dimanche 14 juillet 2019


La rivière est un chemin.
Entre les arbres
elle apparaît
comme un morceau de ciel.

On m'a dit où
mène le chemin.
Mais cela ne suffit pas.

Les mots dans ta bouche
d'ou viennent-ils ?

As-tu suivi vraiment
le chemin de l'eau
jusqu'à la mer ?

Si tu veux,
allons-y ensemble.

Et jetons nos mots
dans la mer
pour qu'ils prennent
un autre sens.







samedi 13 juillet 2019



C'est peut-être
dans l'impossibilité
que tout se tient.

Impossible d'être
l'aube changeante
chaque matin.

Impossible
de glisser
le long des nuages
plissés.

Impossible d'aimer
vraiment
tout un chacun.

Mais ce n'est pas triste.
On peut offrir cela
comme on offre une fleur
à un enfant.

Et si c'était comme cela,
uniquement comme cela,

que tout devenait possible.





vendredi 12 juillet 2019


Quelques herbes
et peu d'eau 
réparent le monde.

le monde est cassé
l'homme est cassé.

Ensemble
ils se réparent
avec de l'herbe
et de l'eau.

Et l'épervier
qui disparaît
sans bouger les ailes
porté par le vent.






jeudi 11 juillet 2019


Ce que je suis vraiment,

un champ d'avoine,

le silence léger et vif,

la présence des arbres
de la nuit au matin,

ce que je suis vraiment,

l'espérance qui ne sait pas
pourquoi elle tient,

la main pour d'autres mains
qui se sentent bien,
paumes contre paumes,

ce que je suis vraiment,

prêt à mourir
si c'est pour vivre,

quitter pour toujours
ce que je ne suis pas,
ce que je n'ai jamais été,

ce que l'on m'a dit,
ce que l'on m'a fait,

ce que je suis vraiment,

est toujours là,

est maintenant,

ô dignité.


mercredi 10 juillet 2019



Dans le parc, pour un moment,
je retrouve de l'espace et du vide.

Une pelouse déserte,
un banc sans personne,
l'ombre de l'arbre
avec des papillons de lumière.

C'est trop plein
cette lutte contre moi-même,
un moi-même
qui n'est pas moi

et qui donne de la peine.
Pourquoi ?

Je veux de l'espace et du vide.
Je veux être une oasis.

Et ce serait bien.
Tu viendrais t'y rafraîchir
sans que je fasse rien.

Peut-être même
que je comprendrai enfin
le pourquoi du pourquoi.












mardi 9 juillet 2019


Est-ce le vent d'est
qui aiguisait la lumière
ce matin ?

Sous l'ombellifère
j'ai vu un mouvement
qui m'habite aussi :
accueillir.

Alors j'accueille.

Les fleurs de champs
sont plus belles
quand on ne les cueille pas.

Je ne cueille rien.
J'accueille le moment.

En posant mes fesses
sur un banc de pierre,
j'ai écouté la bise
qui faisait chanter
les aulnes du canal.

Les cyclistes filaient
en sifflotant.

Et moi, j'écoutais
seulement le vent.









lundi 8 juillet 2019


Je traverserai.

Et juste au moment
où cette pensée me traverse,
dans le patio,
un papillon blanc
s'agite sous le velux.
Il s'épuise peu à peu.

Il voudrait rejoindre le ciel
mais la vitre est là
contre laquelle il se cogne les ailes.

Reste tranquille, papillon.
Je viendrai. Je t'aiderai.
Tu as besoin d'aide.

Je ne traverserai pas tout seul..
J'ai besoin de toi.
J'ai besoin de vous.