vendredi 10 avril 2020

Jésus d'après Memling

peinture à l'huile





le tableau de Memling




Il neige près des cerisiers.
Une brise légère suffit.

Où vont se poser
les pétales blancs ?

J'aimerais qu'il neige
plus fort encore

pour que le monceau
d'inutile soit enseveli.

Mais le monde est monde
et il n'est pas vrai,

tant que la seule chose
qui compte
ne compte pas
encore assez.




jeudi 9 avril 2020



Dans une déchirure (un texte de 2012)

Si on lui demandait ce qui l'habite intérieurement, il y aurait une litanie de voix humaines qui se rassemblent et cherchent un passage dans la mer du ciel. 
Rien d'autre que des voix ! Voix souvent qui ne comprennent pas, voix perdues sans appui et dont il est le compagnon, voix qui se délivrent de l'effondrement, ruines et cendres auprès de l'unique fleur qui joue avec la lumière !
Voix passées au crible de l'angoisse qui cherchent des visages où reconnaître leur nom d'homme et vont brisées seulement, crécelle au cœur, dont on s'écarte invisiblement !
Il est avec ses voix,  si proche d'une naissance lorsque l'élan de l'enfant est accueilli d'un simple sourire radieux et que profondément le fil se renoue entre les vivants et les morts !
Tout se pardonne alors dans un cercle qui se referme.
Le vent a emporté les dernières lettres d'un pourquoi sans réponse !
Ne reste plus que noblesse des feuillages naissants de la colline.
Il pose sa tête doucement sur l'épaule d'un monde où il fait bon !
Il écrit ces quelques mots avec son dénuement.
Il écrit humain comme on goûte du pain et boit un verre
d'eau fraîche au sortir d'une fièvre, habité de silence,
dans une déchirure où l'on respire enfin !





mercredi 8 avril 2020


Il veille
un avec l'arbre.
Rien ne l’embarrasse.

Silencieux
avec le silence
parmi les humains
qui pensent,

il est un 
avec l'air pur retrouvé
de la ville immobile.

Et quand il roucoule
il suit des yeux
l'espace où ses ailes
l'emmènent



mardi 7 avril 2020

Arbres du parc de l'Asnée
(d'après une photo prise en automne)

Peinture à l'huile sur carton





Ignorée, méprisée,
arrachée,
la fleur du pissenlit.

Je l'ai regardée.
Je me suis arrêté.
Je n'étais pas pressé.

On dirait un dahlia.
On dirait un soleil
et même un parasol.

Tout est là
à mes pieds,
de l'or, des émeraudes, des rubis.

Je prendrai soin de ma vie.



lundi 6 avril 2020


Sur la place Aimé Morot
jaune, vraiment jaune
en extase est le pavot.

Il vient de naître.
Une trace est encore
sur ses pétales.

Naître, toujours naïtre.
On nait 
pavot,
mais on ne nait pas
homme.

Je ne veux pas
m'arrêter
en chemin.