dimanche 30 septembre 2018


Un peu de ciel
s'il vous plait,
même si c'est dans la boue,

un peu de ciel
même sans étoiles,

un peu de ciel
pour s'endormir
dans l'herbe froide
avec une caresse immense
qui aurait pouvoir
de rendre à l'âme
la brise du premier jour !

Un peu de ciel
avant le ciel
qui comprend
ce que l'homme
ne comprend pas.

Un peu de ciel,
s'il vous plait.



samedi 29 septembre 2018



L'automne approche
à pas de lumière fragile.

Les arbres se dénudent
dans un feu singulier.

Je retire aussi
des vêtements inutiles,
des mots qui n'ont pas
lieu d'être.

l'espérance me chuchote
que l'hiver
aura des airs de printemps.



vendredi 28 septembre 2018



Mais qu'est-ce qu'il y a
derrière cette toile ?

Des plis partout.
Où est la faille
dans ce treillis ?

Ecarter les mailles.
Cela sent le renfermé.

Sur la place de la gare
tant traînent leurs ailes
dans les papiers gras.

En un instant,
tout peut basculer.
Même les murs
sont provisoires.

Ce sont les mendiants
qui donnent.

Les riches sont
vieux et tout ratatinés.







Je vous présente
la première feuille morte
de l'automne.

Elle est unique.
Avant elle et après elle
aucune autre feuille
ne lui ressemblera.

Finalement
elle n'est pas morte.
Elle s'est simplement
détachée de l'arbre.

Quelque part,
très loin sans doute,
elle continue à vivre
sur un grand arbre
dont personne ne connait le nom.

"Arrête de rêver !"
Non, je n'arrêterai pas.








jeudi 27 septembre 2018

les brins d'herbe
ignorés
ont besoin du soleil.

Rester là.

L'or du monde
ne vaut rien.

Mais un brin de soleil
est le trésor.

C'est comme l'eau
pour le poisson.

Y être.




mercredi 26 septembre 2018


Maître Corbeau
tenait en son bec une noix.

Je ne l'ai pas flatté.
Il vaquait à son affaire.

Je vaquais aux miennes
qui sont sans importance.

Le corbeau cherchait
à casser sa noix.

Je ne cherche rien.

Je rentre à la maison
d'un pas tranquille.



mardi 25 septembre 2018



Comme il y a le rayon vert
en bord de mer
quand le soleil disparaît de l'horizon,
il y a le rayon d'or
juste au moment où il apparaît.

Une légende affirme,
(mais est-ce une légende ?)
que si on le regarde
sans fermer les yeux,
ni trop tôt, ni trop tard,
on devient invisible
à soi-même.

On ne se voit plus.
On se perd de vue.

Est-ce possible ?

J'arrive toujours
trop tôt ou trop tard.

Un jour , peut-être...







lundi 24 septembre 2018

Le chat sur le mur
ne cherche rien.
Les oiseaux sont loin.
Le soir vient.

Si un chat pense,
il ne pense plus à rien

Un instant, moi aussi.
Je laisse le ciel
et ses nuages m'envahir.

Et soudain je pense
que tout est très bien
et que le bonheur
d'un oiseau au loin
me suffit.



dimanche 23 septembre 2018


Surgi de la nuit de l'eau
un cygne ,signe
qu'il y a un lieu
sans vilenies,
reste immobile.

Immobile appel.

Librement je peux choisir.
Je peux dire non
au piège de la tristesse.
et du répugnant.

Un cygne surgit.
C'est un roi
un cri qui me dit :

"Mets ta couronne !"



samedi 22 septembre 2018

vendredi 21 septembre 2018


Dans le soir qui vient,
il n'y a plus qu'une porte
une seule,
une porte grande ouverte.

J'en ai franchi le seuil.
Le soleil décline
mais il est extérieur.

A l'intérieur,
c'est l'aube.

Quelle différence
entre l'aube et le crépuscule ?

Le seuil.







jeudi 20 septembre 2018



Je penche un peu la tête.
Trottoir quotidien,
bitume sans âme
écrasé par tant de pas,
encore et encore.

