dimanche 4 octobre 2026

 


Deux échoués
sur un banc
n'ont plus besoin de parler.

Ils s'ouvrent simplement.
Ils communient à l'ouvert.
Le cœur est un.

L'âge n'est rien.
Ils viennent d'un pays
qu'ils n'ont pas quitté.

Ils se déplacent
à l'intérieur d'eux-mêmes
sur le même chemin.

C'est un même frémissement
qui les traverse
comme un champ d'avoine
sous le vent.

Ils font ensemble le vœu
que toute souffrance disparaisse
et laisse la leur disparaitre
comme l'on serre dans ses bras
un enfant.


aquarelle peinte en extérieur (Colline de Sion, Meurthe et Moselle)

samedi 3 octobre 2026

 




Jardinier

Eloignement, comme un départ, tu quittes immobile ce qui n'était pas, du sable, rien ! Tu es à ta fenêtre avec le jour qui ne veut pas se lever, et le chant d'un oiseau qui se répète, qui se répète ! Deux colombes passent, cherchent un gîte. Légère bruine, paysage en pleurs après le trop fort soleil d'hier ! Tu consens à cela. Passera aussi par là le vol fragile d'un oiseau ! Ta maison est calme. Elle vogue dans sa patience à elle. Elle prend avec ses murs et ses parquets tous les moments du temps. Elle se dispose à être maison pour accueillir un être humain et sa poussière. Tu as vécu, tu vivras, et entre les deux, des petits riens forment un chemin, remettre une pince à l'atelier, éplucher les choux de Bruxelles qui jaunissaient ! Tout est tombé. Tu vois clair. Une grande clarté qu'aucun nuage ne peut envahir ! Les quelques arbres que tu aperçois au loin sont devenus des frères. Ils sont juste à leurs places d'arbres. Ils n'ont pas à faire d'efforts pour se couvrir de feuilles et de fleurs. Tu vis ce que tu as à vivre, comme on laisse partir un enfant vers son océan. Toi, tu donnes seulement une caresse à ton jour. Tu regardes ce qu'il t'offre comme on ouvre une caisse oubliée dans un grenier. Tu prends soin de tes moments comme tu prenais soin de ceux qui maintenant n'ont plus besoin de toi. Tu es là, jardinier de ta terre quotidienne. Tu ne refuses pas cette odeur un peu âcre. Tu égrènes ton réel, tu tamises doucement la vie que tu aimes !











vendredi 2 octobre 2026

 


Arbre solitaire près du Haumont ( Martigny les Bains)



 



Présence de l'aube
et d'un écureuil
entre les branches,

Présence
sans paroles.

Etre 
au monde
mais
autrement,

guéri
de toute maladie
du mépris
de soi.





jeudi 1 octobre 2026

 




Cascade de la Pissotte
au Haut du Tôt.



Pourquoi
est-elle
si blanche ?

Retient-elle
la lumière
parsemée
de bulles d'air ?

Fraîcheur du lieu,
fraîcheur en soi

La nuit, elle chante
et personne ne la voit. 


mercredi 30 septembre 2026

 


Jeux d'ombres et de lumière, parc de Madame de Grafigny
Villers-les-Nancy

Pastel gras et sec







 



                                           Un oiseau timide


Un oiseau timide au cœur de la forêt siffle trois notes. Légers crissements des premières feuilles mortes, ou claquements secs des faines sur le chemin ! Dans les jardins les dernières roses ont pris de la hauteur. Les lauriers jaunissent, les feuilles de vignes ont des coup de soleil !L'automne prépare sa visite. Tu ranges un peu ton bureau. La lumière éclaire un livre qui traîne sur le parquet, puis diminue soudain. Tu regardes le dos de tes mains légèrement fripées ! Éclair blanc et noir, tu viens de voir passer une pie ! Un arbre ondule comme si le vent était prisonnier de ses branches !

Tu ne sais pas si tu penses. Tu te méfies des mots qui chantent un peu trop. Et pourtant ta porte n'est pas fermée. A qui frappe, tu ouvres, c'est comme cela !

Une rougeur sur les joues, un œil qui cligne, une voix qui tremble, un être humain crie, appelle derrière le masque ! Inutile de tricher ! Qui n'est pas fragile ? Qui n'a pas le cœur qui se serre quand un visage se détourne ou baisse la tête ?

Tu n'es rien, à peine une ombre. Elever la voix n'y change rien ! Un pigeon à la recherche d'une miette évite de passer devant tes pieds ! Tu n'es rien, rien qu'un être humain, avec des trous partout, qui attend son bus, se lève le matin, s'assure devant la glace qu'il a toujours un visage, même s'il voit bien qu'un reflet n'est rien aussi !La haut, le vent frissonne. Tout est ouvert. On s'y perd de vue comme on se perd dans les yeux d'un nouveau né !

Là-haut, la tête disparait. Peut-être y a-t-il un cœur, mais il n'est pas tout seul. Les nuages sont toujours accompagnés, ou se tiennent la main. Encore faut-il rêver que les nuages ont des mains, ou que les roses blanches qui ne sont pas encore gelées veulent te parler ?

Ce serait tellement simple qu'on s'entende, comme les asters dans leur gerbe. Pas un qui cherche à écraser l'autre ! Faudrait tous avoir le cœur sur la main des nuages à la place de notre tête ! Et cela te fait sourire...des humains nuages en voyage qui voguent sans violence, sans verser de sang !