dimanche 23 août 2026

 


Rocher guru
qui emplit
l'espace,

toi dont
le poids
est aussi
force,

tu entoures
le genêt 
qui perd
son or.

Et c'est toi
qui rayonnes,

toi granit
de vérité
qui transmets
à celui qui
te regarde

un peu plus
de réel,
un peu plus
de racines,

un peu plus
de feu.






samedi 22 août 2026

 


A la claire fontaine

se désaltère

le pigeon des villes


Et personne d'autre.


Méfiance des hommes.







"Nous nous présentons
Aux Fleurs, aux Planètes

Mais entre nous
Nous avons des étiquettes,
Des gênes,
Des effrois"

Emily Dickinson





gravure pointe sèche



vendredi 21 août 2026

 



Ce fond
immobile
où tout se tait
où tout s'est tu,

les nuages y passent
les fleurs l'honorent
s'ouvrent et se ferment
avec le soir,

et on n'y comprend plus
les mots et les éclats de voix
puisque la royauté
y est d'être muet.







jeudi 20 août 2026

 



Incommunicable
et pourtant,

la tête lâche,
les mots lâchent,

les armes sont rendues

Pas de pas à faire.

Seulement rester là,
se laisser rejoindre,

laisser cette place usurpée,
accueillir celle
offerte à chaque instant.










mercredi 19 août 2026

 

Kenneth White, poète (1936-2023)

pastel sec



« Je suis las de lieux

Où l’homme se donne en spectacle

J’ai assez vu le théâtre humain

Les gesticulations de ses pantins

Toutes leurs petites histoires

Ce qui m’intéresse à présent

Ce sont les champs silencieux

Qui s’étendent alentour

Les mouvements de la mer

Le ciel semé d’étoiles

Le rapport entre mon corps et l’univers

Entre les nébuleuses et mon cerveau. »

Kenneth White


 

Dépouillement.
Pensées, idées,
points de vue au vent.

Nudité
avant d'être né,
pendant, après

Vide
où tout se tait.
Rien.

Silence
au delà
du silence.

Ombres, traces
sur le mur
qui s'effacent.

Et le cœur
trompé
détrompé
qui ne vit plus
que pour le Cœur.


mardi 18 août 2026

 

l'étrave fend 
l'eau grise du canal.

Le bateau laisse
derrière lui
un sillage éphémère.

Chacun avec sa vie
fend les flots.

Du sillage de l'histoire
bientôt tout s'effacera.

L'éphémère tombe en poussière.

Tant que le cœur bat,
mieux vaut le garder

vivant.