lundi 13 janvier 2020



Ce n'est pas de l'ordre du savoir.
Peut-être même
n'y a-t-il rien à savoir.

Seulement passer
sans savoir justement
comment cela se passe.

Les pas se font
sans réfléchir.

L'autre rive
est à chaque pas.
Elle n'est pas lointaine.
Elle est là
toujours inattendue,

loin des ornières
qui jusqu'à la fin
chuchoteront
que c'est impossible.





Portrait de Modigliani âgé

(peinture à l'huile)





dimanche 12 janvier 2020


Au loin sur une barque,
deux pêcheurs sont là
immobiles
comme un symbole
de fragilité.

Un vent froid me transperce.
L'eau grise du lac
se confond avec le gris du ciel.

La ligne d'arbres au loin
sert de frontière.
Et la barque renforce
l'immensité qui se dévoile.

Mais la barque ne chavire pas.
Les pêcheurs sont debout.
Le ciel et l'eau ne les engloutissent pas.

Rester debout.




samedi 11 janvier 2020

Les passages
cherchent
des passagers.

Marcher,
Respirer,
Vivre,

autrement.

Janvier 2018




vendredi 10 janvier 2020

Je laisse les mots s'ouvrir.
Je ne sais pas comment ils font ni où ils vont.

Qu'ils aient seulement
la douceur des châtons.

Quelque chose cherche en moi,
parmi des pans de rochers
qui s'effondrent.

Je laisse les mots chercher
une danse.
Serait-ce ma danse ?

Vie des chatons
dans leur vase
à la lumière du matin.
Vie plus intense.
Épousailles des moments
et des choses les plus ordinaires.

Qu'est-ce qui se renoue ?
Cela m'échappe completement.

Après l'averse, les arbres nus
deviennent d'argent
sous la pâleur du soleil.

Et je me dis que 
tout ce qui m'entoure
a une parole à délivrer.






jeudi 9 janvier 2020

Ce n'est ni le matin
ni le soir.
C'est l'heure éclaircie,
l'heure où l'on ouvre le rideau,
l'heure où l'on lave les vitres.

Je crois que l'on mobilise
beaucoup d'énergie à voir.
C'est pourquoi un aveugle
développe d'autres sens
que l'on délaisse.

Je vois ma vie.
Elle revient comme cela
par la fenêtre.
Il me semble voir tout.
C'est peut être une erreur.
Je vois les taches sur la vitre.
De bien belles taches
Mais je vois aussi la lumière
qui la traverse.

C'est l'heure éclaircie
avec le souvenir de tous les cris
et de tout ce qui déchire.

C'est l'heure où l'on se retrouve un peu.
On voit ce qui a manqué.
On se dit qu'il est toujours temps.

Alors vient le désir de vivre.







mercredi 8 janvier 2020


Reprendre le fil,
le couper ?

Pourquoi dit-on
passer un coup de fil ?

Et le fil d'une histoire ?
Il était une fois
deux fois, trois fois

et puis plus rien.

Si, reste le fil d'Ariane
pour sortir du labyrinthe.

l'histoire se déroule
le long d'un fil,
un fil de mots,
ceux qui font mal,
qui tuent à petit feu.

Et peu à peu la parole
passe sous les murs,
creuse un passage
où tout s'éclaire.

Coupe le lien
si tu le veux,
mais ne perds pas 
le fil

Janvier 2019