vendredi 31 août 2018



Leçon de géographie
des feuilles de lierre :
territoires vierges,
terres inconnues,
forêts-papillons
qui ne bougent plus
les ailes.

Quoi retenir ?
Seul l'homme
fabrique du même,
du pareil au même.

Tristesse des objets semblables.
Joie d'être unique.


jeudi 30 août 2018


Patience de l'oiseau sur son fil.
Qu'attend-il ?
Le bon moment ?

Viendra-t-il ?

Peut-être ne sait-il pas 
ouvrir les ailes ?
Peut-être a-t-il besoin
de l'amitié du vent ?

Qui le saura ?

Si tu veux bien,
je m'envolerai avec toi.

A ton signal.

Quelques notes qui connaissent
le secret de l'aurore
qui flamboie.






mercredi 29 août 2018


Dansez soleils
de chèvrefeuille
enchevêtrés !

Personne ne sera
capable ici
de remettre des angles droits.

Vie en désordre
mais qui ne triche pas.

Pas de faux-semblant.
Pas de masque.
Pas d'ossements
dissimulés.

Seulement la vie.




mardi 28 août 2018


Simplement grandir.
C'est comme si l'arbre
épousait le mouvement de la lumière.
Sinuosité des branches.
Rien de raide.

Je joue de mes branches humaines,
capte les vents ascendants.
Le soleil descend
à ma rencontre.

Simplement vivre,
écouter le chant des étoiles.
Je chante avec elles
la joie d'être 
entre terre et ciel




lundi 27 août 2018



Penser petit,
penser infime.

Cachés dans l'herbe,
posés sur des feuilles,
Partout des mystères ambulants.

Qu'est-ce que s'émerveiller ?

Je suis petit,
je suis infime.

Et ma vie sur le fil
d'un cœur qui bat
sans que je lui demande.

Pas de quoi fanfaronner.



dimanche 26 août 2018



Un nuage parfois
est révélateur de conscience.
Je suis conscient.
Ciel de mon esprit.

Nuage blanc,
simple conscience.
Pas de calculs,
Pas de détours.

Je révèle la lumière
ou je la voile.





samedi 25 août 2018


Physalis, es-tu cage ou berceau ?
Tes veines vertes palpitent.

Je ne suis pas dans une cage.
Aucune prison
dès maintenant.

Je viens de naître.
Qui se penche sur mon berceau ?

Ne me forcez pas à grandir,
laissez-moi libre en ce repos.




vendredi 24 août 2018


The Hours, Philipp Glass



Je n'abandonne pas. 
Le puits est profond,
mais comme le soir qui frémit,
la source est toute proche.
Elle affleure et se perd
entre les rochers.

Une corde de larmes
est prête pour 
remonter l'eau vive.

Alors d'autres profondeurs apparaîtront
et étrangement les ténèbres
auront des reflets d'or.

Je serais vivant
non comme on mange un fruit
mais comme un parfum qui se diffuse
et donne envie de respirer
à pleins poumons.





jeudi 23 août 2018


L'orage arrive,
et derrière l'orage ?

Un éclair à l'improviste,
un éclair par effraction
m'enlève.

Tout ce qui a été brisé
sera réparé.

Les orages passent
je guéris.
L'éclair m'éclaire.

Je deviens éclaircie.





mercredi 22 août 2018




C'est une feuille 
qui s'enflamme
sans brûler,

transpercée,
traversée,
irradiée,

un peu d'or
pour continuer

à espérer se laisser
transpercer,
traverser
irradier,

pour ne rien garder
et donner le jour
comme on donne du pain





mardi 21 août 2018



 Ce matin, le pigeon
ne fuyait pas
à mon approche.
Et la limace
se promenait
par beau temps.

Je chantais, je chantais
que tout commence
maintenant
et la lumière riait.

(La lumière rie
avec celui
qui chante
son chant secret.)

Je chantais et mon chant
rejoignait les autres chants du monde
qui naissent d'être en chemin.






lundi 20 août 2018



C'est de là que j'accueille,
que je respire.

C'est de là que j'écoute,
essaye d'écouter,
ce qui est en moi
bafoué parfois.

