lundi 24 juin 2019



Je suis attendu depuis si longtemps.

Certains croient à leur vision.
Je n'ai pas de vision.

Je vois simplement.
Je vois l'amitié d'une prairie,
l'amitié calme, l'amitié ample.

Elle m'attend.
mais jamais je ne foulerai
ses herbes hautes.

On se parle notre langue.
On a des signes de reconnaissance.
C'est immédiat.

La prairie prend avec elle toutes les peurs.
Elle seule sait poser sa chevelure
sur la ride de l'angoisse.

Avec elle, je dors déjà
avant de dormir,

je m'engloutis,

j'ai l"assurance d'être bercé,
d'être défait du dernier refus,
refus de poussière et de nuit
qui fond avec son chant secret

qui est aussi un chemin.









dimanche 23 juin 2019


J'aimerais dire plus
que le verger abandonné,
l'herbe sauvage,
les lichens sur les branches,
l'absence des fruits,
les oiseaux disparus.

le verger s'est arrêté.
Je suis là par erreur.
Il ne devrait pas y avoir quelqu'un.

Le soleil descend.
Les troncs noircissent.

C'est la force du verger
de me faire taire

et aussi parler
pour ne rien dire

et aussi écrire pour décrire
cette étrangeté où je disparais.

Il n'y a personne.

Il n'y a qu'un verger
dans une forêt lointaine
et des herbes sauvages
qui accueillent la nuit durant
les pleurs des étoiles.



samedi 22 juin 2019



Je prête attention.

Sais-je où je marche ?

Mon pas est lourd,
encore trop lourd.

Si j'étais humain,
comme je l'affirme,

je devrais avancer
par effleurement,
par délicatesse,
par l'oiseaux vif
qui ne pèse pas
sur le rameau

ou le poisson brillant
qui glisse entre les pierres.

Je prête attention.

Je suis au monde
mais quel monde ?

Il me manque
une autre parole,
une parole qui créerait
des pas différents,
une marche sans pesanteur,
une avancée qui entraîne
et libère.






vendredi 21 juin 2019

Dehors,foule affairée,
vêtements de deuil,
l'avidité,
de la solitude,
aucune danse,
dedans, un espace blanc
où des mots se posent
comme des oiseaux,
tu te nourris
de ce qu'aucune main
n'a tracé,
le silence blanc
où parfois la paix s'invite,
tu ne demandes rien
parce que tu ne comprends rien,
la grêle fait son oeuvre,
elle laisse le seul désir,
celui où l'on chemine,
ayant passé une porte
sans savoir comment,
tu joues le jeu mais à distance,
le sourire protège aussi,
tu commences à sortir du cercle,
poids du papier,
poids des mots,
tout est englouti,
même un nom gravé sur une pierre,
reste l'enfant
avant qu'on le tourmente,
les merles qui prennent
un rayon de soleil pour l'été
et la douceur d'une femme qui persiste...



jeudi 20 juin 2019

L'aube mijote ses effluves de lumière
dans un océan d'encre.

Je ne bouge pas.

Le soleil roule
avec ses rayons
et cherche l'issue.

Je ne frappe plus à la porte.

Le soleil ne manque
aucun rendez-vous
même si personne n'est là.

L'aube m'épingle à la fenêtre.

Je suis un feu qui s'ignore
enlacé de fumées,
un papillon de nuit
perdu sur son étoile.

L'aube écarte les bords de l'abîme.
Un lait bleu s'écoule de la blessure.

Je bois du vaste et je respire.

Un silence d'oiseau
se pose sur la colline.
Trop de gens dorment encore.
Un nuage emporte
les rêves perdus un à un.

Encore une minute
et il n'y aura plus rien.

L'aube meurt près des fenêtres noires.


mercredi 19 juin 2019



Pas âme qui vive
aux fenêtres.

Pas de linge qui pend,
pas de fleurs,
pas de visage.

C'est comme si le soleil
implacable avait tout brûlé.
Une ruche vide.

Les gens se pressent.
Vite, prendre son bus
à la sortie de la gare.

Pas un regard
pour la tour née
de la volonté d'un seul homme
et sa démesure.

Toutes les tours finissent
par s'écrouler

et parfois dans les gravats
on trouve la seule chose qui compte

et qu'on n'a pas comptée.







Ne fais pas attention à moi....Je viens d'une autre planète
Je vois toujours des horizons ...où tu dessines des frontières

(Frida Kahlo)