jeudi 30 avril 2026

 


J'aime toujours
souffler sur le pissenlit
en graines.

Des chercheurs ont découvert
qu'au-dessus de chaque graine
se formait un vortex
qui permet à celle-ci de profiter 
de courants ascendants
pour être emportée sur
de plus grandes distances.

J'aimerais qu'il se forme
un vortex au dessus de ma tête
pour que je respire
avec la légèreté d'un enfant.



mercredi 29 avril 2026

 



Au loin un petit étang
brille au soleil.
Point n'est besoin 
de s'en approcher.

La promesse de sa fraîcheur,
et de son eau calme 
comblent le regard.

Le désir d'atteindre
ici ne sert à rien.
La vision suffit
et la distance n'est rien.

Tout ce qui est extérieur
n'a de forme que passagère.
L'étang un jour sera comblé.
Les arbres tomberont.

Même les étoiles 
finiront par s'éteindre.

De l'intérieur, il suffit
de s'émerveiller
d'être une conscience
qui voit tant de trésors.

C'est vraiment un miracle.






mardi 28 avril 2026

 

Fleurs de pommier
ou de cognassier,
peu importe,

Je vous salue
avec le merle,
seul chanteur
des rues désertées.

Je vous salue.
Personne ne posera
la main sur vous.

Personne ne ternira
votre éclat.
Les mots blancs
restent gris.



lundi 27 avril 2026



       


       

Il n y a pas de lassitude.

les fleurs s'ouvrent
sur un autre espace.

il est alors
impossible
qu'elles fanent.

Elles montrent
ce qui est appelé
à se poursuivre,

intérieurement.




dimanche 26 avril 2026

 

J'ai descendu l'escalier
et l'ayant aperçue
sous le ciel gris
je me suis dit :
"D'où est-elle venue ?"

Hier, je n'avais rien vu.
Et aujourd'hui
une étoile mauve
est apparue.
D'où est-elle venue ?

D'où suis-je venu ?
Je ne saurais pas répondre.
Mais puisque je suis apparu
je veux ouvrir
mes pétales d'étoile.



samedi 25 avril 2026

 


Lorsque cela
sera passé,

on se tiendra
sur le seuil
de la maison.

Il y aura
peut-être
un oiseau
tranquille.

On se fera
un signe de la main.

Rien ne pressera.

On goûtera
la clarté du matin,

et les enfants,
comme avant,
partiront
à cloche-pied !





vendredi 24 avril 2026

 


Il court vers la douceur de l'aube,
celle qui descend
et déchire la nuit sèche,
brise les cercles de fer.

Il court vers la douceur
tout court,
celle qui rend humain,
celle qui lève les voiles
pour qu'apparaisse un peu de vérité.

Il court vers la douceur,
celle qui laisse désemparée,
celle qui n'a rien d'autre à offrir
que le sel des larmes
qui réenflamme la vie.

Il court vers la douceur
qui donne aux corps
sa transparence
pour qu'il n'y ait
plus rien à prendre à personne

Il court  s'unir
avec la douceur des étoiles
qui ne brillent pas seulement au ciel.

Et un rouge-queue approuve
et signe d'un mouvement d'aile
la fin du poème.



jeudi 23 avril 2026

 


Des brèches soudaines
se manifestent.
Il n'y a pas à hésiter.

Le passage est mal aisé
parfois boueux
la lueur incertaine.

Tu passeras aimanté
par un désir plus fort que tout.

A ses côtés les autres désirs
paraissent bien falots,
presque évanescents,
comme si soudainement
tout ce qui miroite
en ce monde
perdait son attrait;

Il ne reste plus que cela
lueur fugitive,
étincelle qui brûle le cœur,

et l'envisagement
d'un lieu autre
où tout s'apaiserait
où tu pourras être témoin
d'une lumière de tendresse
sur tout être,
sur toute chose.







mercredi 22 avril 2026

 


Une vieille croix de pierre
au bord du chemin
est presque oubliée.

La nature se remet à chanter.
Feuillages rouges
et tendre vert de la prairie
semblent ignorer le supplicié

Ainsi les nuages passent
et ignorent le malheur des hommes.
Les pâquerettes ne prêtent pas
attention au sang versé.

