lundi 14 avril 2025

 



Vie perchée


Ce n'était rien.

Avec pour bagage,

quelques nuages,

on regarde le monde

qui déjà est plus loin !


Cris, larmes, rires,

tout se mélange :

silencieusement

une biche presque

blanche s'enfonce

dans le taillis !


On ouvre la main :

«Papillon, va lui dire

que tout est bien !»

On nage et respire

en un même mouvement !


Un seul mot suffirait,

viendra-t-il ?

La cime des arbres

est immobile.

Le sang est aussi

une rivière !


Il neige des pétales,

soulagement des branches !

On apprend à vivre

envahi de vide

et de silence !


Une ombre passe,

insaisissable.

On ne retient plus rien.

Les pivoines pâlissent

déjà sous un soleil

encore mouillé !


Battement d'ailes !

Toute vie est perchée

au bord d'une fenêtre.


Avec son bec,

écrire tendresse

et disparaître !










dimanche 13 avril 2025


Voir, simplement voir
sans rien ajouter en plus,
sans définition, sans souvenir,
voir purement.

Voir que l'on peut voir
et que cette écorce
cette fleur
cette mousse
cette liane
sont dans cette lumière
du voir.

Même l'aveugle voit dans sa nuit.
Il voit son souffle
il voit le chant de l'arbre
ou celui de l'oiseau
il voit les larmes couler
par les hoquets du sanglot.

Voir avec gratitude
aimant chaque chose
chaque être
détaché de tout
mais sensible
à la chair du monde
qui désire une caresse











 

samedi 12 avril 2025

 

Début de printemps
dans la forêt de Bellefontaine.
Un peintre délicat a mis
quelques touches 
de vert tendre
et de blanc.

Concert d'oiseaux
dans la brusque chaleur

Les coucous n'ont pas
besoin de faire coucou
On les aperçoit de loin.

Tout respire
même l'herbe
qui étincelle
à mes pieds





vendredi 11 avril 2025

 


Vers où ?

Il n'y a pas
d'autre issue
qu'Amour reçu
donné,

pas d'autre erreur
que tourner le dos
au chemin
qui y mène.




jeudi 10 avril 2025

Dans la cour intérieure
de l'hôtel de Camilly
à Liverdun,

Un magnolia perd
peu à peu sa splendeur.
neige de pétales
autour de son tronc

Fleurs éphémères,
vie en un clin d'œil,

Pourquoi vivre si mal
alors que tout est si court ?

Saisit-on vraiment
la grâce d'être ?





 

mercredi 9 avril 2025

 




En traversant la foire
place Carnot,
un amas de ballons
gonflés à l'hélium
flottait parmi
les passants indifférents.

Et dans la musique
assourdissante,
les odeurs de gaufres
et de churros,
les cris des enfants
les bruits des manèges,

j'aurai aimé voir
un enfant couper
tous ces fils
et les ballons s'envoler
dans le ciel bleu


mardi 8 avril 2025

 


Au parc de l'Embanie
il y avait plus
qu'un air de printemps

Chant des ruisseaux 
qui bordent le parc.

Cris d'enfants
qui se roulent dans l'herbe.

Papa qui  joue
à cache-cache
avec son petit garçon.

Les personnes âgées
sur leur banc
baignées de lumière
n'ont plus d'âge.

La vie est bonne
quand tout est
reçu, accueilli
comme un présent.