jeudi 9 novembre 2017

-A l'approche de l'hiver-

Aussi belles soient-elles
les feuilles du cerisier.
vont disparaître.

Dépouillement.

L'arbre attend-il le printemps ?
Il es là sans honte
dans sa nudité
Le vent peut souffler
et tout emporter.

Une feuille tombera
aux pieds d'un enfant
qui la ramassera .

Enchantement

Puis la feuille ira dormir
entre les pages d'un livre.
Pour elle ce n'est pas important
qu'on l'oublie.

L'arbre se glissera 
dans son manteau
de givre et de neige.
Je resterai aussi
tout l'hiver près du feu.

La nuit est si noire.
Elle mange les coeurs
comme certaines gens
déchirent les papillons.
Je ne veux plus claquer la porte
avec sur la tête
un bonnet de ténèbres.

Je chanterai près du feu,
à tue-tête, à garder coeur.
Quelqu'un frappera au carreau. 
Je le reconnaitrai.
Le chiffon du malheur
a rendu la vitre claire.

Il entrera, verra le feu.
Le silence craquera à nos oreilles
et nous serons bien.

Simplement.



mercredi 8 novembre 2017


René Daumal quelques mois avant sa mort 

   
Je suis mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner ;
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de se donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien,
Voyant qu’on est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on vit.

Mai 1943.





mardi 7 novembre 2017



Regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire.

Car même déchiré, souillé
l'arbre des rues,
c'est toute la nature,
tout le ciel,
l'oiseau s'y pose, 
le vent y bouge, le soleil
y dit le même espoir malgré
la mort.

Philosophe,
as-tu chance d'avoir l'arbre 
dans ta rue,
tes pensées seront moins ardues,
tes yeux plus libres,
tes mains plus désireuses
de moins de nuit.


Yves Bonnefoy




lundi 6 novembre 2017


Ce matin, 7h50

"On avance peu à peu,
comme un colporteur,
d'une aube à l'autre"

Philippe Jacottet




dimanche 5 novembre 2017


La rose dans l'arbre



-Lorsque tu viens-

Lorsque tu viens,
je ne dis rien.
les mots sont 
feuilles mortes inutiles.

Lorsque tu viens,
plus rien n'a d'importance.
Mes mains sont vides
et mes rêves aussi.

Lorsque tu viens,
tu n'amènes rien.
ton sourire coule de source.
Je comprends sans comprendre.

Lorsque tu viens,
je voudrais rester
pour toujours.
Je ne suis plus attaché à rien.

Lorsque tu viens,
le soleil traverse la fenêtre.
Je suis aussi une fenêtre amie
d'un ciel devenu clair.

Lorsque tu viens,
tout est bien.
L'horloge sonne joyeuse
le temps qui n'est plus rien.

Lorsque tu viens,
mes blessures ont des ailes
qui vont chercher un nid,
loin, très loin.

Et je m'endors les yeux ouverts.