dimanche 13 mai 2018



Des milliers d'histoires
à l'envers,
des milliers de vies
rejoignent le silence
le repos de la rivière.
Tout s'apaise doucement
dans les appartements
avant la nuit
et la rivière continue de couler
emportant avec elle
des milliers de rêve
où l'on est tranquille




samedi 12 mai 2018


Herbes hautes
qui menaient à la rivière
accueillaient mon front
mes mains, mon corps
Herbes qui vous êtes
mises à briller,
tout est renversé.



vendredi 11 mai 2018


Un jour viendra



Le big-bang du pissenlit




Le linge à nouveau blanc
sèche au soleil.

Qu'il sera bon d'enfiler
ce linge fraichement lavé.
Qu'il sera bon de respirer
le parfum de la lessive.

Soudain je passe à l'intérieur.
Quel lessive encore !


jeudi 10 mai 2018





Le jeune homme est venu
de retour chez la bien-aimée.
Il frappa à la porte
de la bien-aimée.
Et une voix de l'intérieur demanda :
"Qui est là ?"
Il répondit : "C'est moi !"
Mais la voix reprit :
"Cette maison ne nous contiendrait pas
toi et moi"
et la porte demeura close.

Alors de nouveau le jeune homme appela :
"Bien-aimée, c'est moi. Ouvre, je suis là !"
Mais la porte resta fermée

Alors l'amant se retira dans la forêt,
et pria, jeûna dans la solitude.
Un an après, il s'en retourna
et frappa de nouveau à la porte
et de nouveau la voix demanda :
"Qui es là ?"

Et l'amant répondit alors :
"Bien-aimée, c'est Toi !"

Alors la porte s'ouvrit
pour lui donner passage.

Omar Ibn Al-Farid (1181-1234)





mercredi 9 mai 2018


Par la fenêtre ouverte passe 
toute l'espérance de tous,
même celle qui se cache
dans un abîme de sommeil.

Alors ce chant emporte avec lui
ceux qui pensaient 
que personne ne devinerait
combien les morsures de la nuit
les fixaient à la rive.

Ce chant est comme un fleuve d'or.
Il emporte les fragiles constructions
qui ne servent à rien.
Il coule aussi dans les regards
sans détours doux
comme la lumière de mai.

Comme j'aimerais l'écouter toujours.