dimanche 27 septembre 2026

 

Vue des champs depuis Bratte (Meurthe-et-Moselle)

pastel sec et fusain






 


Au dessus du prieuré de Blanzey

pastel sec, gras, fusain





 




Reconnaissance


Vu de la fenêtre de ton bus : 
un sdf accroupi sur le sol 
avec à son côté un chien,
 le visage triste, terne !

 Soudain une lumière l'éclaire. 
Ce n'est plus le même homme ! 
Connaissance. Reconnaissance. 
Une femme s'approche de lui,
 avec trois cartons à la main.
 Il se lève pour l'embrasser.

 Le chien se met à sauter sur la femme, 
si fort que l'homme a du mal
 à retenir son animal ! 
Ils se connaissent !
 Il a été reconnu. 

Il parle avec quelqu'un. 
Il n'est plus une chose inerte qui mendie. 
Il est un être humain.
 Il partage enfin. 

Et pendant ce temps, la foule continue, 
tous ces gens avec leurs paquets à la main
 qui ignorent qu'un homme
 a retrouvé la lumière 
par la rencontre d'un autre visage !


Mendiant, pastel sec



samedi 26 septembre 2026

 





Reflets dans le canal de Laneuveville

peinture aquarelle


 


La vieille femme à la fenêtre

Ce matin, tu marches dans la rue
 un peu enivré par l'air frais. 
Soudain, une caresse, une douceur, une présence ! 

Tu lèves les yeux. 
Au deuxième étage d'une maison, 
une vieille femme a ouvert sa fenêtre en grand 
et se tient là debout et te sourie.

 Tu lui rends son sourire 
et tu poursuis ton chemin.
 Tu gardes longtemps en mémoire
 cette silhouette fragile, ce sourire paisible,
 ce visage usé, presque effacé 
mais sur lequel on ne lisait aucune tristesse. 

Ce matin, elle avait ouvert la fenêtre
 pour respirer, heureuse de vivre.
 Oui, c'est ce que tu lisais dans son sourire !
 Aucune peur à l'approche de la mort !.
 On lisait en elle ce goût de vivre, 
malgré le poids des années,
 ce goût inextinguible ! 

Et derrière ses lunettes,
 son regard semblait dire : 
"Je suis déjà un peu au-delà,
 j'approche de la Grande Vie ! 
J'ai traversé bien des épreuves, 
mais je suis vivante
 et personne ne peut plus m'arracher 
à cette présence en moi, 
personne ne peut éteindre 
ce chant qui coule en moi 
et me soutient !






vendredi 25 septembre 2026

 


Tenir au désert


Les feuilles de marronniers
sont déjà sèches et malades.

 Le ciel s'est refroidi,
 a revêtu sa gabardine grise de nuages.

 Tu regardes par la fenêtre
 avec en toile de fond
 le tic-tac du réveil
 dans une maison silencieuse.

 Les martinets sont-ils déjà repartis ? 
Le ciel est déserté, comme s'il fallait 
la place libre avant l'arrivée de l'envahisseur :
 une armée de gouttes de pluies !

 Comment habiter paisiblement ce vide ?
 Comment ne pas en avoir peur ? 

Retrouver le murmure, 
prêter foi à ce qui se dit sans mots,
 une forme de tendresse, 
un terreau où des fleurs poussent d'elles-mêmes !
 
C'est cette espace que cherchent parfois 
avec tant de désespoir ceux 
qui aimeraient un cœur comblé !

 Tenir au désert,
 imaginer la pluie qui pénètre 
la terre toute craquelée,
 découvrir qu'il est possible 
que des graines germent
 dans l'aridité du sable ! 

Peu à peu le vide n'est plus le vide,
 mais la maternité du vent !
 Le manque n'est plus le manque 
mais la coupe des engendrements !












jeudi 24 septembre 2026