samedi 5 septembre 2026

 


Pays d'orange et de laine


Plus haut,

malgre la grisaille

le hêtre pourpre

capte la lumière

avec ses jeunes feuilles

encore baignées

de sève souterraine,


et on chante

sans raison

hors du sommeil,

on chante ce qui vient

la main de l'enfant

une femme qui rêve

doucement et plus loin

la porte verrouillée

qui s'ouvre après

un tremblement !


on chante la liberté,

sur la rambarde

d'un balcon ,

de deux colombes

qui goûtent l'ombre

du grand cèdre !


on chante une naissance

où chaque visage

a sa place,

où chaque être

est en sa terre,

apporte sa lumière

pour que reculent

les mots uniformes

qui défilent sur

les écrans vides !


On chante la mort

démasquée

qui se refuse

au printemps,


on voit ses os

tombés en poussière

près du pommier

en feu du Japon !


Que peuvent

les accusateurs

face à celui

qui habite

la vérité

de sa demeure ?


On chante et la pluie

glisse de plus

en plus lointaine

sur la vitre.


Quel espace soudain !

On chante ce qui

enlève les chaînes,

refuse la frontière,

déchire le drapeau,

on chante le mystère

de la famille humaine !


Et toi, à bout

qui roule au fossé,

qui porte la nuit

du mépris

et du poignard

dans le dos,

on chante ton pays

d'orange et de laine !


Il apparaît toujours

à ceux

qui n'ont plus

rien à perdre !










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