vendredi 16 octobre 2026

 Le canard blanc

Parc de Champigneulles

gouache




 



Je suis là 
dans le silence
d'un blé en herbe
et d'un ciel immense.

Et je semble attendre.

Mais non, je suis là.
J'émerge. 
Je me lave d'espace.
Le paysage a une sagesse
où toute peur s'absente.

Il n'y a rien à connaitre
des méandres où j'enferme
les autres.

Déjà la paix
qui descend, frémit
bouleverse, emporte.

Et je suis cette paix
. J'y suis et je la suis.
Presque la paix
d'un regard de bête.

Je veux y être.
C'est une paix soif
où tout est remis
comme lorsqu'on s'endort
en boule dans son lit.

Oh paix d'ailleurs
qui m'étreint
près d'une fenêtre
qui s'éteint.



jeudi 15 octobre 2026

 


Ce que je vis, ce que je pense,
je pense nuage
et donne sans rien 
espérer en retour.

Espérer est le don.
Donner pour rien
et passer avec les nuages,
loin, loin
des attaques et des défenses.

Je suis ailleurs.
Tu veux me ramener
dans ton panier grillagé.

Mais cela ne vit pas.
Cela respire la mort.

Je passe ailleurs.
Une autre dimension.

Voici le temps, le temps
où les pensées secrètes
d'un grand nombre
seront dévoilées.



 


Fleur d'aubépine

pastel sec




mercredi 14 octobre 2026

 

L'étang en début d'automne au parc d'Heillecourt

pastel sec




 


Ce que je pense en premier
souvent n'est pas premier.

Un ciel sombre me forcera-t-il
à m'assombrir ?

Et si je m'énerve
c'est la faute à qui ?

Peut-être bien la mienne.

Qu'il pleuve, qu'il vente
ou que tout s'ensoleille
je ne veux plus croire
à ce que je pense en premier.

Alors je pense en second.
Je sors du film

Certains croient tant à leur rôle
qu'ils ne le quittent jamais,
dorment même avec.

Je ne veux plus qu'on m'enrôle.

Vivre libre.



mardi 13 octobre 2026

 


Finalement ce qui se brise
c'est la dureté,
ce qui se fige
et ne veut plus bouger.

Que reste-t-il ?
C'est comme si l'on changeait de regard.
Qui voit à travers mes yeux ?

Je vois peu à peu
dans la dureté
grande misère
et grande peine.

Je vois mais cela ne vient plus de l'extérieur.
Comme il y a un langage
derrière le langage,
il y a une vision derrière la vision.

La vie n'est pas dure,
mais il est possible
de choisir la dureté
contre elle.