lundi 10 août 2020





Portrait de Maurice Zundel

crayon de papier HB et 2B






"La vraie vie, la vie éternelle, ici, maintenant, la véritable communion entre les hommes, c'est l'échange de l'infini, ici, maintenant. Le vrai visage demeure, c'est ce Ciel intérieur, ici, maintenant. Et quand nous avons le privilège si rare de rencontrer un visage humain parfaitement lumineux, parfaitement ouvert, dépouillé de lui-même, nous l'accueillons justement par ce centre intérieur, par ce centre unique, par ce point où l'espace et le temps se condensent en une Présence infinie"    Maurice Zundel


dimanche 9 août 2020




Monotypes caniculaires II









L'ombre de la glycine
danse derrière la fenêtre
et la couleur de l'hibiscus
apporte un peu de fraîcheur
au corps moite
qui s'enfonce dans le fauteuil.

La chaleur passera
et pourtant ce qui demeure...

je ne sais pas.


samedi 8 août 2020



J'arrive au port.
Plus de bateaux.

Un peu d'eau.
S'y plonger.

Un peu de quiétude
Plus d'inquiétude.

la canicule me met
 le cul par dessus tête.

Je m'immerge
sans savoir où

et dans cette eau imaginaire
je flotte comme un billot,

repose au port
qui m'attendait.

La mort me quitte,
noyé vivant.











Monotypes caniculaires













vendredi 7 août 2020

Les feuilles tombent en été.
Les arbres souffrent en silence.
Les hommes ont des mots
pour leur souffrance.

Parfois rien n'est dit.
S'il n'y a plus de vent,
les arbres ne chantent plus.
S'il n'y a plus de mots,
qui consolera la peine des hommes ?

Si les feuilles ne tombent plus
en automne, les hommes
tombent en toutes saisons.
Leurs larmes coulent 
même au printemps.

Qui relèvera celui qui tombe,
celui qui attendait l'amour
comme on attend du pain ?







jeudi 6 août 2020




Tout ce que l'on peut dire,
tout ce que l'on peut vivre
est comme aimanté
par la lumière.

Ce n'est pas une réponse.
Ce n'est plus une question
parce que cela concerne
tout l'être,

comme le cri déchirant
de celui qui a
vraiment soif.

or,

"la vraie vie est absente.
Nous ne sommes pas au monde"*



                                                                                                                                *Rimbaud









"Frémissements" de Suzanna Fritscher à Beaubourg-Metz