Tout vient à son heure.
Je ne vois rien,
et pourtant j'ai semé
des mots mais aussi du silence,
j'ai marché au bord
des falaises pour tendre la main
Et partout ce qui était en herbe
est devenu du blé, de l'orge.
Les fleurs du cerisier
étaient la dernière neige
et les palombes maintenant
se gavent de cerises
rouges et luisantes.
Mais je ne vois rien.
Le désert et le vide
forment un berceau
mais nul enfant ne s'y blottit
Je regarde pourtant la nuit de loin.
Elle n'ose pas s'approcher
des gardiens du feu
même quand ils
n'en peuvent plus.
Je ne vois rien
mais continuerai à avancer
vers l'aurore qui ouvre des chemins.


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