mercredi 8 décembre 2021



Un peu de bleu-océan
et on entend un chant
malgré la fenêtre close.

L'arbre déjà s'est penché
pour caresser le visage secret
qui enfin se révèle.

Pourtant personne n'apparaît.
La pénombre règne.
Mais ce n'est pas vrai.
La maison est loin.
Les draps sont des voiles.

La corde est tranchée
la maison-navire
ne peut chavirer.
L'arbre annonce
le retour des colombes.

Elles portent un rameau de feu.
La fenêtre s'illumine
et le chant triomphe.

Les draps sentent bon.
On y respire
un sommeil d'enfant.









mardi 7 décembre 2021

 



Les passages
cherchent
des passagers.

Marcher,
respirer,
vivre,

autrement






lundi 6 décembre 2021

 


C'est une porte usée
par les ans.

Elle peut rester
obstinément fermée.
Elle s'use tout de même.

Les clous rouillent.
La peinture s'écaille,
le bois est vermoulu.

Il se passe quelque chose.
Elle se ride elle aussi.
Elle s'affaisse.

Pourquoi certaines portes
restent fermées
après avoir essayé
toutes les clefs ?

Peut-être n'y-a-t-il
rien derrière ?

Pourquoi s'acharner ?

La vie est là,
devant la porte,

pas derrière.




dimanche 5 décembre 2021

 La foulque disparaît.
Qui a disparu avec elle ?

Les nuages se referment
La nuit glisse aussi
sur l'eau froide.

Et pourtant que reste-il ?

la grisaille est dehors.
La pluie glacée
ne peut rentrer
dans le cœur.

Le feu à l'âtre
ne s'éteindra plus.
Si le bois vient à manquer
on s'adressera aux amis.

On sait maintenant
ce qui réchauffe vraiment.

On sait qu'il y a 
des regards qui réchauffent
et des mains qui transmettent le feu,
des paroles qui brûlent de douceur,

et s'enfuient au loin
les spectres
grimaçants.












samedi 4 décembre 2021

 



Derrière la souffrance, plus loin, dans un silence bruissant, comme le vent dans les trembles, se tient un murmure. Il  se signale par une paix que tu ne comprends pas ! La brume près de la rivière disparaît si vite, comme ce murmure. Mais il est possible de le surprendre. C'est comme une larme en train de naître qui n'ose pas glisser sur la joue. Personne ne se rend compte de sa présence et pourtant, elle est là ! Parfois elle ne signale rien, elle est venue comme un papillon qui n'a plus de chemin ! Elle est comme un trou d'aiguille par lequel passe toute la tendresse du monde ! Tu vois alors et tu comprends , mais jamais tu ne pourras redire ce murmure ! Il vient à toi, il est l'étoile qui se met à briller autrement, une nuit, juste pour toi. Et cette étoile t'attire, elle te parle. La foule qui passe à côté de toi ignore ce mystérieux dialogue. Tombe-t-on amoureux d'une étoile ? Et pourtant, toi seul a remarqué cet éclat. Puis chaque jour, d'autres murmures te surprennent ! Tu n'habites plus une terre désolée, mais une terre qui te parle, t'offre une histoire nouvelle, comme un bout de pain ou une goutte d'eau pure apportés par un oiseau de nulle part dans ton désert ! Alors tu te tiens derrière ta souffrance comme on s'éloigne d'une tempête de cendres. Tu deviens guetteur de murmures, tu a foi en leurs promesses. Tu devines la beauté d'un cercle qui se referme, tu n'as de regard que pour ce qui traverse ton ciel !

Un texte de 2013






vendredi 3 décembre 2021

 


L'orée viendra
Aimantation.

C'est encore
le temps de la broussaille.

Plus rien
d'inextricable.

Un travail se fait
aussi sans moi.

Cela écarte
les branches,
les ronces.

Lumineuse orée
où l'on repose
déjà en espérance.







                                                                        Le philosophe,

d'après un tableau de Rembrandt

Monotype


suivi d'un texte d'Osho sur la vérité





La vérité est dure, gênante, désagréable. Mentir, c'est exactement comme descendre, vous avancez sans peine, le pied léger. La vérité, c'est grimper, monter, c'est difficile, ardu, vous transpirez, ce n'est pas agréable. Les mensonges sont pratiques, commodes, car vous pouvez les fabriquer, vous pouvez les inventer. Vous pouvez vous inventer un mensonge à votre mesure, mais vous ne pouvez pas inventer la vérité. C'est là le problème, la difficulté. Vous pouvez inventer des mensonges : tout comme vous allez chez un tailleur et il vous fait un habit, vous pouvez vous fabriquer des mensonges comme des habits, à votre taille. Mais la vérité ne va pas s'ajuster à vous, vous ne pouvez pas l'inventer : il vous faudra vous ajuster à la vérité, il vous faudra vous tailler vous-même. La vérité ne peut pas être taillée comme un habit ; pour vous ajuster à la vérité, vous devez changer. Les mensonges, c'est magnifique, parce que vous n'avez pas besoin de changer, vous changez simplement le mensonge et il vous va. Il est très confortable, il se colle à vous, il ne vous force jamais à changer, vous pouvez demeurer statique, stagnant. Le mensonge est toujours avec vous, jamais contre vous. 
Les mensonges sont très confortables, ils se collent à vous, ils vous protègent de la vérité. … Tout ce que vous avez, ce sont vos rêves, tout ce que vous avez, ce sont vos mensonges, et quelqu'un vient et lance une vérité... Il n'y a dès lors que deux possibilités : ou bien vous êtes prêt à vous effondrer complètement, ou bien vous lancez des pierres à cet homme, car en lui jetant des pierres, vous empêchez sa vérité de détruire vos mensonges et vous pourrez à nouveau vivre dans vos mensonges. 

Et la vérité, elle, ne s'occupe pas de vous : si vous voulez être sincère, vous devez vous changer vous-même. La vérité ne peut être inventée, elle doit être découverte, elle est là, déjà.