Un texte de 2014
-Avec la nuit-
Un peu de buée sur la vitre, un nuage qui a la forme d'un oiseau, le soir vient et tu écoutes ce qui monte en toi. Ce n'est ni angoisse, ni tristesse. Oui encore une fois, c'est un murmure qui ne prétend à rien, une sorte de silence qui prolonge sa caresse. Tout est simple, tout peut être simple. Le soir a cette couleur d'un repos qui se prépare. Les voix au loin paraissent plus claires. Avant le passage de la nuit, il y a le regard du soir. Les visages ont perdu leur fardeau. C'est bon de vivre avec cette douceur. L'autre, avec la lumière qui s'efface, retrouve tout son mystère. On peut même deviner une larme avant qu'elle ne coule. On marche avec l'ombre dans un regard. On pose la main sur cette obscurité comme pour dire : "cela passera, cela va aller ! Regarde là-bas, il y a des sourires qui ont un accent de vérité !"
Tout peut être simple, tu peut prendre du temps avec un enfant, être tout à lui. Tu deviens pour lui le doux manteau de laine qui ôte l'effroi. Tu peux prendre son visage entre tes mains et y allumer une danse. Tu peux écouter sa parole-ruisseau qui voit l'orée où il fera bon rejoindre la mer. Tu peux prendre un livre, en goûter une page comme on goûte une cuillère de miel de sapin. Tu peux être là à ta fenêtre qui devient bleue de nuit !. Il n'y a plus rien qui tranche la densité d'un moment où tu es toi, simplement toi, sans ajouts et sans effort, libre comme un vagabond qu'on ignore ! C'est comme si soudain il n'y avait plus un mot en trop, ou des gestes superflus. Tu glisse avec le temps qui est devenu ami. Plus de cris ! Plus rien ne te heurte ! Fini les trébuchements !. Tu glisse tu ne sais où ! Tu t'enfonces là où tout s'élargit, là où tout redevient vivant. Avec la nuit les fenêtres deviennent comme des feux de camp qui ouvrent d'autres espaces. Qu'est-ce qui brille comme cela autour des lampes ? C'est comme si tu avais tout d'un coup le pouvoir de comprendre chaque être dans le lointain, là, ce soir, dans ces pièces dont tu ne distingues que la lumière. Là-bas, la vie aussi ! Là-bas, une femme triste cherche un refuge sous les draps ! Là-bas un homme est au bord de ce qu'il n'arrive pas à dire ! Et plus loin encore, un enfant dessine une maison un peu ronde accueillant le soleil qui sourit !
jeudi 6 avril 2017
mercredi 5 avril 2017
Hier matin
un texte de 2015 :
Tu veux décrire cette lumière légère, incroyable merveille de voir, de goûter ce miracle de voir, lumière, légère lumière sur les visages et au plus haut des arbres, jeunes feuilles dont on distingue les nervures toutes irradiées, lumière du soleil ! Et toi, par où donc as-tu eu la possibilité de voir ?
Tu ouvres les yeux et c'est comme si cette jeune lumière te traversait, lumière sur les pétales blancs du cerisier qui voyagent au gré du vent, lumière sur le noir luisant de l'aile du corbeau. Tu la vois, tu la goûtes cette jeune lumière en forme de losange sur la couverture orange posée négligemment sur le sol de la chambre. Lumière qui se pose là, silencieuse, par où la contemples-tu ? Quelle lumière t'est donc donnée là ? Et même quand tu fermes les yeux, dansent des points d'or dans ton absence de vision, lumière légère sur les lilas mauves en éclosion, sans ton regard que deviendrait-elle ?
Tu vois, tu aimes cette lumière toute vive du printemps. Tu pourrais aussi bien être aveugle, il y aurait encore cette chaleur sur l'écorce, cet éclaircissement quand tu lèves la tête vers le ciel. Pourquoi existe-t-il tout de même des ténèbres ?
Ne plus rien voir, tomber dans le noir, être aveugle comme un aveugle ne le sera jamais, est-ce possible ? Ne fais-tu que voir lorsque par chance tu ouvres les yeux , Par quelle lumière vois-tu la lumière ?
Tant de questions qui vont loin, cherchent le tréfonds de ton être !
Tu ne veux plus mentir, même une seconde. Tu veux qu'elle passe cette lumière. Tu veux devenir son amant. Tu comprends le temps d'arrêt de la palombe à la pointe du sapin, quand vient le crépuscule. Elle s'immerge encore dans les derniers rayons du soleil couchant, comme si elle se nourrissait de lumière jusqu'à la dernière limite. Et tu sais, toi, ce dont tu as vraiment besoin. Tu ne veux pas que la fenêtre se referme. Tu ne veux pas de cet appel qui te ment, qui te fait croire que tes yeux sont simplement des yeux et qu'ils se fermeront définitivement.
Non, tu vois la lumière par une autre lumière qui t'attend !
Tu ouvres les yeux et c'est comme si cette jeune lumière te traversait, lumière sur les pétales blancs du cerisier qui voyagent au gré du vent, lumière sur le noir luisant de l'aile du corbeau. Tu la vois, tu la goûtes cette jeune lumière en forme de losange sur la couverture orange posée négligemment sur le sol de la chambre. Lumière qui se pose là, silencieuse, par où la contemples-tu ? Quelle lumière t'est donc donnée là ? Et même quand tu fermes les yeux, dansent des points d'or dans ton absence de vision, lumière légère sur les lilas mauves en éclosion, sans ton regard que deviendrait-elle ?
Tu vois, tu aimes cette lumière toute vive du printemps. Tu pourrais aussi bien être aveugle, il y aurait encore cette chaleur sur l'écorce, cet éclaircissement quand tu lèves la tête vers le ciel. Pourquoi existe-t-il tout de même des ténèbres ?
Ne plus rien voir, tomber dans le noir, être aveugle comme un aveugle ne le sera jamais, est-ce possible ? Ne fais-tu que voir lorsque par chance tu ouvres les yeux , Par quelle lumière vois-tu la lumière ?
Tant de questions qui vont loin, cherchent le tréfonds de ton être !
Tu ne veux plus mentir, même une seconde. Tu veux qu'elle passe cette lumière. Tu veux devenir son amant. Tu comprends le temps d'arrêt de la palombe à la pointe du sapin, quand vient le crépuscule. Elle s'immerge encore dans les derniers rayons du soleil couchant, comme si elle se nourrissait de lumière jusqu'à la dernière limite. Et tu sais, toi, ce dont tu as vraiment besoin. Tu ne veux pas que la fenêtre se referme. Tu ne veux pas de cet appel qui te ment, qui te fait croire que tes yeux sont simplement des yeux et qu'ils se fermeront définitivement.
Non, tu vois la lumière par une autre lumière qui t'attend !
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