samedi 15 janvier 2022

 


Sans la lumière
que serait-on ?

On ne serait rien
comme on ne sait
rien d'elle.

Elle vient du soleil.
Et le soleil vient d'où ?

Lumière, lumière,
même l'obscur
n'est que par toi.

Même la nuit
est ton absence
graduelle.

Etoiles, étoiles
jamais ne s'éteignent.

La lumière déborde
le noir de toutes parts.













vendredi 14 janvier 2022

 

Le givre ne se dépose pas
que sur les feuilles.

Il se dépose sur les rêves.
Il se dépose sur les cœurs,

un givre de flamme
de douceur,

un givre blanc
comme une page
nouvelle

un givre
d'être humain
à être humain
en étreinte de soleil.


























jeudi 13 janvier 2022

 




Comment ce qui était présent
devient lointain ?
Rester là dans
la béance, immobile.

Apprivoiser la perte.
Goûter, sans rien posséder,
la simplicité
qui vient à la conscience.

Respirer comme
pour poser une caresse
au visible.

Peut-être y-a-t-il
encore une attache
dans un angle mort ?

Elle se révélera
au moment voulu
pour apprendre
à ne rien garder,
les mains ouvertes
aux envols.

Accepter le flot
et le courant
dans l'évidence du mourir.





mercredi 12 janvier 2022

 



Un homme se repose au soleil.

Avec son chapeau,

ses pensées

ne s'envoleront pas.


Cela évitera

la contamination.


Les pensées resteront

dans son chapeau.


On ne sait jamais.

Les pensées noires

sont virulentes

par les temps qui courent.


Et quand il y a

un beau soleil

mieux vaut garder

ses pensées pour soi.



 


mardi 11 janvier 2022

 Le soleil est réel,

plus réel

qu'une seule pensée.


Enfoncée

dans la terre,

nuit d'humus,

l'étoile germe.


Les corps 

seront bercés

par le soleil.


Envahissement progressif.


Planté en terre,

aimé par elle,

le repos a un parfum.


Plus d'obscur.

L'effroi est percée

d'une étoile.


Par la fenêtre,

ce n'est pas une aube

mais une voix

qui berce l'enfant intérieur.


Pas après pas,

avec les cailloux blancs du oui,

sortir du labyrinthe.


Et se retrouver océan

qui chante avec le vent.



lundi 10 janvier 2022

 



Se faire capacité.

Quel est cet or
qui vient du vide ?

Le cœur hors de l'eau,
hors du plomb
qui se digère
tout au fond,

on reste vide,
vide même du vide
dont on ne sait rien.

l'or vient,
un or qui ne vaut rien,

ou une once
de paix
que personne
ne peut dérober.















dimanche 9 janvier 2022







 Quelques notes du désert  

                                      (janvier 2012)                                                                      
           
La parole est simple
comme un chêne noir
sur un coteau de neige !
Des branches pures
parlent pour lui
de son goût de vivre
qu'il ne connait pas !
 
              *
 

Neige de brouillard
qui tombe fine
sans souffle de vent,
si doucement
qu'elle ralentit le temps,
n'empêche pas
l'envol noir des corbeaux
devenus muets soudainement !

             *
Cet oiseau
sur un fil
de l'abîme,
s'il te regarde
aussitôt il oublie
le vide.
Tant de vies
que le vide fascine
faute d'être fascinés
par un visage  !
 
          *

livres en nausée,
pages tournées,
encre noire
qui obscurcit
un peu plus
le soleil intérieur,
livres adorés,
pages qui apaisent,
mots qui redonnent lumière
au coeur des nuits d'encre
où l'âme se meurt.

             *
Il a crié : "où es-tu ?
et elle  s'est tu,
lui aussi !
            
   *
Ne lis pas ces lignes
tu  ne trouveras jamais
où elles se terminent !

   *
Parfois il pique,
mais jamais longtemps !
Après il offre une rose
au sortir de la nuit !

  *
N'ouvre pas cette porte,
elle donne sur une aube
qui ne se lève jamais !

*

Plaine sans frontières
sans bosquets et chemins,
rien que le vent,
et la lumière qui meurt !
 
   *
 

Au pas du jour,
un silence transi
envahit tout !
 
  *

Etoiles bleues
du myosotis,
quelle parole
pour la finesse de tes pétales ?
Perdre du temps
avec une fleur,
en tomber amoureux,
voilà une part
du mystère.

  *

Le couple de
rouges-queues
est de retour,
fragile amitié
qui a survécu
à l'hiver !
    
     *

Poursuite de mésanges
entre les branches,
nuages qui continuent
leur voyage vers l'Est,
éléments du monde
qui n'ont pas besoin
des tourments de l'homme !
 
 *

Grande ouverte
une bouche
de lumière
qui déchire
le ciel gris
l'avertit
de ne plus avoir
de pensées tristes !
 
   *

Impossible ?
Sans doute !
Les feuilles mortes
ne remontent
pas à l'arbre !
Mais l'arbre
ne décide pas
la sève à revenir
nourrir ses branches
au printemps !
      
     *
A la fenêtre
d'un mourant
les oiseaux
ne se taisent pas,
mais ils noient
de leur chant
l'angoisse
de celui
qui s'absente !

  *

Voix métalliques
à la radio
qui compte les morts,
et dans la terre blanchie
par le grésil,
surgissent timides
les quenottes vertes
des tulipes !


   *

Oiseau
qui s'échappe
de sa main,
ne reviens pas !
emporte loin
la caresse
qu' il désirait
te donner !
 

             * 
Le temps
d'ouvrir les yeux,
de comprendre un peu,
et déjà le dos se courbe,
au loin sur le chemin
accourent déjà
les visages sans rides
des suivants !
  *

Voici une main !
Qu'elle s'ouvre
puisqu'elle ne demande rien !
Rien que le vent,
une ronde, un chant
sur des lèvres
qui s'étaient éteintes !
 
   *

Lumière revenue,
nudité du jour,
qu'apprendre encore
de la nuit !