jeudi 2 janvier 2020



L'innocence de l'âne
me rassure.

Envie de poser
ma tête contre la sienne.

L'âne n'est pas têtu.
L'âne est lui-même.

L'âne a de grandes oreilles. 
Il écoute plus qu'il ne brait.

Aux cancres on faisait
porter le bonnet d'âne.

Ils écoutaient et comprenaient
bien des choses
dans ce monde perverti
par le pouvoir.



mercredi 1 janvier 2020


Quelques gouttes
de brouillard
se sont faites belles.

Peut-être sont-elles là
pour la soif d'un regard
qui ne croit pas encore
assez à son étoile ?

Mais d'où viennent-elles
Elles ne sont pas
nées seulement
du froid et de la nuit.

Elles viennent de plus loin
que les étoiles du ciel,
plus loin que les galaxies
qui s'éloignent.

Elles vivent pour toujours
et même si elles disparaissent,
elles renaissent sans cesse.

Elles sont plus réelles
que les rêves des hommes
où la vie est
une prison monotone

Je pars avec elles.
Elles deviennent
la fontaine d'un cœur
qui s'apaise.


lundi 30 décembre 2019



Dominant les gorges de l'Alagnon
les ruines du château de Leotoing
ne défient plus rien.

Elles s'effondrent lentement
à fière allure.

Effondrement.

Tu te dressais vers le ciel
et c'est le ciel qui te dresse.

Quand toutes les pierres
auront roulé
jusqu'au pied de la rivière,
je reviendrai peut-être
m'émerveiller de l'ondulation
des herbes sauvages
sous le vent.

Effondrement.
Le ciel reconstruit
toujours autrement.







dimanche 29 décembre 2019

Sur les hauts plateaux du Cézalier,
partout est l'espace.

Cela s'espace en moi
à voir le large
et les lignes douces,
la lumière, la neige.

Là-bas, on voit
le vent par les arbres
qu'il a sculpté.

Et les nuages paraissent
montagnes
et inversement.

C'est étrange
que là où il n'y a rien,
on se sent plus proche
de son humanité.









samedi 28 décembre 2019



Dans ce surgissement
de la conscience,

nette, claire,

un surgissement natif
qui n'est entaché 
de rien,

est-ce le chat
ou l'homme
qui voit ?

Fraîcheur absolue
du commencement,

toujours
je commence,
je commence
je commence

à vivre



dimanche 22 décembre 2019

Quand le moineau construit son nid dans la forêt, il n'occupe qu'une branche. Quand le cerf étanche sa soif à la rivière, il ne boit pas plus que son estomac ne peut contenir. Nous accumulons les choses parce que nos coeurs sont vides !

Anthony de Mello 



A bientôt, au 27 ou 28 décembre
-Le baiser-

La fenêtre est devenue nuit.
Quelques étoiles brillent,
de simples lampes
dans les cuisines.

Ce sont des maisons lointaines,
vaisseaux aux cales remplies
d'histoires ignorées.
Les larmes et les rires tanguent
dans les barriques du temps.

Je suis seul sur la colline,
à bord d'une maison immobile.
Qui veut connaître mon histoire ?

Un homme naît, un homme meurt.
Je suis entre deux rives
cherchant le Nord.
Une étoile suffirait.

Je ne triche pas,
grand enfant sur la paille,
sans mérite, ni vertu,
sans prestige, ni pouvoir.

Je sais tout juste crier le ciel en moi, 
dans la nuit qui est tombée sur la ville,
mais aussi sur les cœurs oubliés.

L'enfant  qui pleurait
dort maintenant.
J'ai pensé que personne
ne souhaitait  la mort
et que la folie était une plaie
qu'on oublie d'embrasser.

Puis j'ai reçu le baiser
d'une fenêtre obscure.

décembre 2017