samedi 7 novembre 2020

 




Tenir en cette béance,
Voir les êtres chers
s'éloigner
et n'y rien comprendre
puisqu'il y avait vérité.
Ne pas accuser, jamais.

Tenir ce vide
et y trouver son espace,
respirer l'absence,
l'apprivoiser,
respirer l'angoisse
de s'absenter soi-même
et de n'avoir nul lieu
où s'accrocher.

Rester pantelant
au carrefour de son âme nue
où un clou est enfoncé.

Ne rien céder, plus jamais
mais tenir droit
dans la flamme
des regards vrais

Etre fier de tenir la mer, toujours
malgré la gueule
de la mort baleine
et son estomac sans étoiles
sa pourriture amère,

je le crie.






vendredi 6 novembre 2020

 


Les feuilles qui tombent
ont un chant 
d'une douceur particulière.

Les pensées
qui tombent aussi,
car il y a
des pensés qui tombent.

Elles meurent
comme les feuilles.
Elles chuchotent
dans leur retour
au silence.

Et lorsque je marche
en forêt
je marche sur
le tapis de mes pensées.

Tout cela n'est rien.
Je peux être libre
de tout cela.















jeudi 5 novembre 2020

 



Les marrons
sont ronds.

Enfant,
c'était doux
dans ma poche

Ils étaient neufs,
brillants.

Ils venaient de naitre.

Je n'étais pas encore
très loin de ma naissance.

j'étais neuf
avec les premiers
coup  de canif
dans la peau de l'âme


Les marrons
étaient ronds,
n'avaient pas
la peau grise et fripée
des adultes.

je pouvais les embrasser
sans crainte,

les caresser
pour me rassurer.

Même vieux,
j'en ramasse toujours.



mercredi 4 novembre 2020

 

L'oiseau est
la proie du ciel.
Il hésite.

S'élancer ?
Disparaître ?

Pourtant le vent
est comme l'océan.

En pleine mer
et dans le souffle
du large,
on y est bien.

Qu'attend-il ?

Qu'on l'accompagne.









mardi 3 novembre 2020

 


Les feuilles de la vigne-vierge
tomberont,

mais ce qui ne tombera pas,

ce qui ne tombera jamais,

demeurera

là ou le temps s'envole
et la flamme
monte et réchauffe
à nouveau.

Alors tout peut tomber,

si ce qui reste
ne tombera jamais.






          



lundi 2 novembre 2020

 

Sans voix,
ce que je vois
n'est pas ce que vois,

n'est plus
ce que je vois.

Ce sont des signes,
de simples signes.








dimanche 1 novembre 2020

 


Imagine que 
dans un réduit obscur,
une lumière vient
soudain à s' allumer.

Même si la lumière
disparaît à nouveau,
rien ne peut plus être
comme avant.

Ne doute pas que
ce que tu as vu
un jour tu le reverras.

La nuit est ton lit.
Repose-toi-z-y.

Laisse le jour
accomplir son œuvre.