Au bord d'un mur, rien.

Des plantes perdues,
comme des âmes perdues,
ignorées pour toujours,
jetées là par le vent,
poussent plutôt mal que bien
parfois brûlées par l'urine d'un chien.

Et pourtant la vie toujours,
ses surprises,
sa fantaisie.

je souris.


mercredi 19 septembre 2018



L'aube aimante
le regard
aimant la lumière

Lumière aimée
pourquoi ?

Indéfinissable, sans doute.
on n'a rien dit si l'on dit :
produit d'une combustion.

Insaisissable comme
un moineau,
Aveuglante
pour les voyants surtout.

Je brûle aussi.
Je veux voir des yeux qui brillent
des visages comme des flammes

Dis, tu vas pas t'éteindre ? Hein ?





mardi 18 septembre 2018


Le silence est une parole
L'arbre est sans mots
mais il parle.

Il manifeste sa vie.
Il exulte, il tremble
dans le matin.

Bouleversé,
j'essaye de comprendre
ce mot.

Bouleversé,
comme si tout se rejoignait.
Il n'y a pas de séparation

Mots ou silence.
Tout se rejoint.



lundi 17 septembre 2018



                                Tzama Nafshi - Thirsty Soul




A l'ombre d'un marronnier géant,
une étrange protection
s'est installée.
L'arbre ne s'est pas pressé
d'être majestueux.
Ses branches, son feuillage
sont un manteau
qu se pose doucement
sur les épaules
qui bavardent encore.

Combien de temps encore
dans l'étau d'un temps
où l'on court
sans protection ?

Pourtant à l'ombre de l'arbre,
il n'y a rien à faire.

Je me tiens assis, là,
même debout.
assis et vivant.






dimanche 16 septembre 2018


Tout passe par le regard, 
un regard démultiplié 
qui prend avec lui tous les sens
pour griffer la grisaille 
et que derrière apparaisse l'or 
qu'on ne soupçonnait pas.

Quelque chose
(mais est-ce une chose ?)
me déborde

Je perds pied.
Il en est ainsi 
par jour de soleil, 
dans la forêt 
quand les feuillages 
se mettent à parler



samedi 15 septembre 2018




Je ne sais rien.
On peut le dire
sans savoir
qu'on ne sait rien.
On le dit comme cela
avec un petit air,
parce qu'on se dit
secrètement
qu'on sait tout de même
un peu quelque chose.
On est pas passé
dans le moulin à café,
dans la concasseuse.

Je ne sais rien.
C'est autre chose.
Un autre monde
Une autre vision
Une autre logique.

Je ne sais rien
C'est nucléaire.
C'est un point
qui se réduit encore.
Un point qui disparait.

Une vie qui laisse être.



vendredi 14 septembre 2018


Ni à droite, ni à gauche,
ne pas regarder.
Je reste vivant.

Il y a bien des appels
des sussurements,
toujours la petite voix
que je connais trop bien

Elle vient de loin,
de plus loin qu'on ne l'imagine,
placentaire,
antédiluvienne.

Objectif : mort

Mieux vaut être boîteux,
clopin-clopant
et marcher
que s'asseoir
sur une tombe
où le repos est un leurre.



jeudi 13 septembre 2018



Une petite lueur
une infime lueur
une minuscule lueur

Une lueur qu'on ne voit pas
Une lueur qu'on ne sent pas
Une lueur qu'on ne vit pas

Rien qu'une lueur
comme la goutte d'eau
au pied du verre brisé
du rêve brisé
du jour brisé

Une lueur
où se rendre
où tout rendre
sans rien prendre

Une lueur qui fracassera
les montagnes aveugles
les masques aux yeux troués
les refus du vrai.

Sans raison,
une lueur
survit.




mercredi 12 septembre 2018


Il y a un point incompréhensible
en chacun,
un point qui échappe,
un nom blanc,

C'est par là
que se jouent la paille
et la poutre.

C'est pour cela
qu'une remarque
peut être juste
mais seulement
jusqu'à un certain point.

Seulement.

