mercredi 7 janvier 2026

 


Se rassasier de vaste,
ouvrir ses paupières rouillées.

Se tourner
vers ce qui est toujours là
et deux cris se rejoignent.

Songer aux mensonges
sur les ondes.
Le pire rêve
est celui qui a
un air de vérité.

Laisser le mental
à son manège.
Descendre vers la lisière
marcher vers l'orée
courir vers l'horizon.

Avec la râpe des mots
scier les barreaux
de la peur programmée.
et aller respirer
dans l'ailleurs intérieur.



mardi 6 janvier 2026

 



Les sillons du champ enneigé
courent vers l'horizon.
Le ciel semble s'être rapproché
et le silence de même.

On entendrait presque
les nuages glisser
au dessus de la terre blanche.

Les oiseaux se cachent de la bise.
Même l'épervier est à couvert.

Et devant cette immensité,
de dehors, on rentre au dedans
pour explorer la vaste plaine
de l'âme qu'aucun horizon ne cerne.






lundi 5 janvier 2026




Le petit mirabellier sous la neige
tient fièrement sa place
et sa fragilité.
Le vent peut souffler,
le gel mordre
il ne cédera pas sa place
pour celle de l'imposant
chêne dans sa forêt.

Il a la plaine blanche
et les collines lointaines
pour lui tout seul.
Il veut la bise puissante du Nord
et l'espace infini pour ne pas être
étouffé par la broussaille des orées.

Penche-toi vers lui doucement,
écoute sa respiration.
Elle n'est plus nourrie
par le frêle effort des ses branches
mais elle est tout entière enfouie
dans la respiration sans limites
de la terre qui se libère.






 

dimanche 4 janvier 2026

 


En ce lieu à cent lieues
de l'enfer,
à l'air libre
libre à l'intérieur,

aller ainsi
porté
comme un enfant

en ce lieu
libre libéré

lieu respirant
où est laissé
l'entrave



samedi 3 janvier 2026

 



Ne pas se lasser,
ne jamais se lasser
Et si l'univers et les cieux
se drapent de splendeur
si les herbes crient de joie,
si les arbres dansent,
alors toute pensée de tristesse
est égoïste.

Alors si tu es triste
joins-toi à tous ceux
qui sont comme toi
et ne se lassent pas
de chanter toujours,
jusqu'à la fin
que les cieux 
sont plus grands que toi
que le mystère
est plus grand 
que ta raison,
que la vie et la joie
sont plus grandes
que la tristesse,

la tristesse
que tu regarderas
comme l'on regarde
un enfant qui s'est blessé
pour qu'il comprenne
qu'on prendra soin de lui
et qu'il ne sera pas abandonné.







vendredi 2 janvier 2026

 


"Et nous ne savons rien chanter,
rien que le chant de l'ignorance"


Image retrouvé avec au dos un poème de Rumi








jeudi 1 janvier 2026

 


La péniche est à quai.
Le soleil est à flots.

Et toi, tu es à la rambarde
de la passerelle
sous un platane séculaire
et tu te perds
dans le reflet noir et argent.

Tu te perds de vue.
Tu laisses aller
le bonhomme
et son concentré
de névroses.

Les vélos passent
aussi vite
que les mouettes
dans le ciel.

Et tes pensées
n'ont aucune importance.

Comme un enfant apprend à lire,
tu apprends doucement à être.