mercredi 31 décembre 2025

 

Les ombres et les lumières,
tout s'entremêle.

La vie et la mort
dansent sans arrêt
de jour et de nuit.

Il n'y a qu'un peu
de paix au cœur
que la traversée
évite les naufrages.

Et avec l'âge
plutôt que d'être sage
aux yeux des autres
ou à son propre regard
mieux vaut veiller,
fou ou perdu,
sur la lumière
qui peut toujours
s'éteindre.


Lever de soleil ce matin !







mardi 30 décembre 2025

 

"Pour les mains tendues

et qui ne prennent rien "


C'est fou ce qu'une main parle,
même si c'est une ombre.

C'est une main qui se tend,
une main ouverte.

Ce n'est pas un poing.

Elle se tend.
Elle dit qu'elle attend.
Demain, deux mains peut-être.

C'est une main qui se propose
et qui n'impose rien.

Au fait, pourquoi
on se serre la main ?

Les mains veulent dire
quelque chose,
autre chose.

Si on serre la main,
ce n'est pas pour la prendre.

Enfin, certains veulent la prendre.
Ils l'écrasent.
Ou ils ne veulent pas la quitter,
même un tout petit peu.

Parfois on se serre la main
et on est soudainement bien,
comme si enfin
on avait été reconnu.

C'est souvent des mains chaudes, larges,
accueillantes qui jamais
ne font mal.



lundi 29 décembre 2025

 



Près de Morizecourt,
tôt le matin,
herbes et chardons
diaprés de givre
louent sans musique
dans le silence hivernal.

Ils louent et leur chant
se prolonge par une note pure
que personne n'entend
comme l'on entend
le son d'une cloche lointaine,

Mais perçue subtilement
jusqu'à se répercuter
dans le cœur
de celui qui passe
qui comprend
sans comprendre
pourquoi chacun
est un éternel passant

et que pour cette seule note
donnée gratuitement
il est bon d'être là.







dimanche 28 décembre 2025

 

La lune comme fanal,

la nuit comme le désert
pour ne plus se voir,

le vent pour se glisser
sous les portes,

l'arbre comme une sentinelle
qui est simplement là
qui est et respire

les nuages pour les laisser
partir, ne rien retenir,
et se tenir le cœur en feu,

la maison qui ne protège rien
mais accueille autour de la table
les errants qui ont retrouvé
ce qui nourrit vraiment,

voilà, puisses-tu vivre cela
et oublier le reste.











samedi 27 décembre 2025

 


Reflets d'or
les cygnes y plongent.

Trouveront-ils
un trésor ?

Plonge aujourd'hui,
plonge demain.

Plonge
en ce lieu
sans lieu,

ce visage
sans visage,

là où
tu es
enfin
toi-même

libéré de l'illusion
d'être
ce que tu n'as
jamais été.






vendredi 26 décembre 2025

 




Le feu partout
et tout s'est enflammé.

"Mehr Licht",
écrivait Goethe.

Plus de lumière.
Ce qui s'assombrit
s'efface dans la nuit
où resplendissent les étoiles.

Une étoile, une seule.
Un mot, le seul
que personne
 ne peut prononcer
sans mentir un peu.

Sur le banc
il n'y a personne
et toute l'humanité
en même temps

Et le feu à l'âtre
c'est ton cœur
quand jour après jour
tu rajoutes du bois
pour qu'il ne
 s'éteigne jamais

Veiller maintenant.
Souffler sur la braise
pour que les flammes reprennent
pour qu'un visage,
un vrai visage apparaisse.








jeudi 25 décembre 2025

 


Noël

La fenêtre est devenue nuit.
Quelques étoiles brillent,
de simples lampes
dans les cuisines.

Ce sont des maisons lointaines,
vaisseaux aux cales remplies
d'histoires ignorées.
Les larmes et les rires tanguent
dans les barriques du temps.

Etre seul sur la colline,
à bord d'une maison immobile.
Qui veut connaître l' histoire ?

Un homme naît, un homme meurt.
Etre entre deux rives
cherchant le Nord.
Une étoile suffirait.

Ne pas tricher,
grand enfant sur la paille,
sans mérite, ni vertu,
sans prestige, ni pouvoir.

Savoir tout juste crier le ciel en soi, 
dans la nuit qui est tombée sur la ville,
mais aussi sur les cœurs oubliés.

L'enfant  qui pleurait
dort maintenant.
Penser que personne
ne souhaite la mort
et que la folie est une plaie
qu'on oublie d'embrasser.

Puis recevoir le baiser
d'une fenêtre obscure.


mercredi 24 décembre 2025

 


La lune sait



Une ligne d'arbres

à l'horizon,

commence la prière !



Ce n'est pas assez !”

chantent leurs branches.



Des parents affolés

par le ciel qui va

plus haut que leur cheminée,

courent mettent

à l'abri leurs enfants.



Mais une petite main

écarte le rideau

pour sourire à la lune

qui, certains soirs,

chuchote son secret :



Toi aussi, tu es immense,

n'écoute pas les morts

qui prétendent savoir

qui tu es !”





mardi 23 décembre 2025

 


Deux toiles
dans le petit musée
de Bourbonne-les-Bains
interpellent.

