jeudi 18 juin 2026




Livres, dessins
lignes sans fin,
pour quel chemin ?

lettres qui mènent
au désert,
couleurs qui tentent
de tromper la mort,

buée sur la vitre
rosée du matin,

le soleil vous efface.

Il reste l'espace
où rien ne se dit,
où la lumière se repose,
où le cœur est simple,

à jamais englouti.



 

mercredi 17 juin 2026

 


Petite fauvette

tu ne chanteras plus.

D'ailleurs y avait-il

encore du monde

qui prêtait attention à ton chant ?


Tu gis sur le trottoir

et personne ne te remarque.

Tu avais peur de l'homme

mais chaque matin

tu chantais près du cerisier rouge.


J'ai peur aussi

que le monde soit 

sans oiseaux

et les passants sans amour

pour le ciel où passent

encore quelques fous ailés

ivres d'espace.






 

Sous-bois près de Monthureux-sur-Saône

gravure pointe sèche



mardi 16 juin 2026

 


-Cette douceur-

Sur chaque chose,
sur chaque être
et chaque moment,

cette douceur du matin et du soir,
cette douceur retire la cendre
des défaites du regard.

Cette douceur si proche
de celle de la mère
avec son enfant quand
elle connait la juste présence,

cette douceur qui prend tout l'être,
sans oublier les blessures béantes
qui ont soif,

cette douceur qui appelle
à clouer ce qui doit être cloué
pour que jaillisse
une vraie naissance,

elle vient à pas de nuages,
sans qu'on sache comment,
cette douceur qui transperce
et qui soigne,
comme j'aimerais l'épouser,

cette douceur qu'on ne retient pas




lundi 15 juin 2026

 






Les herbes dansent dans la prairie. 
Partout des scabieuses odorantes, des papillons.
Deux libellules se poursuivent.

Je les suis du regard
comme les nuages
en étage dans le ciel.

Les herbes sont si hautes
des graminées les dépassent.
C'est un peuple immense.
Partout la vie.
Bourdons et abeilles s'affairent.

Je suis seul  sans être seul,
présent à cette présence
qui vient en moi,
touche mon cœur

La prairie est une mère.
Mais une mère plus vaste,
 plus aimante
est là aussi.
Je pourrais m'endormir 
dans les herbes
et même y mourir
et oublier tout
n'ayant plus besoin de rien.








dimanche 14 juin 2026

 

Si près de la ville
le paysage respire.
Les prairies patientent.
Le ciel au moins
laisse passer les nuages.
Ici, personne ne vient
fouler les herbes hautes.

Si près de la ville
et la frénésie de ses habitants
demeure un espace tranquille
où le silence  est brisée
seulement par le chant de l'alouette
ou celui du grillon.

Je regarde cette étendue paisible.
Elle vient me rejoindre
Où suis-je soudain
quand je respire vraiment ?

Ce qui a été vécu
est aussi loin qu'un rêve
Le paysage efface aussi
ce qui adviendra.

Je plonge avec lui ou plutôt
je plonge en lui.

Le paysage est déjà
 au cœur de la réalité.
Il y palpite.










samedi 13 juin 2026

 



Le voile est ôté.

La pluie nocturne
a laissé son parfum
sous les feuillages.

La conscience est claire,
les pensées délavées
n'ont plus de force.

Inspirer la terre
encore mouillée.

Inspirer une liberté neuve
dans l'humus de sa propre nuit.