Mais pourquoi ?
tout est là,
tout est à demeure.




dimanche 19 août 2018




Il y a un espace
où rien ne pèse,
une vie qu'aucune 
mort n'attire.

Il y a une lumière
qui n'accuse
aucune ombre.

Il y a un amour
où les mots
n'ont plus cours.





samedi 18 août 2018


C'était un petit coin
d’œil de bœuf,
un petit coin de ciel
où se reposer.

Pourquoi s'agiter.
Je veux n'avoir d’œil
que pour le ciel

Avant de m'envoler,
laissez-moi en paix.

Laissez-moi un temps 
qui n'exige rien
un temps qui saurait
me bercer,

avant de m'envoler
et de réparer ce monde
tellement blessé.




vendredi 17 août 2018




La terre se repose.
Au loin, les prémices de l'automne,
avec l'hiver, son enfouissement.

Je vois mieux ce qui compte
sans rien voir.

Terre nue, offerte
au silence de la neige.

Déposer encore.
Déposer, se frayer
un chemin
jusqu'à l'orée.

Orée, oraison.






"La porte"

Linogravure




jeudi 16 août 2018


Tenir sans tenir,
Monter sans monter,
Aimer détacher, évider
sans être vide,

Brûler sans brûlure,
Vivre vrai,

Se relever et sourire,
Revenir sans retour,
Implorer toujours,

Avancer sans devancer,
Comprendre sans un mot,
Avoir cœur ouvert 
à toutes les aubes,

Attendre sans attendre,
se reposer enfin.












Sculpture en pierre calcaire de Vaucouleurs (Meuse)


mercredi 15 août 2018


Rivière initiatrice
aux berges courbes
tu m'aides à revêtir
le manteau de l'apaisement

le manteau de la pureté
à la blancheur du cygne
qui n'a pas plus de regard
sur lui-même qu'un enfant
perdu dans son émerveillement.

Je ne sais ce que j'ai revêtu
au cœur du brisement.
Pourquoi se dévêtir maintenant
pour une nuit atroce
où s'accroissent les tourments ?






mardi 14 août 2018


Ce qui échappe toujours
quelques ronds dans l'eau.

Les canards sont ailleurs.

L'eau tremble.
aux appels du ciel.

Qu'est-ce que la peine ?
Pourquoi la peine ?

les canards sont au ciel.

La rivière m'invite
à l'intérieur.





lundi 13 août 2018



Porte verrouillée
écrou rouillé,
cela coince.

Si l'écrou criait
il crierait fort.
Cela fait mal.
On dérouille.

Je dérouille.
la porte grince
l'écrou bouge.

Oh, douceur de l'huile !




dimanche 12 août 2018




Regarder ce large.
Ne pas le quitter des yeux.

Plus loin, plus loin
en marchant sur les eaux.

Arrachement pour
que cela respire.

Le mal des mots. Indigestion.

Je serre la lumière
comme on serre un enfant
contre son cœur.

J'ai tellement écouté
la nuit du monde.

Il n'y a pas de perdus.
Seulement des enfants
sans mère.




samedi 11 août 2018



Il y a des songes
dans l'eau.

Je les vois passer
de loin,
ayant lâché le fil.

Je marche libre
et n'ai plus ce soir
qu'un désir.





vendredi 10 août 2018



Sur son mur
le héron regarde
les reflets des nuages
dans l'eau

Je regarde
le héron sur son mur
et je lui dis merci.

Le saura-t-il jamais ?



jeudi 9 août 2018



Derrière mon écorce,

qu'est-ce qui
compte ?

Un mot,
un seul
dit avec le coeur.

Il n'est pas perdu.

Il est écouté.







mercredi 8 août 2018


Si une feuille
a un fil,
toute vie aussi.

le miracle
n'est-il pas
plus réel
que la réalité ?

Rien
ne peut rompre
ce fil.




mardi 7 août 2018


Doucement, doucement
le nuage avance.

Doucement, doucement
un chemin se dessine.

Pourquoi se faire violence ?



lundi 6 août 2018

vendredi 3 août 2018


Parfois un simple regard
invite au large,

un regard presque impérieux.

Celui-ci m'a dit :
Vis, oh vis !

Était-ce une peinture ?