mardi 6 octobre 2020

 


Je réveillerai l'eau dormante
encore et encore.

Qu'est-ce qui se cherche
et dont je ne sais rien.

Je suis aveugle
sous les lentilles
de l'étang.

J'erre entre les algues
alors que j'ai vu.

J'ai vu et je crie.
Qui frappera l'eau dormante ?

Qu'est-ce qui s'entrouvre
dans la perte des mots,
dans la perte du sens ?

Ce que j'ai vu
est la corde
pour frapper
l'eau qui dort.

Réveille-toi avant
que la mort te réveille.




lundi 5 octobre 2020

 

Le feu au coeur,
j'avance....



 





Les arbres reflètent
de la splendeur,
quelque chose de grand,
quelque chose qui manque.

Ce qui manque,
tu le sais bien.

Regarde quand quelqu'un te jauge
au lieu de t'accueillir,
qu'est-ce que tu ressens ?

Je retourne aux arbres
ils m'accueillent.
sans un mot,
sans tricher.

Ils ne poursuivent aucun but.







                                               "Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,

                                       brodé de lumière d'or et de reflets d'argents,

le mystérieux secret, le secret éternel,

de la vie et du jour, de la nuit et du temps,

avec tout mon amour je le mettrai à tes pieds.

Mais moi qui suis pauvre et n'ai que mes rêves,

sous tes pas je les ai déroulés.

Marche doucement, car tu marches sur mes rêves."

William Butler Yeats


dimanche 4 octobre 2020

 



Le héron qui s'est envolé

devant mes yeux

est déjà loin.


Après son passage

est-ce le vide ou le plein ?


Désir de le retenir :

ce sera le vide


Le laissant disparaître :

ce sera le plein.


L'eau calme repose.



 


samedi 3 octobre 2020

 Tout s'ouvre.
Limpidité.

Le mur se lève.
Ce qui est rejoint
est si simple.

Nulle image.
Passage.

La haute mer
la mère bonne
et dans leurs bras
la paix.






vendredi 2 octobre 2020

 




L'arbre se penche
vers l'eau
et déjà son reflet
l'accueille.

Il sera emporté
pendant l'hiver.

Mais l'eau n'est pas froide.
C'est plutôt un manteau
et sur ses épaules d'arbre
il aura la légèreté d'un oiseau.

Il sera emporté
avec son sourire d'arbre
un large sourire
où se sont recueillis
tous les cris
de ses frères.

Il ira sans peur
vers l'océan
qui lui redonnera
son feuillage d'or.

Ses feuilles ne tomberont 
plus jamais.
Elles frémiront
sous le vent des grands fonds.