vendredi 27 novembre 2020

 


Mes yeux sont las

peut-être.

Lever la tête.

En bas de la poussière.



Le clocher se cache

pour apparaitre l'hiver .

Les cloches sonnent

le vide résonne.



Au cimetière

les feuilles mortes des platanes

n'ont pas de tombe.

Comme elles j'apprends

à tomber.


et me relève.


Les morts restent couchés.

 


"L'autre rive. La barque sur le Gange"

gravure pointe sèche






jeudi 26 novembre 2020

 


C'est une porte usée
par les ans.

Elle peut rester
obstinément fermée.
Elle s'use tout de même.

Les clous rouillent.
La peinture s'écaille,
le bois est vermoulu.

Il se passe quelque chose.
Elle se ride elle aussi.
Elle s'affaisse.

Pourquoi certaines portes
restent fermées
après avoir essayé
toutes les clefs ?

Peut-être n'y-a-t-il
rien derrière ?

Pourquoi s'acharner ?

La vie est là,
devant la porte,

pas derrière.





mercredi 25 novembre 2020

 


Dans cette maison à l'abandon,
il y avait un vieux métier à tisser.

Et par terre,
une tapisserie.

Ce n'est pas un rêve,
mais la réalité.

Le temps tisse
sa toile,

grignote, grignote
les jours.

Quelqu'un,
(est-ce quelqu'un ?)
tisse son piège.

Il aimerait bien
que tu y tombes
et y restes
faisant semblant
de vivre.

Ce quelqu'un,
certains l'appellent

la mort.



 




Deux japonaises

(d'après une photographie de Nicolas Bouvier)

Monotype 1er tirage




 


Silhouette d'homme

(d'après Léon Spillaert)

Monotype. 2e tirage





mardi 24 novembre 2020

 



Je m'attarde auprès 
d'un reflet.

Jeter un caillou dans l'eau !
Peut-être est-ce comme cela
que tout a commencé ? 

Et les galaxies s'éloignent
jusqu'à ce que l'univers
redevienne calme.

Un caillou dans l'eau.
Une naissance
la vie, les cernes sur l'eau
qui s'éloignent.

Puis tout s'apaise.
Apparaissent des reflets d'or
dans l'étang,
avant la nuit
ou le ciel et l'eau
s'épousent enfin.