Car toujours en chacun,
il y a ce point
qui est aussi un cri.




mardi 11 septembre 2018

Deviens comme la neige fondante;
Lave-toi de toi-même.
Avec amour, ta voix intérieure trouvera une voix
Qui grandira comme un lys blanc silencieux dans le cœur

Rûmi



Là, en cet instant,
il y a suffisamment
pour ne plus se retourner
ni imaginer l'avenir.

Ni une décision,
Ni une résolution,

Là, toujours là
moment après
moment.



lundi 10 septembre 2018



Cette tranquillité de la plante
d'où vient-elle ?

Pour elle, tout se déroule
sans heurt.

Si je résiste, pourquoi ?

A-t-on déjà vu nuage
à contre-vent ?

Une danse secrète
est en toi
qui connait le mouvement
à accomplir,

la parole juste,

le silence qui ne blesse pas.

Laisse-toi.


dimanche 9 septembre 2018


Le pin cembro 
au long cou dénudé
insolite
émerge de la forêt,
coup de brosse
dans le ciel

Où sont passées
ses branches mortes ?

Souvent solitaire,
même accompagné,
Il vit mieux là-haut
que dans l'ombre
des fourrés.

Mais il accueille
toujours l'oiseau
du matin qui s'ébroue
en plein soleil,

et ne cherche jamais
à le retenir.









samedi 8 septembre 2018



Accroché
à la promesse,
pélerin toujours,
je chemine
jusqu'au jour
des retrouvailles.

Entre brume épaisse
et plein soleil,
jamais ne m'arrête
car un jour un messager
a déposé en mon coeur
une poussière d'or.






vendredi 7 septembre 2018


Toutes ces fois
où l'élan retrouvé
je revenais
au premier rêve,

toutes ces fois
où se taisaient
les voix au bord 
du sentier,

toutes ces fois,
où il n'y avait pas
l'ombre d'un doute
au coeur du désir,

toutes ces fois perdues
de n'avoir pas voulu
être ce que je devais être,

restent pourtant
et appellent sans cesse
à ne pas renoncer

et maintenant
pour rien
au monde



jeudi 6 septembre 2018



Ne pas en revenir
de tels aurores.

Décidément
c'est là que tout se vit.

Ne pas en revenir
et ne plus revenir
à sa prison.
où les dents grincent
 où il n'y a rien
et même pas de gardien.

Vis là où tes yeux
quand ils se ferment
s'ouvrent enfin.








mercredi 5 septembre 2018


A l'heure bleue
ne hulule plus
la chouette
et le merle
se tait.

A l'heure bleue,
même les moteurs
des premières voitures
ne couvrent pas le silence

Le vent oublie son chant,
les feuillages se retiennent
de respirer.

A l'heure bleue,
un homme à sa fenêtre
ne voit pas l'heure bleue.

Il n'est ni là, ni ailleurs.
Il n'attend rien.

Il ne comprend rien
Il laisse seulement
l'heure bleue
être.



mardi 4 septembre 2018

Ce qui est vrai
est toujours là
quoiqu'il arrive.

Ce qui est vrai,
ce qui a été vrai
ne peut mourir.

Le ciel se craquelle.
je ne m'accroche pas
puisque je vois toujours
ce qui ne connait pas 
la mort.

Il y a eu tellement
de cris vers la lumière
qu'elle continue de venir
dans le silence.



lundi 3 septembre 2018

 J'ai appris
à ne rien voir,
de longues années,
et à être fier de cela :
un arbre, c'est un arbre.
Un point c'est tout.

Et comme c'est tout, c'est triste.

Et quand vient à passer un aveugle
qui a retrouvé la vue,
je lui dis qu' il ne voit
rien du tout.

Je m'aveugle
de croire voir.

Et c'est pire
que tout.



dimanche 2 septembre 2018


Petite feuille,
accroche-toi,
accroche-toi bien !

Un rayon t'illumine.
Pourquoi toi ?

Pour que tu t'accroches,
pour que tu tiennes.

On n'est pas vraiment seul
avec soi-même,
puisque le petit rayon est là.

Tu le vois,
dis, tu le vois ?