jeudi 29 janvier 2026

 

Retrouver ce 
qui était avant,

et pourtant retrouver 
ce qui n'a pas été perdu,

retrouver
un chant
qu'on ne
perdra plus,

Retrouver
ce qui viendra après
et qui cependant
est maintenant,

retrouver l'élan,

retrouver l'enfant
vivant
malgré sa traversée
de la forêt,

l'enfant plus grand
que l'adulte
dans sa cage de pierre,

se retrouver vivant
débordant,
débordé

d'accord ?





mercredi 28 janvier 2026



Aucune lassitude
devant les splendeurs
toujours nouvelles de l'aube,
comment l'expliquer ?

Peut-être est-on l'aube
sans le savoir ?
Peut-être y voit-on
ce que l'on est
réellement,

ouverture,
espace,
liberté,

comme si soudain
devant un tel ciel
un "quelque chose"
à l'intérieur
se mettait à respirer,

comme si l'aube criait,
poussait le cri du nourrisson
qui vient à la vie !







 

mardi 27 janvier 2026

 

Il y a des trous
dans le béton,
des portes
dans le bitume.

Tout ne va pas si mal
puisqu'un arbre
attend le printemps
pour ceux qui 
ne l'attendent plus.

Je peignais le trottoir
de mon âme en noir.
Mais soudain
dans une flaque
un bout de ciel
me met une claque.

Voilà que je me réveille.
Le goût du réel
vaut bien la mélasse
où je me noie.

Il y a en chacun
des yeux qui s'ouvrent
et qui une fois ouverts
ne peuvent se refermer.

Et que c'est bon,
même si c'est douloureux
cette clarté.



lundi 26 janvier 2026

 

En un éclat,
tout passe.
le soleil va se cacher
le nuage va filer,
l'arbre refleurira

et ainsi de suite.

Demain ce ne sera pas
le même arbre,
ni la même lumière,
ni le même ciel.

Et l'on voudrait dire
que l'on est comme ceci
et comme cela,

comme si l'on ne passait pas,
comme si tout était fixé d'avance,
comme si on naissait
d'un bloc,

accompagné des sentences de mort
prononcées par des bouches perfides
qui ne veulent pas
que cela change,
qui ne veulent pas
que cela passe.

Mais l'on est passant,
et l'on va, et l'on avance

vivant jusqu'à en mourir.



dimanche 25 janvier 2026

 



Un cormoran dans la lumière
du couchant au bord
de la rivière
est en contemplation.

Il ne guette pas le poisson.
Non, il veille
sans pensées
de cormoran

Et le contemplant
le promeneur
devient lui aussi
comme le cormoran,

rendant hommage
à ce qui est
absorbé, dissous
dans la lumière du soir.








samedi 24 janvier 2026

 



Prête-moi ta plume 
pour que je perde haleine.
J'écris en chantant.
Je chante mon cri.

Mieux vaut le chant
que la guerre,
le chant qui prend tout
et qui offre

Car il y a en moi
des écrits qui sont là
comme des flammes.
On ne sait d'où elles naissent.
Mais elles veulent danser
et veulent chanter
pour fuir la glace
qui cherche les cœurs
à emprisonner.

Prête-moi ta plume.
Je n'ai pas besoin d'encre.
Ma vie est du sang
Ma vie est fleuve
qui cherche son chemin
même sur le papier.



vendredi 23 janvier 2026

 

Laisser la rivière
emporter ce qui
doit être emporté.

Peut-être est-ce
la matière obscure
de ces moments
qui refusent
le jeu de la rivière ?

Le détachement n'est pas
l'indifférence.

Retrouver le désir
de se lier à ce qui
rend libre

Et se délier
de ses prisons
imaginaires.

Qui délie ?
N'est-ce pas plutôt
la rivière ?

Ouvrir la main.
Ouvrir l'être.