L'on comprend si tard
qu'â chaque instant
il est possible de rejoindre
la tranquillité du ciel,
la simplicité des fleurs.




mardi 21 avril 2026

 

Mystérieuse vallée de la Mause

près de Gignéville.


Enormes amas de rochers

entre lesquels poussent

des arbres élancés

qui cherchent la lumière.


Le ruisseau chante

accompagné par

les fauvettes à tête noire

et les troglodytes mignons


Mais cela n'étouffe en rien

un étrange silence

qui imprègne tout.


C'est le silence

d'avant l'homme

et peut-être même

le silence d'avant 

toutes choses







lundi 20 avril 2026

 

Il s'avança vers le sous-bois
et là il comprît
le silence de la forêt,
un silence qui fourmille
de chants d'oiseaux
et de feuilles frémissantes.

Toute la souffrance,
et la violence du monde
restèrent à l'orée.

Il disparut
dans la lumière verte
avec l'homme verdoyant
qui doucement
commença à enlever
pendant sa marche
les plaies si nombreuses
des années écoulées.

C'est en ce jour
qu'il choisit
de ne plus jamais
se faire du mal.




dimanche 19 avril 2026

 


L'histoire d'un arbre
est dans son tronc.

Les coups de vent,
les coups du sort,
les coups de canif
les coups de froid,
tout est là
et s'entremêle.

Le visage de tout homme
est un peu semblable.
Un peu de clairvoyance
suffit pour reconnaître
ce qui ne peut être caché
même sous le maquillage.

Tu vois, tu entends mieux
l'autre quand tu comprends
que seul,  à deux
ou à plusieurs
il n'y a qu'un cœur.




samedi 18 avril 2026

 


Coup de vent.
les jeunes feuilles
traversées de lumière
frémissent avec le regard
où s'engouffre la fraîcheur
d'un renouvellement.

Respiration commune.

les attaches tombent
les traces du passé
n'ont jamais été vivantes.

Elles rejoignent
comme les feuilles mortes
l'humus.

Humilité d'un souffle
qui n'est pas le sien
et qui emporte.



vendredi 17 avril 2026

 


L'image est un pont
entre le visible
et l'invisible

Elle n'est pas l'arbre,
là, dans sa gloire

Elle a l'humilité 
de s'effacer
pour montrer autre chose.

Il y a même un bout
de chemin à prendre
pour aller vers
ce qui se révèle.

Elle est seulement
un signe
pour celui
qui sait que sa soif
est un trésor.






jeudi 16 avril 2026



 Comme il y a des volets
de couleurs différentes
à la façade de cet immeuble,

 à chaque fenêtre,
se tiennent peut-être
des gens avec
leur couleur à eux.

Chacun est là
avec son regard,
avec son univers,
et ses béances.

Comprendre cela
jusque dans sa chair,

pour voir plus loin
que les gestes,
les paroles,
les actes.




 

mercredi 15 avril 2026

 

Immobile
comme l'arbre
contente toi d'être

et sois
le bourgeon,
la fleur,
le fruit

et la feuille
qui en tombant
n'oublie pas
l'arbre 
d'où elle vient.




mardi 14 avril 2026

 



Même sous un soleil pâle

tout se déplie


La mort ne serait-elle pas un pli ?


Tout est plié,

c'est bien fini.


Les plis

sont des replis

et rien n'y vit.


Tu sens qu'en toi

le linceul rejoint

bien plié

son armoire 

et ses sachets

de lavande fraîche.


Cela se déplisse,

Cela s'étire.


Tes poumons

sont comme la forge

des feux à venir







lundi 13 avril 2026

 


Deux tulipes s'aimaient
d'amour tendre.
Elles ne pouvaient se séparer.

Comme elles, peut-être,
la vie est dans
le cœur de l'homme.

Pourquoi alors
 choisir la mort ?

Poser sa joue
contre celle de la vie.

