dimanche 13 mars 2016

mardi 8 mars 2016

Ce seul instant,
le blanc du ciel,
le passage des pas,
la chaise que l'on traîne,
la porte qui grince,
je l'accueille.

Ce seul moment,
la lumière du néon,
les voix lointaines,
cette toux rauque,
cette broderie de neige
qui fond doucement,
ce hurlement de sirène,
c'est le mien.

Je n'ai rien d'autre
infiniment,
ce seul corps,
ce dos courbé
sur le papier,
ce stylo-bille
tourné entre les doigts,
c'est seulement cela
avec le soir qui
se colle à la fenêtre.

Cette seule vie,
la bouche ouverte,
cet air ni chaud, ni froid
où s'emmêlent les odeurs
et la colline cachée
derrière l'immeuble,
où je n'irai pas,
tenu là par cette espace,
je n'en ai pas d'autre.

Cette seule vision
d'étagères et de livres,
de vitres sales,
de murs qui 
ne respirent plus rien,
de chariots boiteux,
de plantes recouvertes
d'invisibilité,
je n'y échappe pas.

Ce seul désir
de ne pas dormir,
de chercher des mots
comme des cailloux
dans la rivière,
ce seul soupir
de ne pas quitter le rivage
ivre du chant des vagues,
je m'y tiens.


samedi 5 mars 2016






De passage



 Vendredi à l'aube




En plein dans le mille



A l'abri-bus





A la croisée





L'homme tranquille








mardi 1 mars 2016

Chat perché




Au bord d'un trottoir,
une primevère, un appel.
Il n'y a rien à ajouter.
Elle est primevère
jusqu'au bout de ses pétales.
Elle contient tout,
mais elle est dans mon regard,
et je n'ai rien à dire,
rien à écrire sur elle.
Pourtant j'écris.
C'est pour elle que je le fais,
et aussi pour vous.


Je la sors de l'absence,
la place en premier,
au centre d'un silence
qui fait du bien.
Avant, elle était une fleur perdue,
une fleur égarée 
sur un trottoir,
une graine qui a réussi par hasard.


Maintenant, c'est une primevère reconnue
qui se moque de mes mots,
mais peut-être pas de mon regard
qui cherchait à se poser
quelque part.


Primevère élue,
éclatante, comblée d'être,
innocente,
pourquoi m'interroges-tu
avec tant de force ?


En quoi suis-je primevère ?
En quoi suis-je fleur,
avec mes cicatrices,
intestins noués,
os et fatigue,
craquements,
parole qui divague ?

Suis-je pétales au vent
sans une pliure ?
Suis-je à la merci
de la grêle, du gel,
d'un soulier crotté ?
Et pourtant,
en quoi suis-je rejoint
par cette primevère ?


Je ferme les yeux.
Adieu primevère.
Ici, c'est le noir complet,
traversé de pensées inutiles.
Mais c'est comme si cette fleur
était toujours là,
radieuse, immédiate.
Suis-je donc une primevère ?


C'est un peu comme
cette vieille femme 
au visage tout ridé
qui passe devant un miroir
et ne se reconnait pas.


La primevère jamais
ne se verra 
et je marche sur le trottoir
avec mon œil ouvert.