lundi 8 janvier 2018


-Où vas-tu ?-

Le ciel se penche
sur la dentelle fine des arbres
qui deviennent noirs
avec le soir.

Le nuage a un regard.
Il m'interroge :
"où vas-tu ?"

Je vais là
où la rosée se dépose.
Une lueur viendra
et à travers mille gouttes d'eau
le regard rira.

Je vais croire
encore et encore
qu'il est possible
de naître jusqu'à sa mort.

J'ai faim, j'ai soif,
parce que cette marche
n'a pas de fin.
Je veux que les portes s'ouvrent
et que les barreaux se brisent.

"Où vas-tu ?"
répète le nuage.

Je vais plus loin
et avec les deux mains
j'arrache cette carapace
de pointes tournées vers l'intérieur.

J'avance sur un fil de cristal.
L'abîme ne me dit plus rien.
Il se referme,
laisse échapper
les dernières étoiles.

"Où vas-tu ?"

Là où un désir
plus grand que le mien
m'attend depuis toujours.





dimanche 7 janvier 2018


Epouvantail,
qui épouvantes-tu ?

Seules les mésanges
ont pris leurs ailes
à leur cou.

Par un temps
épouvantable,
tu attends quelqu'un
qui aurait peur de toi.

Les enfants s'approchent
et te chatouillent les pieds.
Cela ne te fait pas rire du tout.

Et si tu devenais
un bravourail
ou un calmail,
ce ne serait pas mieux,
tu ne trouve pas ?



vendredi 5 janvier 2018

-Autrement-

Je ne verrais que des herbes sauvages
et devant,  la lumière du soir
qui passerait entre des sapins.

J'avancerais.
Les herbes seraient douces.
Le vent se tairait. Tout serait silencieux.

J'avancerais vers la lumière.
Je ne saurais pas l'expliquer,
mais je saurais
qu'elle me comprend.

Entre deux arbres,
il y aurait 
un creux empli d'aiguilles.
Je m'assierais là.
La lumière se reposerait avec moi.

Je parlerais tout seul
sans peur que l'on entende mes mots.

Je voudrais continuer ce repos
indéfiniment
avec le parfum des aiguilles
et la lumière comme couverture.

Je voudrais m'endormir
sans voir arriver la nuit
et être réveillé par le soleil
qui aurait fait le tour de la terre.

Et là, tout serait autrement.
Je comprendrais ce que chante le vent.
Ma mémoire ne serait parsemée que d'étoiles.
Le premier rayon du soleil sur mon visage
fracasserait la pierre
qui écrase les jeunes espoirs.

Je me lèverais,
marcherais comme un homme
découvre qu'il marche
et que c'est extraordinaire.

Et chaque pas serait
un abîme de mystère.

Tout serait autrement,
vraiment.





De la couleur, encore








Ce matin