Rester ainsi
pétale contre pétale
joue contre joue

Pour celui qui 
se tient ainsi
tout contre elle

il passe libre
en ce monde
de prisons.










dimanche 12 avril 2026



On rêve toujours
devant les nuages,
que l'on soit enfant,
que l'on soit adulte.

Le ciel est un écran.
Peuvent défiler des monstres
ou des interrogations.

C'est si vaste à l'extérieur
que l'on se dit
qu'il y a un problème
d'étroitesse à l'intérieur.

On se demande d'où cela vient.
Une illusion ? Des limites imaginaires ?

C'est peut-être
que l'on se croit tout fait
alors que tout reste à faire.





 

samedi 11 avril 2026

 

Un baiser a suffi.

Le vieux soufi
sur son banc
le sait bien.

Ce désir
restera un désir
que rien ne peut combler,

mais un baiser a suffi.

Et déjà tu sais
à qui tu appartiens

Et de baiser en baiser
qu'est-ce qui maintenant
pourrait te retenir ?

Quand tous les noms
que l'homme emploie
ont disparu,

il reste le baiser initial
qui t'appelle à partir.

Tu partiras
avec la flamme.




vendredi 10 avril 2026

 C'est un camélia

au coin d'un jardin.


Immense.


Les branches dépassaient

le grillage

et penchaient vers la rue.


Des fleurs s'offraient.

Tout simplement.


Quelques pétales par terre

étaient là pour signifier

leur disparition prochaine.


Mais là, en cet instant

elles resplendissaient,

un petit univers à elles

toutes seules.


Et leur forme splendide

ouvrait la porte

du Mystère.







jeudi 9 avril 2026



Viens, ce qui crie encore la nuit a besoin de drap frais pour
 simplement dormir, mais d'un autre sommeil, un sommeil de
 pétales qui se poseraient sur chaque brûlure.

Viens renforcer les murs de ce jardin aux abeilles paisibles.
 L'épaisseur de l'herbe est un onguent mystérieux sur les
 bleus qui sont bien loin de celui du ciel.

Viens, même si le pommier ne donne pas encore de fruits.
 C'est à toi de jouer des souffles qui attisent la braise loin du
 feu de paille.

Viens, réserve-moi une chambre haute pour mon cri, dont je
 ne saurai jamais rien, parce qu'il ne se pense pas, mais est là,
 bien vivant.

Viens, emmène-moi au bord de cet horizon qui se déchire. J'ai
 des graines plein les poches à semer avec le soleil !






 

mercredi 8 avril 2026

 

Comme des petits papillons
qui ne connaîtront jamais l'été
des fleurs de marronnier
gisent sur le trottoir.

Elles ont été.
Je suis encore.

Avant que l'on inscrive
sur du bois,
"ci-gît un passant",

je suis présent
aimant ces fleurs

de rien
pour rien.




mardi 7 avril 2026

 

C'est là 
que le langage
tombe.

Bris de mots.

Pensées
fantômes
qui n'atteindront jamais
l'incandescence
du pétale.

Il n'y a pas
d'homme.

Il n'y a pas
 de main.

Le rouge suit
un tracé de vertige
vers le cœur noir.

Tu plonges soudain
aspiré aussi.

lundi 6 avril 2026

 

Souplesse des roseaux

qui plient et ne rompent point,

sous un vent d'avril

encore frais.


Frémissement

comme un chant

qui s'accorde

au miroir paisible

de l'étang.


Les nuages passent

dans l'eau

étranges vaisseaux blancs.


Trois canars colverts

surpris près du rivage

percent le ciel et disparaissent.


Pâques, c'est la vie

qui redevient vivante.






dimanche 5 avril 2026

 


Mouton à tête noire
Ane blanc andalou,
dans leur regard
quel mystère ?
quelles interrogations ?

Qu'attendent-ils ?,
car ils attendent 

On attend aussi
même si on
n'attend plus rien,
même si l'on est persuadé
que c'est inutile d'attendre.

A quoi s'attendre d'ailleurs ?

Un geste peut-être
sur la tête noire,
sur le museau blanc.

et pour l'homme
la dernière étreinte
où la mort ne fait plus peur
mais ouvre la porte
de la vie infinie.