Poésies, photographies, gravures
Tout est ouvert, toujours.
Juste se mettre en route,
le chemin se déroule
comme dans un rêve.
L'herbe est fraîche
Le soleil de mai
sait ce qu'il fait.
Tout est vaste.
On peut jeter
son vieux pull
d'idées usées
sur ses épaules
qui soudain voient
leurs ailes pousser.
On marche vers là-bas
là où cela respire.
On passe ses mains
dans la rosée
pour essuyer son visage
de la suie des jours
gris et usés.
On a le pas des nuages
la radiance des boutons d'or
et des silènes au cœur.
On bat le rythme
avec son pas
des chants de l'alouette
pendant que dansent
là-haut l'épervier.
Pour plus tard.
Lorsqu'il n'est plus rien resté,
c'était un ciel plein d'étoiles,
libre de tout lien,
avec partout
des maisons écroulées,
et nulle trace de morts,
seulement des fleurs
qui poussent sans effort
parmi les ruines,
et des nomades
qui vont plus loin,
avec dans le regard
la lumière de l'enfant,
qui en son royaume
n'a besoin de rien !
Où se cacher maintenant ?
Les fausses promesses
retournent au silence !
le jour même abrupt,
bosse au front,
coup de bâton,
m'ont réveillé
ici, dans le jardin !
Ne plus rien attendre
puisque tout déjà
a été donné.
Il n'y a rien à faire
qu'accepter
et offrir sa seule tendresse,
nudité qui ne protège plus rien,
tout a été donné,
tout a été ôté,
la moindre feuille frémit !
Mais si une seule personne comprenait derrière les mots, entrevoyant l'espace, si une seule goûtait à ce qui vit aussi en elle et que reflètent les arbres mouvants, sensibles aux souffles invisibles !
Pas assez liquide,
pas assez fontaine,
pas assez tendre,
l'homme est une pierre
qui se heurte au temps !
Celui qui le comprend
cherche à devenir pain
plutôt que la mort le brise !
l'enfant pleure souvent
parce qu'il voit
toutes ces pierres,
durs adultes
sur son chemin,
lui dont le cœur
est de la tendre mie !
Celui qui vieillit
à la recherche
de ce pain,
de cette fontaine,
qu'a-t-il à craindre ?
Rien ne le durcit !
Tout l'amène au pardon !