vendredi 29 mai 2026

 


Il y a toujours
un rouge-gorge discret
qui au moment voulu
tient compagnie
en trois notes
au solitaire de l'aube !

Il est avec une promesse
qu'il peut enfin tenir,
comme noyé dans
une eau profonde
où seules douceur et paix
s'engendrent .

Cette terre peut-être le ciel
lorsqu'il n'y a
plus rien à saisir !

C'est comme si deux rives
s'étaient rejointes.
Le vent a trouvé un passage.
Qui aurait pu le retenir ?
Est-ce l'arbre, 
le vent, la terre qui chante ?
C'est seulement
lorsque du vide et de la nuit
un visage vient de naître.

C'est seulement
lorsque la porte s'ouvre,
que tout est envahi,
enfant tout démuni
à la merci des étoiles
et de l'océan qui gronde,
c'est seulement là
que le chant trouve une voix
qui ne s'éteindra plus !



jeudi 28 mai 2026

 


Un poème de Kabir

Ô Seigneur..Je suis fatigué de tant d'intelligence.
Ote-moi le pouvoir de raisonner
avec des mots habiles,
cette connaissance et cette logique
gaspillés en débats inutiles.
Ote moi l'aisance dans la bonne conduite,
ce vernis de culture du monde moderne.
Ote-moi l'arrogance
e s'il te plaît Seigneur, Hari
ôte moi la connaissance et la richesse.
Ôte-moi la crainte des sanctions
liées à l'étiquette sociale
et donne-moi la simplicité.
Je ne veux ni bhoga ou yoga.
Je ne veux ni honneur, ni prestige.
Seigneur, donne-moi le visage innocent du villageois,
le calme et la sérénité du brin d'herbe.
Donne-moi l'humilité et la pureté.
Donne-moi l'aptitude à vivre sans égoisme.
Donne-moi ton amour.
Empli mon coeur de foi et de bahkti pour Toi.
Emporte mon nom illusoire, cette idée de moi-même
qui me maintient séparé de Toi
et noie moi dans l'ocean de l'amour.


Kabir, 1398 - 1448 / Uttar Pradesh

mercredi 27 mai 2026

 


-Envolé-

Au bout de la ruelle
est la lumière
l'ombre s'accroche aux murs.
Le passage se resserre.
Mais la lumière
ne s'éloigne pas.

Là est un jardinet.
Sous une treille
un homme en blanc
est assis à côté
d'une chaise vide.

L'homme parle tout seul
comme si quelqu'un
était assis à côté de lui.
Les mots qu'il prononce
ont le murmure de la rivière.

Sous la treille
la lumière est tamisée.
Il parle ainsi 
jusqu'au soir.
Personne ne passe
dans la ruelle.
Personne ne sait
ce qu'il a raconté.

Sur la chaise vide,
un papillons'est posé.
Cela suffit à l'homme
pour se lever et tendre
la main vers le papillon
qui s'est envolé.

"Va vers ta liberté !"
Ce sont les derniers mots
de l'homme avant 
de refermer la porte du jardinet.

Il s’éloigne dans la ruelle.
Pour un vieil homme
il a le pas léger.
Au bout de la ruelle,
maintenant, c'est la nuit.
Son cœur pourtant
continuera de chanter.


mardi 26 mai 2026





Sur le sentier des fées à Marey,
je n'ai rencontré nulle fée.

A moins que la lumière
n'en soit une.

Elle nimbait tous les êtres
d'une auréole étrange
comme dans un rêve.

Mais du rêve à la réalité
la distance est-elle
infranchissable ?

Rêve, réalité
la lumière éclaire tout
sans distinction.

Puissè-je la voir
dans le recoin
le plus obscur
de mon cœur.








 

lundi 25 mai 2026



C'est elle qui prend la plume
et qui écrit ce mot.

C'est elle qui a
une histoire à raconter.

C'est elle qui est vivante
et qui renvoie chacun
jusqu'au confins de l'univers.

C'est elle qui maintenant
met un point final,
cache la plume
derrière ses pétales

et rejoint en silence
le silence
de celui qui a lu,

qui se tait et n'a plus rien
à écrire.






  

dimanche 24 mai 2026





Dans le grenier,
un morceau 
d'un miroir vénitien brisé.

Le tain est abîmé.
Deux anges semblent
lever les bras.

Sans doute
pour ne pas croire
au reflet.

Le reflet des prisonniers.
Le reflet qui fait croire
qu'on est quelqu'un

alors qu'on n'a
souvent même pas
commencé à devenir.

Les anges sont là !
Ne regarde pas par là !
Il n'y a rien.

Deviens !







 

samedi 23 mai 2026




Au bord de la Moselle,
un simple instant,
sans bateaux,
sans oiseaux,
sans bruit de moto
sans musique lointaine,
sans souffle de vent,
sans nuage flottant,

un simple instant
qui est comme une porte.

Tout est là.
L'eau paisible.
La branche qui caresse
le sommet de la colline.

Tout est là
pour la seule raison
qui vaille

et qui ne se dit pas
mais se vit.