mercredi 10 mai 2017

-Nulle part ailleurs !- 

Là où tu es,



relis ta vie,

relie ta vie !



Ne cherche pas 

d'autre endroit
qu'ici,



là où tu vis, 

là où tu demeures !



Là où tu es,




ouvre ta porte,

te porte l'océan !



Ne cherche pas refuge

loin de l'autre
qui t'attend,



là où tu vis !




Là où tu cries,

crie plus fort encore,
crie que tu existes !



Ne deviens pas

gris comme la muraille !
Ne retourne pas dormir,



là où est la mort !




Là où tu souffres,




laisse-toi rejoindre

par d'autres voix,
soulage les peines,
oublie la tienne !



Ne cherche pas de remèdes

qui laisse ton âme
en haillons,



là où tout se referme !




Là où tu pleures,




écoute l'hirondelle

qui appelle ton coeur
à la vérité d'un nuage !



Ne cherche pas à retenir

la rivière qui emporte 
au loin ton poison,



là où les flammes font du bien !




Là où tu doutes,




garde confiance,

comme un homme
aime l'arbre qu'il a planté !



Ne soupçonne rien,

ni personne, même pas celui
vautré dans sa rancoeur,



là où tu vis !




Là où tu es,

sème ta graine fraternelle
dans les orties d'un monde
qui s'emprisonne !



Ne crois pas

le prophète des malheurs
qui habite un rêve de givre
où tout est figé,



là où tu es !




Nulle part ailleurs !

juin 2014



lundi 8 mai 2017



Pétale oiseau de feu



Chèvrefeuille sous la pluie



-Charmille-

A peine nées,
à peine dépliées,
les feuilles de la charmille

baignent dans une lumière verte.



Elles sortent innocentes
d'un berceau obscur,
pures de leur commencement.


Ce sont elles qui me regardent
sur le sentier qui mène au jardin.
"De quel pays viens-tu ?"


Mon pays est le vôtre
malgré le passage des saisons.
Un vent léger,
mais est-ce le vent ?,
fait bouger le voile du berceau.


Les feuilles n'ont pas
encore connu grêle et gel.
Se doutent-elles de leur mort prochaine ?


Elles me regardent,
je les regarde.
Le charme ne peut être rompu.


Elles sont belles du pays
qui les enfante.