mercredi 18 mars 2026

 

Tous les mots,
toutes les pensées,
toutes les discours,
tout ce désir
d'avoir raison,
toute cette prison
sans cesse renouvelée,

la rivière les a pris.

Il reste des larmes,
des cris,
des vies brisées
pour lesquels
la rivière
est un baume
qui se transmet
en silence.




mardi 17 mars 2026

 


Si fines fleurs de spirée

et si minuscules !


On peut passer à côté d'elles

sans rien remarquer.


Mais si le cœur est prêt,

si toute hâte a disparu

voilà qu'elles rayonnent


et leur blancheur est aussi

fascinante que l'or

des forsythias.


En sanskrit, pranam

signifie rendre hommage

s'incliner


S'incliner vraiment

devant ce mystère

de si petites étoiles blanches

qu'aucune folie de l'homme

ne peut atteindre.


S'incliner jusqu'à ce que

le cœur soit plus haut

que la tête !












lundi 16 mars 2026

 




Sans rien savoir, 
presque sans mots,
proche d'une lumière 
qui balbutie,
continuant à crier
malgré les années
et l'oubli et la mort,
à l'horizon s'annonce
la fin du chemin

Mais même s'il n'y avait rien
ce serait déjà beaucoup
tous ces jours
entre ombre et lumière.

N'avoir pas perdu cœur
et continuer sans cesse
à le tirer des marécages,
chanter tous les matins 
avec les merles et les mésanges
se recueillir pour échapper
 au mensonge qui partout
affiche ses laideurs,
offrir son impuissance
et les murs auxquels on se heurte,

n'est-ce pas l'essentiel ?

et même si il n'y avait rien
comment ne pas mourir un peu
et ouvrir les mains
mourir avant de mourir
pour laisser la vie
accomplir la vie   






dimanche 15 mars 2026

 

Là-bas au bout du chemin
il y a un chemin.

Les arbres y avancent.
Les étoiles y filent
et cela continue

Un chemin vient
après l'autre

et tu avances,
tu sens 
ton cœur vivant.

Tu croise aussi 
des cheminants

Ils n'ont pas 
d'autre demeure
que le chemin
et leur cœur.

Et toi tu vas
de bout en bout,
debout.








samedi 14 mars 2026

 



Etre là.
Le cœur s'élargit.
l'étang se déplace
comme un oiseau
pour tout ramener
à un point,
un seul.

On peut naître encore
comme on meurt.

On tombe,
On tombe
même en larmes.

l'étang laisse être
les êtres.

Il reflète seulement
ce qu'on lui montre.

Nous sommes tous
dans le cœur
des uns des autres





vendredi 13 mars 2026

 


Immobile,
le pêcheur
n'a pas de prise.

Plus de prise
sur le réel.

Immobile,
le pêcheur
a coulé
en lui-même.

Et les poissons s'amusent.

Le pêcheur
s'est endormi
dans l'eau du temps.







jeudi 12 mars 2026

 



De quelle réalité
parles-tu ?

Les arbres vacillent.
Les nuages s'effilent
et tu ne retiens pas
le jour qui s'enfuit.

Quand les voiles
s'écarteront-ils
pour que le jour
revienne au jour,
l'arbre à ce qu'il est,
le nuage à ce qu'il a effacé ?

Même si ce n'est
qu'une lueur cela suffit.

Tu vis pour elle.
Tu lui as donné ton cœur.