dimanche 7 juillet 2019



 Je marche dans les bois.
les arbres marchent à côté de moi.
Le ciel n'est jamais loin
sous les feuillages.

je marche détaché maintenant
mais pas indifférent.

Je n'ai plus d'âge.
La fraîcheur de l'air
est la même que celle
de l'enfance.

Volte-face. Je ne veux
de mal à personne,
n'ai plus aucune rancune.
La paix des hêtres et des chênes
est semblable à la mienne.

Je la partage avec ceux
que j'aime et la souhaite
à ceux qui m'ont fait du mal.






samedi 6 juillet 2019



Ce qu'il y a d'infini
en cette poussière de vie
que je suis.

C'est une exclamation sans point,
puisqu'il n'y a pas d'arrêt.

Est-ce que je vis
si je me noie
dans le tourbillon
de la vie ?

Point d'arrêt à l'émerveillement
si je m'arrête
et que je prends conscience
que je suis libre
de libérer en moi
ce qui n'a encore 
jamais vu le jour.

Et personne d'autre
ne peut le libérer
à ma place.



vendredi 5 juillet 2019


Tu vois plus loin.

Partout cela crie. Il n' y a pas que le sang.

Il y a l'errance, les mots assassins,
la parole qui est une geôle.

Surtout il faudrait croire
au réel des repus,
à la vérité de l'asphyxie.

Tu étouffes, tu tournes
comme un lion en cage,

Tu veux aller plus loin.

Les hirondelles se mettent à croire
aux pensées des hommes.

Il n'y en a plus une seule.
Elles se cachent en plein vol.

On surveille les enfants au retour des écoles.

Les filets à rêves sont jetés
Il y aura peut-être une bonne pêche,
de quoi vendre quelques âmes égarées.

Il restera des regards vides,
des visages qui ne savent plus
pleurer ni rire.

Pourtant derrière ce ciel gris
tout ridé, cela respire.
Qui vient en cet instant
déposer un baiser ?

Les pensées qui font mal s'éloignent
ton bourreau bat en retraite.

Tu poses en rêve ta joue
sur le feuillage des arbres.

La flamme dans la clairière vacille encore,
mais elle apaise les larmes d'une femme.

juin 2015




jeudi 4 juillet 2019

J'ai rencontré une carpe bavarde,
bavarde comme une pie
tombée à l'eau.

Elle appelait au secours.
Ses paroles faisaient
des ronds dans l'eau.

Ce n'étaient pas
des paroles en l'air.
Elle suffoquait dans la rivière,
le comble pour un poisson.

Il fait trop chaud.
Il fait trop chaud.

J'en suis resté muet,
muet comme une carpe
de l'ancien temps.






mercredi 3 juillet 2019


-Tomber en paix-

Paix seulement
aux abords de rien,
un ciel sans nuage,
la rose trémière
que traverse la lumière,
c'est mon cri,
paix qui ne dit rien.
Que pourrait-elle dire ?

J'ai quitté le tourbillon,
repose au sommet
du hêtre pourpre.
La vérité d'une parole
est la vie qu'elle engendre.
Paix seulement
au cœur d'un dialogue
qui est un chant.
Il y a des eaux où
l'on ne se noie pas,
où enfin l'on respire.

Cette paix vient
quand on n'y peut rien.
Aucun trouble
pour l'aubépine.
Le grain de cassis
mûrit même si on l'oublie.
Le vent transparent
ne prend jamais de rides.
Une main sans intention
dénoue le nœud.
Le drap a la fraîcheur
du sable que mouille l'écume.
Je n'ai plus mémoire
que d'une caresse
où mon nom est un enfant.

Ce qui se dépose là
est poussière, stries, rayures,
clous et pointes.
C'est de la nuit en rouleau
où s'accrocheront les étoiles.

Reste la paix seulement.
Effondrement.
Plus un regard
pour cette traversée.

On tombe en paix 
d'un seule désir,
en chantonnant.



mardi 2 juillet 2019


Tous ces pas, année après année,
cela aurait pu et cela a été
monotone.

Cela dépendait de tant de choses,
et déjà des embrouillaminis
mentaux.

Mieux vaut aller
la tête coupée.

Mètre après mètre,
je n'ai pas tout vu,
ni tout exploré.

Et ce matin l'ombre immense
d'une plante planté là par le vent,
et le soleil brouillard d'été,
et la fraîcheur de l'air
qui trouvait son chemin
jusqu'aux pensées,

c'était un cadeau de départ.

Pas de monotonie
au pays intérieur.








lundi 1 juillet 2019

Un nuage banquise
échoue un soir
sur la terre désolée.

Il vient d'un autre pays
chargé de sa cargaison
de rêves.

Il veut ouvrir des portes
là où l'on s'enferme.

Il veut rendre la vue
aux extralucides
qui abîment leur regard
à chercher le noir.

J'attends la nuit avec lui.
J'écoute endormi
la terre d'ailleurs
dont il parle.

Et ses mots de nuage
apprivoisent les monstres
que je fuis.