Aux abords de la forêt d'Aigremont
des hautes herbes déjà jaunies
par le soleil invitent à la douceur.
Douceur si étrange
que j'aimerais y poser la joue
et surtout demeurer là
un peu comme un bébé
contre la peau de sa mère.
Et si finalement c'était ce lien
de peau à peau avec la terre
qui manquait cruellement,
blottis un peu misérablement
derrière nos écrans.
Sentir l'air, caresser les herbes
ou les écorces, écouter
le chant des feuillages
ou celui mélancolique
du loriot à l'orée d'une sapinière,
De simples actions pour rien,
pour être en reliance
avec l'âme du monde
qui palpite doucement
et souffre des désordres
infligés par l'avidité.





