samedi 14 mars 2026

 



Etre là.
Le cœur s'élargit.
l'étang se déplace
comme un oiseau
pour tout ramener
à un point,
un seul.

On peut naître encore
comme on meurt.

On tombe,
On tombe
même en larmes.

l'étang laisse être
les êtres.

Il reflète seulement
ce qu'on lui montre.

Nous sommes tous
dans le cœur
des uns des autres





vendredi 13 mars 2026

 


Immobile,
le pêcheur
n'a pas de prise.

Plus de prise
sur le réel.

Immobile,
le pêcheur
a coulé
en lui-même.

Et les poissons s'amusent.

Le pêcheur
s'est endormi
dans l'eau du temps.







jeudi 12 mars 2026

 



De quelle réalité
parles-tu ?

Les arbres vacillent.
Les nuages s'effilent
et tu ne retiens pas
le jour qui s'enfuit.

Quand les voiles
s'écarteront-ils
pour que le jour
revienne au jour,
l'arbre à ce qu'il est,
le nuage à ce qu'il a effacé ?

Même si ce n'est
qu'une lueur cela suffit.

Tu vis pour elle.
Tu lui as donné ton cœur.


mercredi 11 mars 2026

 

Les fleurs de magnolia

se tendent vers le ciel

encore toutes emplies

de la fraîcheur de leur naissance.


Elles n'on besoin de rien 

pour être ce qu'elles sont.

Un peu de lumière,

un peu de chaleur.


L'homme, lui, est cerné

de besoins inutiles, de désirs illusoires

qui, réalisés, n'apporte

que la tristesse et le vide.


Vers quoi tend l' être ?

Et s'il tend vers le seul réel

ne serait-il pas bon

de s'y reposer ?





mardi 10 mars 2026

 


Aucun ennui en forêt.

Sans cesse apparaissent
des curiosités
comme cet arbre qui semble
s'être divisé en trois,
ou ces mousses
qui montent à l'assaut
de jeunes arbustes,
ou encore cette écorce
à la parfaite régularité.

Merveilleuse multiplicité
qui chante l'infini
variété du vivant.

Comment ôter alors
le voile de tristesse
qui ôte au regard
l'émerveillement ?

Ne pas croire ces pensées
qui vont et viennent
et obscurcissent la vision.

Etat d'âme,
simple reflet
dans un miroir.

Ne jamais oublier
l'un derrière
le multiple.

Devant la beauté du monde,
comme le saumon sauvage,
remonter à la source.










lundi 9 mars 2026

 



Sur la place Stanislas
une ribambelle de petits enfants
qui se tiennent la main
marchent vers le musée des Beaux Arts.

C'est comme une révélation.
Un geste simple.
Se tenir la main.
La fraîcheur des voix
et des rires.

Rien ne finit jamais.
Un avenir en chair et en os
passent devant mes yeux.

En un instant,
oubli du poids des ans
des os qui craquent
du dos branlant.

La vie a de l'avenir.
La mort s'en retourne
au passé inutile
come un vieux crapaud
crachotant.






dimanche 8 mars 2026

 


On ne voit rien,
ne sent rien,
n'entend rien.

Mais souterrain
le printemps
vient

Tu verras que la mort
est transpercée
de part en part
par ce qui la  contient.

Tu sentiras le parfum
des fleurs de tous les univers
emporté par  le vent
qui dénoue l'oppression.

Tu entendras le chant
de tes profondeurs
où a germé
dans les ténèbres
une confiance d'enfant

qui a un lendemain.