mercredi 25 février 2026

 




Quelques primevères
entre les branches,
inaccessibles mais présentes
sont le réel,
l'intégralité du réel.

L'humain, où est-il ?
Il se débat encore.
Il cherche le chemin
de la primevère,
de la pervenche,
de l'anémone
qui n'ont pas besoin
de tourments.

l'humain anémone
est-ce pour demain ?
Peut-être cette reconnaissance
vient-elle ?

L'humain marche
dans cet espace lustral,
il ouvre avec peine les yeux
éléphant perdu
dans de la porcelaine.

mardi 24 février 2026

 

un ancien texte

L'espace entre les oiseaux ne saurait disparaître. Sont-ils vraiment ensemble ? Ils baignent dans la lumière d'un soleil pâle. Ils volent sans se regarder, tout entier dans leur vol !

Tu as donné une pierre à celle dont tu ne sais rien. Rien d'autre qu'un sourire bouleversant où apparaissait en une flamme tout le drame du monde. Tu t'es incliné devant cette majesté, comme on s'incline devant des pieds nus qui ont arpenté des chemins de poussière.

Tu as vu ce cri comme la larme qui pointe à peine.
"Suis-je aimé vraiment ?"

Toute vie est donnée. Chacun revêt son costume, répète son rôle.
"Suis-je important ?"
Le monde glisse aussi comme les nuages. Tout t'échappe des mains. Tu ne rattraperas rien !

Même l'ami qui t'a sauvé la vie prononce ces mots terribles : "A quoi bon ?"

On dirait du sable emporté par un torrent. La belle au bois dormant ne veut plus se réveiller. L'ami ne voit plus son rêve. Il a peur d'un éclat.

"A quoi bon ?" Dans les remous du fleuve, des corps se glissent comme dans des draps.

Tu ne veux plus être englouti. Tu crées ton monde. Tu ne t'enrouleras pas dans des bandelettes. Tu ne rejoindras pas la tombe, la place qu'ils t'ont préparée !

Peut-être y-a-t-il quelqu'un à la fenêtre de l'immeuble d'en face qui croise ton regard sans le savoir, qui trace quelques lignes sur le ciel de papier blanc, en même temps que toi, quelqu'un que tu n'as pas besoin de rencontrer puisqu'il est avec toi dans cet espace. Tu n'as pas besoin de lui tenir la main.
Vous avez le même cœur qui continue de battre.




lundi 23 février 2026

 


Chaque arbre
a son histoire,
ses blessures et ses cicatrices.

Chaque arbre a été une graine
et finira par tomber ou être coupé.

Chaque arbre a ses racines
plus ou moins solides,
plus ou moins rongées.

Chaque arbre avec ses branches
cherche la lumière.

Connaître ses blessures
Visiter ses racines
Aspirer toujours à grandir.

Seul, on n'y arrive pas.



dimanche 22 février 2026





Ramana Maharshi (1879-1950)

pastel sec



 

 


Rien ne bouge.
Les volets sont clos
le chat a les yeux fermés.

Tout ici est loin
de l'histoire,
du bruit et de la fureur.

Pas de voix,
ni de moteurs.
le chat frissonne
sous le vent glacial

Dans la maison
un homme se tient.
Est-il mort
ou vivant ?

Cela dépend
du choix qu'il fait.

Le chat respire
sans rien écrire.

l'homme respire
quand il écrit.
Il est lui et pas un autre
dans le silence.

Il tient son stylo
comme on tient
la main de son amour.




samedi 21 février 2026

 



Les fenêtres ont une âme.

Au printemps

quelques mésanges

ou bouvreuils

viendront chanter

près des croisées.


Une main écartera les rideaux

pour tourner la poignée

et laisser leur chant

emplir les pièces de la maison.


l'enfant dort dans son berceau.

Rien ne le menace.

la rivière coule

près des pécheurs

qui oublient de penser.


Les fenêtres ont une âme.

Elles laissent la lumière rentrer,

cette lumière dont tu as besoin

comme du pain.


vendredi 20 février 2026

 

Cercle de lichens

et de mousse,

aussitôt formés,

aussitôt fragiles.


A cette heure

que sont-ils devenus ?


Etre une trace,

un cercle

qui se forme

et disparaît.


Mais essayer

de ne rien abîmer,

essayer de suivre

les signes chantants

de l'univers.