lundi 5 octobre 2026

 

Trois dahlias


aquarelle



 



J'ai recours
à la forêt.

Sur les chemins
perdus
on ne se perd jamais

Je la respire
comme un noyé
encore vivant
qu'on sort de l'eau.

J'ai recours
à son âme,
à ses ombres furtives
qui vont
de silence en silence.

Je lui offre ma peine
de ce qui jamais
ne sera comblé

et je reçois le miel
de la lumière
des futaies.

J'ai recours
à la forêt.

Un jour je t'y emmènerai
et tu verras
que l'on peut
y naître et y disparaître
en un seul instant.














Près des étangs de la Ferrière ( Hennezel)


Chemin sur le Mont des Fourches



 

dimanche 4 octobre 2026

 


Deux échoués
sur un banc
n'ont plus besoin de parler.

Ils s'ouvrent simplement.
Ils communient à l'ouvert.
Le cœur est un.

L'âge n'est rien.
Ils viennent d'un pays
qu'ils n'ont pas quitté.

Ils se déplacent
à l'intérieur d'eux-mêmes
sur le même chemin.

C'est un même frémissement
qui les traverse
comme un champ d'avoine
sous le vent.

Ils font ensemble le vœu
que toute souffrance disparaisse
et laisse la leur disparaitre
comme l'on serre dans ses bras
un enfant.


aquarelle peinte en extérieur (Colline de Sion, Meurthe et Moselle)

samedi 3 octobre 2026

 




Jardinier

Eloignement, comme un départ, tu quittes immobile ce qui n'était pas, du sable, rien ! Tu es à ta fenêtre avec le jour qui ne veut pas se lever, et le chant d'un oiseau qui se répète, qui se répète ! Deux colombes passent, cherchent un gîte. Légère bruine, paysage en pleurs après le trop fort soleil d'hier ! Tu consens à cela. Passera aussi par là le vol fragile d'un oiseau ! Ta maison est calme. Elle vogue dans sa patience à elle. Elle prend avec ses murs et ses parquets tous les moments du temps. Elle se dispose à être maison pour accueillir un être humain et sa poussière. Tu as vécu, tu vivras, et entre les deux, des petits riens forment un chemin, remettre une pince à l'atelier, éplucher les choux de Bruxelles qui jaunissaient ! Tout est tombé. Tu vois clair. Une grande clarté qu'aucun nuage ne peut envahir ! Les quelques arbres que tu aperçois au loin sont devenus des frères. Ils sont juste à leurs places d'arbres. Ils n'ont pas à faire d'efforts pour se couvrir de feuilles et de fleurs. Tu vis ce que tu as à vivre, comme on laisse partir un enfant vers son océan. Toi, tu donnes seulement une caresse à ton jour. Tu regardes ce qu'il t'offre comme on ouvre une caisse oubliée dans un grenier. Tu prends soin de tes moments comme tu prenais soin de ceux qui maintenant n'ont plus besoin de toi. Tu es là, jardinier de ta terre quotidienne. Tu ne refuses pas cette odeur un peu âcre. Tu égrènes ton réel, tu tamises doucement la vie que tu aimes !











vendredi 2 octobre 2026

 


Arbre solitaire près du Haumont ( Martigny les Bains)



 



Présence de l'aube
et d'un écureuil
entre les branches,

Présence
sans paroles.

Etre 
au monde
mais
autrement,

guéri
de toute maladie
du mépris
de soi.