samedi 29 novembre 2025

 

Derrière la souffrance, plus loin, dans un silence bruissant, comme le vent dans les trembles, se tient un murmure. Il  se signale par une paix que tu ne comprends pas ! La brume près de la rivière disparaît si vite, comme ce murmure. Mais il est possible de le surprendre. C'est comme une larme en train de naître qui n'ose pas glisser sur la joue. Personne ne se rend compte de sa présence et pourtant, elle est là ! Parfois elle ne signale rien, elle est venue comme un papillon qui n'a plus de chemin ! Elle est comme un trou d'aiguille par lequel passe toute la tendresse du monde ! Tu vois alors et tu comprends , mais jamais tu ne pourras redire ce murmure ! Il vient à toi, il est l'étoile qui se met à briller autrement, une nuit, juste pour toi. Et cette étoile t'attire, elle te parle. La foule qui passe à côté de toi ignore ce mystérieux dialogue. Tombe-t-on amoureux d'une étoile ? Et pourtant, toi seul a remarqué cet éclat. Puis chaque jour, d'autres murmures te surprennent ! Tu n'habites plus une terre désolée, mais une terre qui te parle, t'offre une histoire nouvelle, comme un bout de pain ou une goutte d'eau pure apportés par un oiseau de nulle part dans ton désert ! Alors tu te tiens derrière ta souffrance comme on s'éloigne d'une tempête de cendres. Tu deviens guetteur de murmures, tu a foi en leurs promesses. Tu devines la beauté d'un cercle qui se referme, tu n'as de regard que pour ce qui traverse ton ciel !




vendredi 28 novembre 2025



Le temps s'arrête parfois

et l'on ne sait pas pourquoi.


Sans temps

le temps peut-être long

si l'on ne vit pas vraiment.


Le temps n'est pas dépassé.

Il s'appesantit.


Ce sont deux pauvres fenêtres

de temps arrêté

où l'on ne vit plus.


L'oiseau sur la branche

est dans l'éternité légère

et attend que

la fenêtre s'ouvre.


 

jeudi 27 novembre 2025

 


Remonter à la source
dans une pâle lumière
de fin d'automne.

Quatre oiseaux en direction
du sud traversent le ciel,
traversent le vide
sans bord ni fin

et le ruisseau capte 
le moindre rayon 
de lumière
tout comme l'arbre
dénudé prend
la couleur de l'or.

Remonter à la source
et ne rien y boire.

Remonter suffit,
en imploration,
en désir d'eau pure
où tout renait.

Remonter sans savoir
si la source
sera trouvée
avec comme seul chant
celui de l'eau

Seulement être certain
qu'il n'y a pas
de vie plus vivante
loin d'elle.














mercredi 26 novembre 2025

 


Peut-être que ce qui a manqué
creuse l'espace
pour ce qui
comble vraiment ?

Peut-être.

Comment en faire 
une coupe,
non un abîme ?

Comment être compagnon
de sa propre béance ?

Comment se prendre
dans les bras
de son âme
accompagné
d'une berceuse
qui sait dénouer
la violence
des secrets ?



mardi 25 novembre 2025

 



L'orée viendra
Aimantation.

C'est encore
le temps de la broussaille.

Plus rien
d'inextricable.

Un travail se fait
aussi sans nous.

Cela écarte
les branches,
les ronces.

Lumineuse orée
où l'on repose
déjà en espérance.





lundi 24 novembre 2025

 


Un père et un fils

dansent ensemble,

se soutiennent

se répondent

dans une musique

directement

issue du cœur,

musique si douce,

caresse d'une mère.





 




Dignité du paysage
dans la forêt
de Romain-aux-bois
saupoudré d'une pellicule de neige

Un paysage peut-il
être digne ?

Oui, car il est.
Il est simplement,
ne joue pas la comédie,
ne se raconte pas d'histoires.

Et la neige immaculée
aussi.

Elle tombe,
ne recouvre pas seulement
l'herbe encore verte
ou le chemin
dont personne ne sait
où il mène.

Elle vient à l'intérieur,
amène son silence au promeneur
qui disparaît.