lundi 16 mars 2026

 




Sans rien savoir, 
presque sans mots,
proche d'une lumière 
qui balbutie,
continuant à crier
malgré les années
et l'oubli et la mort,
à l'horizon s'annonce
la fin du chemin

Mais même s'il n'y avait rien
ce serait déjà beaucoup
tous ces jours
entre ombre et lumière.

N'avoir pas perdu cœur
et continuer sans cesse
à le tirer des marécages,
chanter tous les matins 
avec les merles et les mésanges
se recueillir pour échapper
 au mensonge qui partout
affiche ses laideurs,
offrir son impuissance
et les murs auxquels on se heurte,

n'est-ce pas l'essentiel ?

et même si il n'y avait rien
comment ne pas mourir un peu
et ouvrir les mains
mourir avant de mourir
pour laisser la vie
accomplir la vie   






dimanche 15 mars 2026

 

Là-bas au bout du chemin
il y a un chemin.

Les arbres y avancent.
Les étoiles y filent
et cela continue

Un chemin vient
après l'autre

et tu avances,
tu sens 
ton cœur vivant.

Tu croise aussi 
des cheminants

Ils n'ont pas 
d'autre demeure
que le chemin
et leur cœur.

Et toi tu vas
de bout en bout,
debout.








samedi 14 mars 2026

 



Etre là.
Le cœur s'élargit.
l'étang se déplace
comme un oiseau
pour tout ramener
à un point,
un seul.

On peut naître encore
comme on meurt.

On tombe,
On tombe
même en larmes.

l'étang laisse être
les êtres.

Il reflète seulement
ce qu'on lui montre.

Nous sommes tous
dans le cœur
des uns des autres





vendredi 13 mars 2026

 


Immobile,
le pêcheur
n'a pas de prise.

Plus de prise
sur le réel.

Immobile,
le pêcheur
a coulé
en lui-même.

Et les poissons s'amusent.

Le pêcheur
s'est endormi
dans l'eau du temps.







jeudi 12 mars 2026

 



De quelle réalité
parles-tu ?

Les arbres vacillent.
Les nuages s'effilent
et tu ne retiens pas
le jour qui s'enfuit.

Quand les voiles
s'écarteront-ils
pour que le jour
revienne au jour,
l'arbre à ce qu'il est,
le nuage à ce qu'il a effacé ?

Même si ce n'est
qu'une lueur cela suffit.

Tu vis pour elle.
Tu lui as donné ton cœur.


mercredi 11 mars 2026

 

Les fleurs de magnolia

se tendent vers le ciel

encore toutes emplies

de la fraîcheur de leur naissance.


Elles n'on besoin de rien 

pour être ce qu'elles sont.

Un peu de lumière,

un peu de chaleur.


L'homme, lui, est cerné

de besoins inutiles, de désirs illusoires

qui, réalisés, n'apporte

que la tristesse et le vide.


Vers quoi tend l' être ?

Et s'il tend vers le seul réel

ne serait-il pas bon

de s'y reposer ?





mardi 10 mars 2026

 


Aucun ennui en forêt.

Sans cesse apparaissent
des curiosités
comme cet arbre qui semble
s'être divisé en trois,
ou ces mousses
qui montent à l'assaut
de jeunes arbustes,
ou encore cette écorce
à la parfaite régularité.

Merveilleuse multiplicité
qui chante l'infini
variété du vivant.

Comment ôter alors
le voile de tristesse
qui ôte au regard
l'émerveillement ?

Ne pas croire ces pensées
qui vont et viennent
et obscurcissent la vision.

Etat d'âme,
simple reflet
dans un miroir.

Ne jamais oublier
l'un derrière
le multiple.

Devant la beauté du monde,
comme le saumon sauvage,
remonter à la source.