lundi 31 octobre 2016


Arbres parc de Brabois

gravure pointe sèche




Allée du Parc de Mme de Graffigny

gravure pointe sèche



-Une feuille d'or-

Que peut comprendre
une feuille d'or ?
Le bleu du ciel
s'offre à elle.

Peut-être a-t-elle aussi
les yeux ouverts ?
Elle se transforme
avant le givre et le gel

Elle est un peu 
comme ce paon du jour
rentré dans la maison
on ne sait comment.
Après lui avoir 
rendu la liberté,
il est revenu
à la fenêtre.

Est-ce un remerciement ?

Il est entièrement papillon.
Elle est entièrement feuille.
Il ne leur manque rien.
Ils sont unis au vent,
au ciel, à la lumière.

"Qu'est-ce que je veux vraiment ?"

Cette question suffit.
Elle peut exister sans sa réponse.

Elle est l'or de la feuille d'automne.
Elle est le rouge et le noir
sur les ailes du paon.


jeudi 27 octobre 2016




-Patapoufs-


Un coup de pied dans les feuilles mortes,

cela ne fait de mal à personne!
les arbres sèment leurs couleurs.
Les trottoirs se parsèment de feuilles,
et nous quand est-ce qu'on s'aime ?


Je ne sais pas,

je ne sais plus très bien
si je marche un matin
dans une ville déserte
aux fenêtres qui se ferment,
ou si c'est dans la tête
que je traîne l'asphalte.
Les années qui filent
n'ont pas de couleurs,
les os qui craquent
ne sont pas en chêne.


La grisaille me prend à la gorge.

"Tu vas finir sous un linceul de neige !"
Je ne veux pas y croire.
la mort est une croyance
comme une autre.
La neige cela se balaye.
Je vois des feux partout
allumés dans les arbres.
les dernières roses flambent aussi
sous les gouttes de pluie.


Au fond, tout se passe au fond.

L'écorce se craquelle,
les arbres tout nus frissonnent,
le fouet des jours laisse des traces,
mais j'ai un oiseau en plein cœur
avec sa ritournelle.
l'eau de la fontaine reste claire
quel que soit le temps.


Viens danser avec moi,

même si on ressemble à des patapoufs
avec nos pantoufles.
l'automne n'est pas triste.
les sanglots longs ne durent pas toujours.
l'automne est un nuage rose
au soleil couchant.
Il revient à l'aube
sans qu'on sache comment.


Je glisse sur les feuilles mortes

qui continuent de chanter.
les balayeurs ne sont pas passés.
La vie non plus ne passe pas.
On continue de pousser
même si çà ne se voit pas.
Dans le jardin qui s'endort
les derniers grains de raisin
attendent d'être picorés.


Je marche dans ma tête

parmi des arbres
qui ne meurent pas
J'ai besoin de paix.
le vent peut souffler
et tout emporter.
Je chante dans ma tête.
Cela suffit bien.

25 octobre 2015, il y a un an déjà !




Contraste II




Contraste I



lundi 24 octobre 2016


-Les mains de la lumière-

La lumière se pose sur l'écorce.
L'arbre sent-il cette présence délicate ?

La lumière est venue danser là un moment.

C'est une écorce rugueuse
qui se creuse avec le temps.

La lumière par touches légères
vient rassurer l'arbre.

La lumière se repose sur l'écorce
avant d'aller plus loin.

Peut-être ira-t-elle
se cacher derrière le nuage
qui ne tient pas en place.

L'arbre, lui, demeurera.
Il restera prisonnier de la terre
où il est né.

Il attendra les mains de la lumière.
Il les aime, car elles n'emprisonnent pas
le prisonnier en son domaine.

Elles l'allègent.
Elles lui rappellent
qu'il n'est pas seulement un arbre
avec sa rude écorce.

Chaque fois qu'elles viennent
elles forment d'invisibles trous
et l'arbre s'aère.

Des étoiles le traversent.

Il n'est plus seulement 
un arbre qui va mourir.

Il est le passage
des hommes qui respirent.