lundi 7 avril 2025

 

Tout change et rien ne change
la forêt de Haye au printemps
oublie les oiseaux noirs
qui brisent ses branches
er dessèchent ses houpiers

L'anémone ne défaille pas
et brille étoile blanche
des sous-bois

Les jeunes feuilles
de noisetier
se déplient sans soupir
dans la fraicheur du jour

Une brume verte
ou une neige de fleurs
envahissent les arbres

Tout change et rien ne change
là où le chant des oiseaux
se mêle aux cris d'horreurs

Mais les yeux ouverts
ou bien fermés
il est possible
de demeurer là où
rien ne meurt.











dimanche 6 avril 2025

 

Chaque printemps
les tulipes jouent
avec la lumière.

Chacune est une petite flamme
qui réchauffe et efface
les cendre de l'hiver

Chacune a sa couleur
qui chante le retour
des rouges-queues joueurs
sur le cerisier en fleurs

Et malgré les années
on s'étonne toujours
de leur grâce,
de leur offrande
 silencieuse









samedi 5 avril 2025

 


Quai Claude le Lorrain,
ce matin, un marronnier
au soleil levant
s'est révélé
plus qu'un marronnier,
plus qu'un arbre.

Tout est devenu comme de l'or
même ses feuilles encore fripées
même son écorce toute striée

Il était toute enflammé
glorieux d'être arbre
qui n'a pas besoin de mots
ni même du regard
de celui qui passe

ni même d'être un marronnier
ce nom donné par l'homme.





vendredi 4 avril 2025

 


Ai trouvé l'arbre lyre
et ses cordes de branches
qui vibrent sous les assauts du vent,

le vent qui cherche passage
dans les vides et les failles,
anime soudain les arbres endormis
et les âmes prêtes de s'éteindre.

Ai trouvé le pin musicien
qui, comme le poète,
gémit de ne pas être
un souffle que rien
n'y personne n'emprisonne.







jeudi 3 avril 2025



Sur la colline de Buthegnemont
cette notation musicale
sur la façade d'une maison :
domicile adoré,

un refuge de musiciens peut-être ?

Et au coin d'une rue
un camélia géant
déversait ses fleurs
de velours presque
sur le bitume

Etrange cascade 
de nénuphars rouges.











 

mercredi 2 avril 2025

 Fasciné par la finesse des pétales
de ces petites fleurs blanches.

Infinie délicatesse.

Celles du magnolia,
non loin de la rue de Boudonville
se laissaient traverser par la lumière.

Cela rendait ces grandes fleurs
plus fragiles.

Peut-être est-on nécessairement fragile
dès que l'on est traversé ?











mardi 1 avril 2025

 

Au bord du Canal de la Marne au Rhin
ce platane majestueux irradiait.

Peut-être était-ce une certaine lumière
qui remplissait l'air ?

Mais il y avait autre chose,
une forte présence,

une Présence
qui balayait
d'un seul coup
les frontières
entre minéral
végétal, animal