vendredi 11 janvier 2019


Même si les nuages
s'amoncellent, déjà
ils semblent s'écarter.

Derrière, même
si on ne les voit pas
des étoiles brillent.

Une m'a fait signe.
Chaque jour je suis prêt
pour ce qui éclaire,

je suis traversé,
le vois sans le voir.

Personne ne sait
d'où vient cette envie
de chanter.

le noir est
un rideau de fumée

J'avance comme si
je revenais d'ailleurs
pour déposer cette tendresse
qu'on ne peut nommer.




jeudi 10 janvier 2019


Dans sa gangue de glace
le rosier se fige et patiente.

et ma carapace
quand est-ce
qu'elle se carapate ?

Je veux que cela flambe
sans rien flamber.

Je veux que cela se réchauffe
derrière les masques
où l'on s'éteint à petit feu.

Je revois cet homme
dans le métro parisien
torse nu qui criait :
"je suis nu... je suis nu...
je suis nu..cléaire !"

Partout cela ment, cela songe.
Et c'est le mensonge.

Quand est-ce qu'on revit ?
Quand est-ce qu'on redit :
Un, deux, trois,  soleil !






mercredi 9 janvier 2019



Au fond, ce n'est rien.
Au fond, tout au fond.

Je vois la lumière.
C'est déjà bien.

Suffit pas de dire
qu'on est rien.

Je suis plein de fumées
et bien poisseux.

l'eau boueuse que je remue
deviendra claire
quand j'arrêterai.

Je suis bien noir
et pourtant 
tout devient clair
si je me laisse faire.









mardi 8 janvier 2019




 
 
Le temps est trop gris.
Je regarde une coquille Saint Jacques
ramassée en Normandie
avec une sorte de dragon
incrusté.
 
Elle me fascine.
Fascination pour une chose,
un être, un ciel.
 
Cela n'a rien à voir
ave ce regard anxieux
que parfois l'on porte sur soi.
 
Identification à ce qui n'est
qu'une image.
 
Pourquoi cette peur des autres.
Eux aussi voient le ciel,
la coquille, ce visage.
 
Qui ne veut quitter
sa prison ?
 
Je ne sais pas si j'écris un poème.
J'écris au bord d'un rivage, le mien.
Il n'y a plus de murs.
Il y a le large et en écho
un chant lointain.
 
 
 
 

lundi 7 janvier 2019


Sans rien dire de Daniel Belanger.

Une chanson bouleversante.



                                                     
                                                                    Et celle-ci, prophétique

                                       
Je suis là
au passage.

Terre inconnue.
Eau inconnue.

Elle vient de si loin.
Personne ne la reconnait.
Mais c'est inutile
puisqu'elle est gratuite.

Il peut y avoir
des paroles pour l'eau
comme il y a
des paroles pour l'arbre.

Alors je lui parle
comme j'ai parlé à l'arbre
que j'ai vu crié.

Je lui parle
parce que je l'ai vu pleuré
et les larmes de l'eau
sont devenues du feu.

Ne pas se faire du mal.
Ne pas se faire du mal.