vendredi 15 juillet 2022

 



Avec les fleurs de bignone
on peut faire
des doigts de sorcière.

Une fleur renversée
à chaque doigt.

Mais après,
les fleurs fanent.
Les sorcières
tombent en poussière.

Alors c'est aussi bien
de ne rien faire.




jeudi 14 juillet 2022

 

L'étang se fige sous la chaleur,
les mots aussi.

Seuls les foulques
poussent des cris
aussi secs que l'air.





mercredi 13 juillet 2022

 


Marche à couvert
le long du ruisseau de l'Asnée.
Le bruit de l'eau
suffit pour ne pas penser.

Et dans la prairie
un parterre de fleurs
qui sont sur le point 
de faner rappelle
que tout est éphémère.

Alors qu'est-ce qu'il reste ?

Les éclats de vie
sont parfois bien acérés.

Reste la pauvreté,
traversé par
le chant d'un ruisseau.

Encore tant de moments
à serrer contre son cœur.

Encore tant de moments
pour être transpercé

et marcher pantelant.






mardi 12 juillet 2022

 




Six heure trente
La lune se cache.
Le ciel se plisse

En levant les yeux
on se sent dépassé.

On est planté là
dans ce vaste.

Et l'on oublie
où l'on est.

Un oiseau pousse une note
et invite à la danse.

Six heures trente.
Le vent s'est levé
l'oiseau s'est tu,

et la vie continue











lundi 11 juillet 2022

 


Voir et aussi bien
ne plus voir
comme 
on ne saisit plus rien.

Voir et n'être rien
dans ce voir.








dimanche 10 juillet 2022

 


Au bord de la rivière
un arbre dans toute sa grâce danse.
Il se couvre d'une lumière
qui est plus
que celle du soleil.

Avec la symphonie du ciel
du vent, de l'eau et des roseaux
il est en harmonie.

Et l'on voudrait être seul ?

N'est-on pas tissé
des éléments de l'univers,
du sourire d'une inconnue,
d'une musique douce
au creux de l' oreille ?





samedi 9 juillet 2022

 



Quelques trésors
auxquels on tient
sans y tenir,

trésors éphémères
qui iront un jour 
dans un tiroir,
retrouvé  le noir et l'oubli

trésors avec leurs histoires,
leurs blessures,
leur poussière
ou leur patine,

Ils reposent là
sur l'étagère,
immobiles,
signes d'une histoire humaine,

oh, comme les cœurs
ont soif de retrouver leur havre.

Si court le chemin, et si long.