dimanche 11 janvier 2026

 

Plus de musique
dans le kiosque.
Le banc est vide.

Autrefois,
on verra
une autre fois.

Demain,
espérer avoir
 toujours
deux mains.

Alors se tenir, nu
avec la neige nue
partout même 
dans son cerveau.

Et se tenir le jour
Et se tenir la nuit
un pas à la fois
dans la neige
 du temps.




samedi 10 janvier 2026

 

Non faits
de main d'homme
les dessins éphémères
de la neige
se sont envolés.

Le vent du sud
a tout balayé.

Mal à la tête.
Pourquoi
ce vent si fort
ne l'a pas enlevé ?










vendredi 9 janvier 2026

 


Le linceul s'efface lentement.
La croix apparait,

toute seule.

Il n'y a personne.
Pas un souffle.

Ni dans la tombe
ni dans le cimetière.
(il fait froid dehors)

Etre tout seul ici.
Tout seul à respirer,
à être vivant,

avec les insectes,
les rares oiseaux
et autres petites bêtes.







jeudi 8 janvier 2026

 

Dépouillement de l'hiver.

Un arbre est nu

et ses branches soulignées

d'un peu de neige

vibrent naturellement

et se déploient avec harmonie.


Depuis longtemps déjà

il se déploie jusqu'au

bout de lui-même.

Et toi, choisiras-tu

avec lui la vie qui chante

jusqu'au bout de tes branches


Accepteras-tu 

la mort de tes illusions

et leur ensevelissement

dans le linceul de l'hiver ?









mercredi 7 janvier 2026

 


Se rassasier de vaste,
ouvrir ses paupières rouillées.

Se tourner
vers ce qui est toujours là
et deux cris se rejoignent.

Songer aux mensonges
sur les ondes.
Le pire rêve
est celui qui a
un air de vérité.

Laisser le mental
à son manège.
Descendre vers la lisière
marcher vers l'orée
courir vers l'horizon.

Avec la râpe des mots
scier les barreaux
de la peur programmée.
et aller respirer
dans l'ailleurs intérieur.



mardi 6 janvier 2026

 



Les sillons du champ enneigé
courent vers l'horizon.
Le ciel semble s'être rapproché
et le silence de même.

On entendrait presque
les nuages glisser
au dessus de la terre blanche.

Les oiseaux se cachent de la bise.
Même l'épervier est à couvert.

Et devant cette immensité,
de dehors, on rentre au dedans
pour explorer la vaste plaine
de l'âme qu'aucun horizon ne cerne.






lundi 5 janvier 2026




Le petit mirabellier sous la neige
tient fièrement sa place
et sa fragilité.
Le vent peut souffler,
le gel mordre
il ne cédera pas sa place
pour celle de l'imposant
chêne dans sa forêt.

Il a la plaine blanche
et les collines lointaines
pour lui tout seul.
Il veut la bise puissante du Nord
et l'espace infini pour ne pas être
étouffé par la broussaille des orées.

Penche-toi vers lui doucement,
écoute sa respiration.
Elle n'est plus nourrie
par le frêle effort des ses branches
mais elle est tout entière enfouie
dans la respiration sans limites
de la terre qui se libère.