Forêt vosgienne en automne
et les monts à la fin de l'été.

On sent que le peintre
avait la louange au cœur
et que pour peindre ainsi
il faut aimer chanter

Pourquoi oublie-t-on
si souvent cela ?

Chanter, chanter
même dans la ténèbre,
à contre-courant
de la tristesse ou de l'amertume,
chanter pour remonter
jusqu'à la source
toujours fraiche
avec la louange des oiseaux
qui s'éveillent.



lundi 22 décembre 2025

 




Viens et tu verras.
C'est un pas après l'autre.
Mais c'est un pas.
Un pas pour voir
ce que tu n'as jamais vu.
Un pas dans le noir.
Un pas dans le vide.
Mais c'est un pas
de nain ou de géant.
Peu importe. 

Viens et tu verras,
parce que tu seras venu.
File car c'est tout droit.
Droit devant toi.
Derrière,
le sel ronge tes jointures
Viens et tu verras
ce que tu verras.
Tu vas voir.
Tu ne verras rien
si tu ne viens pas.

Ça y est, tu files.
Rien ne t'arrêtera .
Même déjà venu,
ce n'est pas là.
Un pas, un pas
droit devant toi
Ne t'arrête pas là.
Viens et tu verras.
Ne vois-tu pas
ce qui vient ?






dimanche 21 décembre 2025

 

Rester là, un puits
ou une trouée.
De l'extérieur
à l'intérieur, accueilli,
qu'importe le jugement
de l'homme.

Croire connaitre les cœurs
avec le regard de la nuit
ne mène à rien.

Rien qu'amertume, aigreur.

Mais voir,
voir la perle cachée !







samedi 20 décembre 2025

 

Un simple reflet d'or

sur le petit lac

du parc thermal

de Martigny-les-Bains

et tout est transformé.


Même si  cela est éphémère,

aussi bref que le passage

de la corneille qui regagne son gîte

le regard est saisi et l'on ne peut

que rester immobile.


Ce n'est rien qu'un éclat de lumière

bientôt englouti par l'eau noire

mais il y a eu comme un tressaillement

d'une autre dimension,


une dimension où l'on est aussi

cette lumière qui viendrait

à l'intérieur et inonderait tout.













vendredi 19 décembre 2025

 

Allongé par terre

on ne voit presque plus

que le ciel.


Perdu dans les herbes,

perdu dans l'espace,

ne reste plus qu'à respirer.


Même en plein jour

on sent l'amitié des étoiles

et celle du sol

qui nous porte.


Pourquoi avoir peur ?


La chair est du même tissu

que les arbres ou les pierres.

Corps abandonné, paisible,

qui écoute les murmures du vent,

on pourrait s'endormir.


Mourir ici avant de mourir

pour se réveiller

avec un regard de rosée.






jeudi 18 décembre 2025

 

Se faire capacité.
Quel est cet or
qui vient du vide ?

Le coeur hors de l'eau,
hors du plomb
qui se digère
tout au fond,

Rester vide,
vide même du vide
dont on ne sait rien.

l'or vient,
un or qui ne vaut rien,

ou une once
de paix
que personne
ne peut dérober.




mercredi 17 décembre 2025

 



Lueurs où se perdre.
Perdu pour perdu,
il n'y a plus rien à perdre
à tout miser
sur la lumière.

Même si la nuit pèse,
même s'il n'y a personne
qui peut vraiment comprendre.

Reste d'incertaines lueurs
qui palpitent
desserrent les mailles du filet.

Personne n'interviendra.
Personne ne sauvera
le cœur seul peut offrir
son cri, un vrai cri

le silence l'entendra
le silence effacera tout

On verra chaque pensée
comme un bateau égaré
sur les flots,
un bateau qui s'éloigne.

Y-a-t-il un haut, un bas ?
Plus de direction.

Offrande de ce qui est
jusqu'à l'os
et plus encore,
pour se relever, 
un matin peut-être 
comme si tout s'était effacé,
le poids du monde sur la nuque
enfin en poudre
disparu d'un souffle.






mardi 16 décembre 2025

 

Reprendre le fil,
le couper ?

Pourquoi dit-on
passer un coup de fil ?

Et le fil d'une histoire ?
Il était une fois
deux fois, trois fois

et puis plus rien.

Si, reste le fil d'Ariane
pour sortir du labyrinthe.

l'histoire se déroule
le long d'un fil,
un fil de mots,
ceux qui font mal,
qui tuent à petit feu.

Et peu à peu la parole
passe sous les murs,
creuse un passage
où tout s'éclaire.

Coupe le lien
si tu le veux,
mais ne perds pas 
le fil




lundi 15 décembre 2025

 



Bienheureuse solitude,
seule béatitude,
disait Bernard de Clairvaux.
Dans le brouillard
l'arbre seul
est un rappel
de cette solitude.

mais le même Bernard
disait aussi :
"l'âme cesse d'être solitude
quand elle devient
sanctuaire."

Etre seul
mais habité
d'une Présence mystérieuse
vers laquelle on se tourne
dans l'oubli de ce regard
sur soi-même
où si souvent
l'on se perd.