samedi 20 juin 2026

 


Dans l'avenue de la Libération,
une unique rose rayonne
dans un massif d'armoise.

Les feuilles d'armoise
ressemblent à de gigantesques épines.
La rose n'en est que plus belle.
Elle est radieuse.

Et j'ai pensé à la parole de maitre Eckhart
lue ce matin,
parole radicale et dure
à entendre :

"Remarquez  bien d'où vient notre insuffisance :
elle vient du "rien".
Ce qui est "rien" en nous doit être supprimé
car tant qu'il y a cette insuffisance en toi
tu n'es pas le fils de Dieu.
Le fait que les êtres humains se plaignent
et clament leur souffrance
est le signe de cette insuffisance"*

Rose perdue parmi les épines,
donne un peu de ta lumière
de ton contentement d'être
que je puisse n'être plus 
tourmenté par rien
ni par personne.


*sermon 76





vendredi 19 juin 2026

 




Etang (Vosges)

Pastel sec




 


Six heures
la ville dort
sous la splendeur.

Quel cœur
vit donc ici
sans aucune peur ?

A l'intérieur
le vaste et l'infini
attendent leur heure

Celui qui meurt
dans cette lueur
le sait bien.

Un baiser suffit.
Une main aussi
et puis l'oubli.





jeudi 18 juin 2026




Livres, dessins
lignes sans fin,
pour quel chemin ?

lettres qui mènent
au désert,
couleurs qui tentent
de tromper la mort,

buée sur la vitre
rosée du matin,

le soleil vous efface.

Il reste l'espace
où rien ne se dit,
où la lumière se repose,
où le cœur est simple,

à jamais englouti.



 

mercredi 17 juin 2026

 


Petite fauvette

tu ne chanteras plus.

D'ailleurs y avait-il

encore du monde

qui prêtait attention à ton chant ?


Tu gis sur le trottoir

et personne ne te remarque.

Tu avais peur de l'homme

mais chaque matin

tu chantais près du cerisier rouge.


J'ai peur aussi

que le monde soit 

sans oiseaux

et les passants sans amour

pour le ciel où passent

encore quelques fous ailés

ivres d'espace.






 

Sous-bois près de Monthureux-sur-Saône

gravure pointe sèche



mardi 16 juin 2026

 


-Cette douceur-

Sur chaque chose,
sur chaque être
et chaque moment,

cette douceur du matin et du soir,
cette douceur retire la cendre
des défaites du regard.

Cette douceur si proche
de celle de la mère
avec son enfant quand
elle connait la juste présence,

cette douceur qui prend tout l'être,
sans oublier les blessures béantes
qui ont soif,

cette douceur qui appelle
à clouer ce qui doit être cloué
pour que jaillisse
une vraie naissance,

elle vient à pas de nuages,
sans qu'on sache comment,
cette douceur qui transperce
et qui soigne,
comme j'aimerais l'épouser,

cette douceur qu'on ne retient pas