vendredi 6 mars 2026

 



Tout est mystère.
Mystère d'être là
Mystère du monde
qui s'offre au regard
Mystère des pensées
qui vont et viennent.
Bonnes ou mauvaises,
les laissera-t-on passer ?

Rien à explorer.
Aucune conquête.
mais tout à découvrir,
tout à accueillir

Tout est mystère.
Doucement s'y enfoncer.
Se laisser enfanter.
Seconde vie
qui accompagne
la première
et lui montre
l'infini ouvert
des possibles.

Tout est mystère.
Ce serait si grave
de se clore,
de se finir
avant d'avoir 
commencer
à être vraiment.




jeudi 5 mars 2026





Là-bas est une île.
Ici, un bateau.

Où vogue-t-il ?

Là-bas ,
maintenant,
est venu.

L'ile palpite
le plus vrai
de ton désir.

le bateau est parti,
le bateau inutile.

Tous ceux qui viendront
sur ton île
repartiront tranquilles. 

mercredi 4 mars 2026

 



Dans le jardin du Goethe Institut,
il n'y a jamais personne.

les arbres se parlent
et tuent le temps.

Après l'hiver, le printemps.

On peut repasser
dans dix ans.
Rien n'aura changé.

Simplement
peut-être
comprendra-t-on
quelque chose
devant une certaine forme
d'immuabilité.





mardi 3 mars 2026

 


Un mur, un simple mur
dans un village.
Fascination.

Il y a là
plus que 
des pierres
et du mortier.

Il y a simplement
de l'amour
qui s'est intégré
au mur,
qui a laissé sa trace

et apparaît
le geste précis,
attentif et délicat
du maître d'œuvre

qui sans le savoir
a créé un tableau
défiant le temps.





lundi 2 mars 2026

 

Ce n'est qu'un peu

de douceur

au bord de la rivière.

Le soir est un miroir,

les reflets des ombres.


La rivière ne raconte jamais

d'histoire.

Les oiseaux se perchent

au sommet des arbres.

Dans leurs yeux

l'eau s'écoule.


Et les âmes sur la berge

n'ont pour mémoire

que la mer.



dimanche 1 mars 2026

 



L'arbre est seul.
Océan de vert 
du blé en herbe.

Seul mais droit,
branches toutes
tournées vers le soleil
encore timide.

Il t'appelle.
Océan de solitude
mais sans souffrance
car accepté.

Et déjà l'arbre n'est plus là.
Ce que tu crois être toi
n'est plus là aussi.

Percée de l'alouette
si soudaine
qu'elle reste invisible
malgré son cri.

Percée en toi d'un ailleurs
où il n'y a plus de place
pour dire je.

Tu quittes ton histoire.



samedi 28 février 2026

 

Juste à l'entrée du village, l' âne a poussé un cri déchirant, presque humain, un cri à la recherche d' une présence, d' une attention. Trop seul il était. Et plus loin, dans son manteau de fourrure malgré le soleil printanier, un mouton cherchait aussi quelque chose. Il s' est approché timidement à la recherche d'un contact.

Seul le cheval de trait ressemblait à une statue qui pendant l' hiver avait été fouettée par la pluie et le vent, en gardait les traces, était devenu stoïque, immobile, presque paralysé comme si il n'attendait plus rien.

Une pensée pour les animaux qu'on dit bêtes alors qu'ils comprennent bien des choses que l'homme ignore.

Une pensée pour eux, si souvent négligés ou abandonnés. Eux aussi ont soif  ! Eux aussi attendent une délivrance !