A la tombée de la nuit
mercredi 2 novembre 2016
mardi 1 novembre 2016
un autre poème d'Edith Södergran
Le pays qui n'est pas
Je languis après le pays qui n'est pas
car tout ce qui est, je suis lasse de le vouloir.
En runes d'argent, la lune
me parle du pays qui n'est pas,
le pays où chacun de nos souhaits
se trouve miraculeusement exaucé,
le pays où tombent nos chaînes,
le pays où nous venons, dans la rosée de la lune,
rafraîchir notre front meurtri.
Ma vie fut une brûlante illusion.
Mais il est une chose que j'ai découverte,
une chose que j'ai vraiment conquise–
le chemin du pays qui n'est pas.
Dans le pays qui n'est pas, mon amour
se promène ceint d'une couronne étincelante
Qui est mon amour ? Noire est la nuit
et les étoiles en réponse frémissent.
Qui est mon amour ? Quel est son nom ?
La voûte du ciel s'élève de plus en plus haute
et dans l'infini des brumes,
ignorant la réponse, un enfant se noie.
Mais l'enfant de l'homme n'est que certitude,
plus haut que les cieux, il élève les bras.
Vient alors une réponse : Je suis
celui que tu aimes et toujours aimeras.
Ibid Le pays qui n'est pas p.179
Portrait de la poétesse Edith Sodergran
gravure pointe sèche
avec une poésie d'elle
La dernière fleur de l’automne
Je suis la dernière fleur de l’automne
dans le sein de l’été je fus bercée
Face au vent du Nord je fus postée.
Sur mes joues blanches
des flammes rouges sont nées.
Je suis la dernière fleur de l’automne.
Du printemps mort je suis la plus jeune graine,
car mourir la dernière est bien plus facile :
j’ai vu la légende du lac bleu,
de l’été déjà mort j’ai entendu le cœur,
et mon calice n’a d’autre graine que la mort.
Je suis la dernière fleur de l’automne.
Des mondes pleins d’étoiles de l’automne j’ai vu l’immensité,
Des foyers brûlants et si lointains j’ai vu les feux,
dans le sein de l’été je fus bercée
Face au vent du Nord je fus postée.
Sur mes joues blanches
des flammes rouges sont nées.
Je suis la dernière fleur de l’automne.
Du printemps mort je suis la plus jeune graine,
car mourir la dernière est bien plus facile :
j’ai vu la légende du lac bleu,
de l’été déjà mort j’ai entendu le cœur,
et mon calice n’a d’autre graine que la mort.
Je suis la dernière fleur de l’automne.
Des mondes pleins d’étoiles de l’automne j’ai vu l’immensité,
Des foyers brûlants et si lointains j’ai vu les feux,
Ah suivre toujours le même chemin cela est si facile !
mais moi je fermerai les portes de la mort.
mais moi je fermerai les portes de la mort.
Je suis la dernière fleur de l’automne.
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