mardi 16 juin 2026

 


-Cette douceur-

Sur chaque chose,
sur chaque être
et chaque moment,

cette douceur du matin et du soir,
cette douceur retire la cendre
des défaites du regard.

Cette douceur si proche
de celle de la mère
avec son enfant quand
elle connait la juste présence,

cette douceur qui prend tout l'être,
sans oublier les blessures béantes
qui ont soif,

cette douceur qui appelle
à clouer ce qui doit être cloué
pour que jaillisse
une vraie naissance,

elle vient à pas de nuages,
sans qu'on sache comment,
cette douceur qui transperce
et qui soigne,
comme j'aimerais l'épouser,

cette douceur qu'on ne retient pas




lundi 15 juin 2026

 






Les herbes dansent dans la prairie. 
Partout des scabieuses odorantes, des papillons.
Deux libellules se poursuivent.

Je les suis du regard
comme les nuages
en étage dans le ciel.

Les herbes sont si hautes
des graminées les dépassent.
C'est un peuple immense.
Partout la vie.
Bourdons et abeilles s'affairent.

Je suis seul  sans être seul,
présent à cette présence
qui vient en moi,
touche mon cœur

La prairie est une mère.
Mais une mère plus vaste,
 plus aimante
est là aussi.
Je pourrais m'endormir 
dans les herbes
et même y mourir
et oublier tout
n'ayant plus besoin de rien.








dimanche 14 juin 2026

 

Si près de la ville
le paysage respire.
Les prairies patientent.
Le ciel au moins
laisse passer les nuages.
Ici, personne ne vient
fouler les herbes hautes.

Si près de la ville
et la frénésie de ses habitants
demeure un espace tranquille
où le silence  est brisée
seulement par le chant de l'alouette
ou celui du grillon.

Je regarde cette étendue paisible.
Elle vient me rejoindre
Où suis-je soudain
quand je respire vraiment ?

Ce qui a été vécu
est aussi loin qu'un rêve
Le paysage efface aussi
ce qui adviendra.

Je plonge avec lui ou plutôt
je plonge en lui.

Le paysage est déjà
 au cœur de la réalité.
Il y palpite.










samedi 13 juin 2026

 



Le voile est ôté.

La pluie nocturne
a laissé son parfum
sous les feuillages.

La conscience est claire,
les pensées délavées
n'ont plus de force.

Inspirer la terre
encore mouillée.

Inspirer une liberté neuve
dans l'humus de sa propre nuit.






 


"Marguerites sauvages"

gouache et pastel sec






vendredi 12 juin 2026

 


Tout vient à son heure.


Je ne vois rien,

et pourtant j'ai semé

des mots mais aussi du silence,

j'ai marché au bord

des falaises pour tendre la main

Et partout ce qui était en herbe

est devenu du blé, de l'orge.

Les fleurs du cerisier

étaient la dernière neige

et les palombes maintenant

se gavent de cerises

 rouges et luisantes.


Mais je ne vois rien.

Le désert et le vide

forment un berceau

mais nul enfant ne s'y blottit

Je regarde pourtant la nuit de loin.

Elle n'ose pas s'approcher

des gardiens du feu

même quand ils

 n'en peuvent plus.


Je ne vois rien

mais continuerai à avancer

vers l'aurore qui ouvre des chemins.








jeudi 11 juin 2026




Uniquement pour rien

Si rien ne fait signe,
perdu entre chien et loup,
si rien n'advient dans ta vie
si insignifiante à l'échelle du cosmos,

s'il te reste un coeur sur la main,
un souffle au matin,
pour accueillir ce qui ne prend rien :
l'aube rouge qui tremble
au bord des nuages,
si ce mur demeure et ne frémit
jamais sous tes caresses,


et si ton cri tombe en poussière
sans avoir rencontré l'autre cri
par delà la frontière,

ce n'est pas grave,

offre un mot
l'un après l'autre,
comme des pas dans la neige,
uniquement pour rien !