dimanche 2 avril 2017




Fleurettes des bois 








-Un nouveau jour-


C'est toujours un nouveau jour.
Je descends l'escalier
et par la fenêtre,
cette lumière n'est pas
la même lumière.

Je n'ai pas les mêmes yeux
qu'hier.
Mon coeur bat
un peu moins vite
ou un peu plus fort.

Ce café que je bois
a déjà changé de goût.
Le monsieur qui 
remonte de la boulangerie
regarde un peu moins ses pieds
et mâche du pain.

Et d'où viennent
les mots que j'écris,
pendant que le lapin cuit ?
Des amis en photos me sourient,
des amis morts ou lointains
qui ont toujours
quelque chose à me dire.

J'irai chercher mon père en voiture.
Je ne veux pas savoir à l'avance
ce qu'il va me dire.
Peut-être par surprise
me dira-t-il un poème ?

Et d'où vient cette chanson
qui n'a pas de paroles
et cet homme en rêve
qui marche à mes côtés
sur un chemin de terre
et chuchote : "tout ira bien !"

C'est vraiment un nouveau jour.
Suis-je bien réveillé ?
Le soleil repose
sur mon épaule.
Je pars dans cinq minutes
rue Verlaine
"Le ciel est par dessus le toit"





L'espace entre les oiseaux ne saurait disparaître. Sont-ils vraiment ensemble ? Ils baignent dans la lumière d'un soleil pâle. Ils volent sans se regarder, tout entier dans leur vol !

Tu as donné une pierre à celle dont tu ne sais rien. Rien d'autre qu'un sourire bouleversant où apparaissait en une flamme tout le drame du monde. Tu t'es incliné devant cette majesté, comme on s'incline devant des pieds nus qui ont arpenté des chemins de poussière.

Tu as vu ce cri comme la larme qui pointe à peine."Suis-je aimé vraiment ?"

Toute vie est donné. Chacun revêt son costume, répète son rôle. "Suis-je important ?"
Le monde glisse aussi comme les nuages. Tout t'échappe des mains. Tu ne rattraperas rien !

Même l'ami qui t'a sauvé la vie prononce ces mots terribles : "A quoi bon ?"

On dirait du sable emporté par un torrent. La belle au bois dormant ne veut plus se réveiller.
L'ami ne voit plus son rêve. Il a peur d'un éclat.

"A quoi bon ?" Dans les remous du fleuve, des corps se glissent comme dans des draps.

Tu ne veux plus être englouti. Tu crées ton monde. Tu ne t'enrouleras pas dans des bandelettes. Tu ne rejoindras pas la tombe, la place qu'ils t'ont préparé !

Peut-être y-a-t-il quelqu'un à la fenêtre de l'immeuble d'en face qui croise ton regard sans le savoir, qui trace quelques lignes sur le ciel de papier blanc, en même temps que toi, quelqu'un que tu n'as pas besoin de rencontrer puisqu'il est avec toi dans cet espace. Tu n'as pas besoin de lui tenir la main. Vous avez le même cœur qui continue de battre.

"Et j'ai la tête qui tourne 
La beauté m'entoure 
Puis soudain elle m’envahit 
..."                 Mars 2015