dimanche 8 février 2026

 


A quelle branche se raccrocher ?
les branches sont mortes.
Les branches vont mourir.
Les mots aussi.

On balbutiera
comme on a toujours
balbutié.

Et l'on hochera la tête.
Pas besoin
de têtes qui hochent.

Besoin de bras
qui ne soient pas 
des branches mortes.

La vie sera plus forte.
La vie sera plus forte
que la peine,
la peine qui saigne
mais c'est du sang soleil.

A la place de l'arbre mort
surgiront des vivants,
des vivants en robe blanche.

Il y a des choses
qu'on ne comprend
qu'à la fin.








samedi 7 février 2026

 


Je suis là
au passage.

Terre inconnue.
Eau inconnue.

Elle vient de si loin.
Personne ne la reconnait.
Mais c'est inutile
puisqu'elle est gratuite.

Il peut y avoir
des paroles pour l'eau
comme il y a
des paroles pour l'arbre.

Alors je lui parle
comme j'ai parlé à l'arbre
que j'ai vu crié.

Je lui parle
parce que je l'ai vu pleuré
et les larmes de l'eau
sont devenues du feu.

Ne pas se faire du mal.
Ne pas se faire du mal.



vendredi 6 février 2026


Sur les hauteurs, un feu roux soupire et accorde sa caresse aux feuilles brunies des buissons près des arbres nus.

Saisissement. Un seul instant suffit pour être aussi nu
et accueillir en ce vide 
la lumière du soleil
 loin des histoires
racontées sans cesse,
bourdons noirs
posés sur le silence
qui seul est créateur.

Un seul instant libre.







jeudi 5 février 2026

 


Le temps est trop gris.
Regarder une coquille Saint Jacques
ramassée en Normandie
avec une sorte de dragon
incrusté.
 
Elle fascine.
Fascination pour une chose,
un être, un ciel.
 
Cela n'a rien à voir
ave ce regard anxieux
que parfois l'on porte sur soi.
 
Identification à ce qui n'est
qu'une image.
 
Pourquoi cette peur des autres.
Eux aussi voient le ciel,
la coquille, ce visage.
 
Qui ne veut quitter
sa prison ?
 
Est-ce encore un poème.
Pas d'importance.
Ecrire au bord d'un rivage, le sien.
Il n'y a plus de murs.
Il y a le large et en écho
un chant lointain.
 
 
 
 

mercredi 4 février 2026

 



Et déjà dehors,
il n'y a plus rien.
Tout ce fatras s'est envolé,
fatras qui se veut logique,
monument sec sans source,

Il n'y a plus rien
au vent d'ouest.
La giboulée nettoie
l'agilité des méninges.

Respirer un grand coup
comme un noyé
retrouve par miracle
son souffle.

Oh le bleu du ciel
est comme un corps
qu'on étreint.

Les valises s'ouvrent
les papiers emportés
se délavent sous la pluie.

Et il n'y a plus rien
qu'un peu d'air frais,

un peu d'air frais.



mardi 3 février 2026

 

Debout l'harassé.
On te marchera plus jamais
sur le paillasson.

Debout, tu te relèves.
Tu n'as pas vocation
à être cloué.

Décloue ton bec.
Décloue ta vie,
relève ton cri .

Debout l'ensommeillé,
debout l'ensorcelé.
Ouvre les yeux
même si on veut
te les fermer.

Vois clair en toi.
C'est pour ceux
qui viendront après toi.

Ils ont le droit
de ne pas porter
sans fin la malédiction,
ce paquet de fils emmêlés
qu'on se refile sans y penser

et qui attend 
d'être dénoué.



lundi 2 février 2026






J'aimerais ne rien te dire.
J'aimerais qu'il se passe
autre chose.

Qui a choisi
d'être dans 
la forêt obscure du monde ?

Je n'ai pas choisi
et pourtant je fixe
de toutes mes forces
l'orée de la forêt.

C'est plus qu'une aimantation.
C'est comme si j'étais attendu.

Alors cela passe sans mots
encore une fois

Et je reviens dans les bois
allumer quelques feux
où l'on peut voir
de vrais regards
qui font du bien.