dimanche 26 avril 2026

 

J'ai descendu l'escalier
et l'ayant aperçue
sous le ciel gris
je me suis dit :
"D'où est-elle venue ?"

Hier, je n'avais rien vu.
Et aujourd'hui
une étoile mauve
est apparue.
D'où est-elle venue ?

D'où suis-je venu ?
Je ne saurais pas répondre.
Mais puisque je suis apparu
je veux ouvrir
mes pétales d'étoile.



samedi 25 avril 2026

 


Lorsque cela
sera passé,

on se tiendra
sur le seuil
de la maison.

Il y aura
peut-être
un oiseau
tranquille.

On se fera
un signe de la main.

Rien ne pressera.

On goûtera
la clarté du matin,

et les enfants,
comme avant,
partiront
à cloche-pied !





vendredi 24 avril 2026

 


Il court vers la douceur de l'aube,
celle qui descend
et déchire la nuit sèche,
brise les cercles de fer.

Il court vers la douceur
tout court,
celle qui rend humain,
celle qui lève les voiles
pour qu'apparaisse un peu de vérité.

Il court vers la douceur,
celle qui laisse désemparée,
celle qui n'a rien d'autre à offrir
que le sel des larmes
qui réenflamme la vie.

Il court vers la douceur
qui donne aux corps
sa transparence
pour qu'il n'y ait
plus rien à prendre à personne

Il court  s'unir
avec la douceur des étoiles
qui ne brillent pas seulement au ciel.

Et un rouge-queue approuve
et signe d'un mouvement d'aile
la fin du poème.



jeudi 23 avril 2026

 


Des brèches soudaines
se manifestent.
Il n'y a pas à hésiter.

Le passage est mal aisé
parfois boueux
la lueur incertaine.

Tu passeras aimanté
par un désir plus fort que tout.

A ses côtés les autres désirs
paraissent bien falots,
presque évanescents,
comme si soudainement
tout ce qui miroite
en ce monde
perdait son attrait;

Il ne reste plus que cela
lueur fugitive,
étincelle qui brûle le cœur,

et l'envisagement
d'un lieu autre
où tout s'apaiserait
où tu pourras être témoin
d'une lumière de tendresse
sur tout être,
sur toute chose.







mercredi 22 avril 2026

 


Une vieille croix de pierre
au bord du chemin
est presque oubliée.

La nature se remet à chanter.
Feuillages rouges
et tendre vert de la prairie
semblent ignorer le supplicié

Ainsi les nuages passent
et ignorent le malheur des hommes.
Les pâquerettes ne prêtent pas
attention au sang versé.

L'on comprend si tard
qu'â chaque instant
il est possible de rejoindre
la tranquillité du ciel,
la simplicité des fleurs.




mardi 21 avril 2026

 

Mystérieuse vallée de la Mause

près de Gignéville.


Enormes amas de rochers

entre lesquels poussent

des arbres élancés

qui cherchent la lumière.


Le ruisseau chante

accompagné par

les fauvettes à tête noire

et les troglodytes mignons


Mais cela n'étouffe en rien

un étrange silence

qui imprègne tout.


C'est le silence

d'avant l'homme

et peut-être même

le silence d'avant 

toutes choses







lundi 20 avril 2026

 

Il s'avança vers le sous-bois
et là il comprît
le silence de la forêt,
un silence qui fourmille
de chants d'oiseaux
et de feuilles frémissantes.

Toute la souffrance,
et la violence du monde
restèrent à l'orée.

Il disparut
dans la lumière verte
avec l'homme verdoyant
qui doucement
commença à enlever
pendant sa marche
les plaies si nombreuses
des années écoulées.

C'est en ce jour
qu'il choisit
de ne plus jamais
se faire du mal.