dimanche 31 mai 2026
samedi 30 mai 2026
vendredi 29 mai 2026
jeudi 28 mai 2026
Un poème de Kabir
Ô Seigneur..Je suis fatigué de tant d'intelligence.
Ote-moi le pouvoir de raisonner
avec des mots habiles,
cette connaissance et cette logique
gaspillés en débats inutiles.
Ote moi l'aisance dans la bonne conduite,
ce vernis de culture du monde moderne.
Ote-moi l'arrogance
e s'il te plaît Seigneur, Hari
ôte moi la connaissance et la richesse.
Ôte-moi la crainte des sanctions
liées à l'étiquette sociale
et donne-moi la simplicité.
Je ne veux ni bhoga ou yoga.
Je ne veux ni honneur, ni prestige.
Seigneur, donne-moi le visage innocent du villageois,
le calme et la sérénité du brin d'herbe.
Donne-moi l'humilité et la pureté.
Donne-moi l'aptitude à vivre sans égoisme.
Donne-moi ton amour.
Empli mon coeur de foi et de bahkti pour Toi.
Emporte mon nom illusoire, cette idée de moi-même
qui me maintient séparé de Toi
et noie moi dans l'ocean de l'amour.
Kabir, 1398 - 1448 / Uttar Pradesh
mercredi 27 mai 2026
mardi 26 mai 2026
lundi 25 mai 2026
dimanche 24 mai 2026
samedi 23 mai 2026
vendredi 22 mai 2026
jeudi 21 mai 2026
mercredi 20 mai 2026
mardi 19 mai 2026
La porte
Ouvrez-nous donc la porte et nous verrons les vergers,
Nous boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
La longue route brûle ennemie aux étrangers.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.
Nous voulons voir des fleurs. Ici la soif est sur nous.
Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.
Il faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment
Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.
La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir.
La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence
Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur.
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière.
Simone WEIL
lundi 18 mai 2026
dimanche 17 mai 2026
vendredi 15 mai 2026
jeudi 14 mai 2026
ce qui n'est pas lui,
non substance,
ombres souffrantes,
et au dessus de lui,
en lui, l'espace
où respirer
dans sa réalité,
Qu'attendre, que dire
puisque la vie appelle
la vie plus que les mots,
vert des arbres
qu'il n'a jamais vu vraiment.
















