mardi 18 juin 2019

Au matin les roses rouges
étaient plus que rouges.

La lumière était aussi plus douce.
Une lumière bienveillante.

Ce n'est sans doute pas français.
Mais j'aimerais bien
me "bienveiller";

La lumière douce
serait un regard.

Les lointaines figures du blâme
s'effriteraient.

Au matin les roses rouges
appelaient la consolation.

"Allez, c'est fini, c'est fini !"


lundi 17 juin 2019



La grille s’efface peu à peu.
C'est une mise à distance.

Elle traîne encore le soir,
elle apparaît soudain
au détour d'un trottoir.

Mais elle est presque évanescente.
Elle pose question.
Elle interpelle.

C'est une grille lointaine.
Elle revient en mémoire
quand je ne l'attends pas.

C'est une grille étrange.
Qui est derrière, qui est devant ?
Qui s'emprisonne, qui se libère ?
Et pourquoi ?

Je la fixe, je la regarde
de haut ou de loin.

Elle a ses charmes, 
des charmes d'acier et de boa.

La grille s'efface peu à peu.

Je m'habitue à l'espace.

Avec ailes et branchies
je plonge et je tournoie.





dimanche 16 juin 2019


Je n'arrive pas à quitter des yeux
l'ombre aux pieds des arbres.

Sans elle, le paysage serait banal.
Une prairie, des feuillages, des nuages.

Mais avec elle,
quelque chose résiste

Densité du réel.
Densité salvatrice.

L'arbre existe dans la lumière.
Il n'est pas transparent.
Ce n'est pas un ectoplasme.

Et moi de même.



samedi 15 juin 2019



A la pêche d'un seul instant,
dans la maison, seul,
j'attends un chant.

Il ne vient pas
mais il germe doucement.
Obscurité heureuse.

Si la vie est un instant,
pourquoi en faire
l'enfer ?

Légèrement, j'attends,
effleure une touche de piano.
Une note pour la journée.

J'apporterai entre les gouttes de pluie
quelques graines de soleil,
je ne sais pas comment.





vendredi 14 juin 2019


On dit que les arbres communiquent.
Peut-être que le plus fort,
s’intéresse au plus fragile ?

Tout se passe en silence.
On entend seulement le bruit du vent
dans les houppiers.

Le faible profite de la présence
de celui qui a trouvé
plus facilement un passage
dans les broussailles.

Comment cela se passe ?
Je ne sais pas.

Un peu sans doute
comme certains êtres
auprès de qui l'on se sent bien
et qui déversent en nous sans le savoir
une eau paisible qui vient d'ailleurs.

Et si l'on était tous des passeurs ?
Des passeurs sans le savoir ?





jeudi 13 juin 2019


-Lorsque tu viens-

Lorsque tu viens,
je ne dis rien.
les mots sont 
feuilles mortes inutiles.

Lorsque tu viens,
plus rien n'a d'importance.
Mes mains sont vides
et mes rêves aussi.

Lorsque tu viens,
tu n'amènes rien.
ton sourire coule de source.
Je comprends sans comprendre.

Lorsque tu viens,
je voudrais rester
pour toujours.
Je ne suis plus attaché à rien.

Lorsque tu viens,
le soleil traverse la fenêtre.
Je suis aussi une fenêtre amie
d'un ciel devenu clair.

Lorsque tu viens,
tout est bien.
L'horloge sonne joyeuse
le temps qui n'est plus rien.

Lorsque tu viens,
mes blessures ont des ailes
qui vont chercher un nid,
loin, très loin.

Et je m'endors les yeux ouverts.







mercredi 12 juin 2019




-Des signes-

Cernes et lignes
sur le bois
ou la pomme de pin
se sont tracées
d'elles-mêmes.

Il reste des traces
qui te parlent
une langue mystérieuse,

Il reste des signes
où tu ne peux intervenir
sans que cela 
tourne au désastre.