mardi 12 février 2019

Un peu d'or au loin,
un peu de splendeur.
 
Il y a des lumières
qui appellent,
qui rappellent
le miracle de l'œil.
 
Reconnaissance.
Qu'est-ce que je reconnais ?
 
Un vertige vient
devant l'incroyable dimension
d'être là,
d'y être encore,
 
au cœur de l'or
au cœur de la splendeur.
 
Un vertige vient
et aussi la honte
d'être encore si
prisonnier d'irréel !
 

lundi 11 février 2019


L'amitié des arbres

gravure pointe sèche






Je laisserai la rivière
emporter ce qui
doit être emporté.

Peut-être est-ce
la matière obscure
de ces moments
qui refusaient
le jeu de la rivière ?

Le détachement n'est pas
l'indifférence.

Je retrouve le désir
de me lier à ce qui
rend libre

Et je me délie
de mes prisons
imaginaires.

Est-moi qui me délie ?
N'est-ce pas plutôt
la rivière ?

Ouvrir la main.
Ouvrir l'être.



dimanche 10 février 2019


Vieil homme souriant

mine de plomb et fusain





C'est l'heure bleue
entre chien et loup,

l'heure où l'on revient à soi
alors que tout le jour
on s'est perdu
et on a cru
à des histoires
qui n'en sont pas.

Car il n'y a qu'une histoire
et tout se joue à l'intérieur.

Et quand l’intérieur
devient comme l'extérieur,
l'heure bleue envahit tout
de sa paix de lune.

et on se détache
du regard des autres.





samedi 9 février 2019


Prête-moi ta plume 
pour que je perde haleine.
J'écris en chantant.
Je chante mon cri.

Mieux vaut le chant
que la guerre,
le chant qui prend tout
et qui offre

Car il y a en moi
des écrits qui sont là
comme des flammes.
On ne sait d'où elles naissent.
Mais elles veulent danser
et veulent chanter
pour fuir la glace
qui cherche les cœurs
à emprisonner.

Prête-moi ta plume.
Je n'ai pas besoin d'encre.
Ma vie est du sang
Ma vie est fleuve
qui cherche son chemin
même sur le papier.




vendredi 8 février 2019


En un éclat,
tout passe.
le soleil va se cacher
le nuage va filer,
l'arbre refleurira

et ainsi de suite.

Demain ce ne sera pas
le même arbre,
ni la même lumière,
ni le même ciel.

Et tu voudrais me dire
que je suis comme ceci
et comme cela,

comme si je ne passais pas,
comme si tout était fixé d'avance,
comme si on naissait
d'un bloc,

accompagné des sentences de mort
prononcées par des bouches perfides
qui ne veulent pas
que cela change,
qui ne veulent pas
que cela passe.

Mais je suis passant,
et je vais, et j'avance

vivant jusqu'à en mourir.