l'âme, il laisse une impression quasi éternelle, et qui rappelle à soi tous les mouvements d'esprit avec une telle force qu'il ne peut jouir d'aucune satisfaction ailleurs que dans ce fonds qui est son centre et sa vraie demeure."

Jean le Man (1617-1690)



lundi 12 septembre 2022

 



C'est un secret

et de ce secret
l'on ne sait rien.

Il y a ceux qui disent :
"Je le connais"

Et ceux qui affirment :
"Il n' y a pas de secret".

Ils se disputent souvent.

Arrive alors un homme
qui n'a plus rien
à cacher.

C'est ce qui le rend
secret.

Un secret qui marche
qui vit, parle.

Mais cela n'intéresse personne.

le secret demeure
et le silence vient.

dimanche 11 septembre 2022



"Quand on est ainsi prêt à tout, c’est dans le fond de l’abîme que l’on commence à prendre pied ; on est aussi tranquille sur le passé que sur l’avenir. On suppose de soi tout le pis qu’on en peut supposer; mais on se jette aveuglément dans les bras de Dieu ; on s’oublie, on se perd ; et c’est la plus parfaite pénitence que cet oubli de soi-même, car toute la conversion ne consiste qu’à se renoncer pour s’occuper de Dieu. Cet oubli est le martyre de l’amour-propre ; on aimerait cent fois mieux se contredire, se condamner, se tourmenter le corps et l’esprit, que de s’oublier. Cet oubli est un anéantissement de l’amour-propre, où il ne trouve aucune ressource. Alors le cœur s’élargit ; on est soulagé en se déchargeant de tout le poids de soi-même dont on s’accablait ; on est étonné de voir combien la voie est droite et simple. On croyait qu’il fallait une contention perpétuelle et toujours quelque nouvelle action sans relâche ; au contraire, on aperçoit qu’il y a peu à faire."

Fénelon, Oeuvres I, Pléiade, p. 577