Agni Parthene
mercredi 21 février 2018
mardi 20 février 2018
-Une chaise-
Une simple chaise
dans la lumière grise
de l'hiver, patiente.
Elle est là dans toute
sa noblesse de chaise
qui a tout supporté,
les dos droits et tordus,
les pieds nus et boueux.
Immobile, figée
dans la chambre sans nom,
elle défie les années.
Elle ne demeure là
bien stable sur ses pieds
que pour accueillir, nue,
la fatigue du soir
de celui qui écrit.
Elle finira un jour
bancale sur le trottoir.
Personne ne verra
ce qu'elle a enduré.
Personne ne dira :
"C'était une chaise
vraiment courageuse"
Couverte de neige
elle servira d'appui
au vieillard qui monte
la rue, le dos courbé
sous le poids des paquets.
Et on l'emportera
pour être réparée
sans connaître sa vie.
dans la lumière grise
de l'hiver, patiente.
Elle est là dans toute
sa noblesse de chaise
qui a tout supporté,
les dos droits et tordus,
les pieds nus et boueux.
Immobile, figée
dans la chambre sans nom,
elle défie les années.
Elle ne demeure là
bien stable sur ses pieds
que pour accueillir, nue,
la fatigue du soir
de celui qui écrit.
Elle finira un jour
bancale sur le trottoir.
Personne ne verra
ce qu'elle a enduré.
Personne ne dira :
"C'était une chaise
vraiment courageuse"
Couverte de neige
elle servira d'appui
au vieillard qui monte
la rue, le dos courbé
sous le poids des paquets.
Et on l'emportera
pour être réparée
sans connaître sa vie.
(décembre 2015)
lundi 19 février 2018
dimanche 18 février 2018
-Sur un mur-
Les murs rêvent aussi.
Les volets fermés
n'empêcheront pas
deux mouettes
de s'envoler.
Prenez pitié des rêveurs,
de ceux qui passent des heures
à rêver qu'ils volent
malgré leurs ailes coupées.
Je rêve, j'ai rêvé, je rêverai.
C'est la seule conjugaison
vécue par le coeur.
Si un jour, il n'y avait plus de rêve,
on verrait tous les oiseaux
se traîner à terre,
et les enfants ramasser
des morceaux de ciel brisé.
Prenez pitié,
ne me dérangez pas
si je suis ailleurs.
Je ne fuis pas forcément la réalité.
Je cherche un espace
de l'air pur, des vents amis
qui me soutiendraient.
Deux mouettes sur un mur
ne toucheront plus jamais terre.
Je ne redescendrai plus.
C'est trop tard.
Ou ce n'est pas trop tôt.
Cela dépend du point de vue.
Je vole, je vole et je vous aime
samedi 17 février 2018
-Attendre-
Attendre est un feu.
Je ne veux pas
ne plus rien attendre.
La pierre sur le chemin
malgré les coups de pied
qu'elle reçoit
n'attend plus rien.
L'arbre attend le printemps
l'eau gelée attend
de couler à nouveau
Je veux être l'arbre.
Je veux être l'eau
je n'attends pas en vain.
l'attente est une flamme.
Elle ne veut pas s'éteindre.
Elle veille avec ceux
qui attendent la délivrance.
vendredi 16 février 2018
-Un rideau poussiéreux-
Un rideau poussiéreux
sans âge et sans couleur
tend sa toile grise
près de la fenêtre.
Sans s'en rendre compte
il a emprisonné
un morceau de ciel bleu
strié de branchages.
Est-ce un visage ?
Est-ce une bouche qui
esquisse un sourire ?
Des yeux apparaissent
et puis disparaissent.
Rien n'est jamais fermé.
Sur le rideau triste
un reflet s'est accroché.
L'espace s'est ouvert.
Et quand la nuit viendra
sur la vitre sale
la lune se lèvera
et sourira aussi.
jeudi 15 février 2018
-Un bout de son ciel-
Il t'offre un bout
de son ciel !
Viens donc y oublier
le temps de quelques lignes
les morsures de la nuit !
Il t'offre quelques perles,
ne les jette pas trop vite
pour croire à nouveau
que le monde a plus besoin
de pain que de parole !
Ignore plutôt celui
qui écrit ces mots !
Repose-toi à l'ombre
des poèmes,
aime garder leur lumière
pour que ta vie
soit un sourire
qui ne s'éteint jamais !
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