samedi 18 juillet 2026

 


Portrait de Kathleen Raine (1908-2003) poétesse

pastel sec


Parce que j’aime
Le soleil répand ses rayons d’or vivant
Répand son or et son argent sur la mer.

Parce que j’aime
La terre sur son fuseau astral déroule
Sa danse qui fait naître l’extase.

Parce que j’aime
Les nuages voyagent dans le vent à travers de vastes ciels,
Les ciels vastes et beaux, bleus et profonds.

Parce que j’aime
Le vent souffle dans les voiles blanches,
Le vent souffle sur les fleurs, le doux vent souffle.

Parce que j’aime
Les fougères poussent vertes, et verte l’herbe, et verts
Les arbres transparents ensoleillés.

Parce que j’aime
Les alouettes jaillissent de l’herbe
Et toutes les feuilles sont pleines d’oiseaux qui chantent.

Parce que j’aime
L’air d’été frémit de milliers d’ailes,
Des yeux, bijoux par myriades, brûlent dans la lumière.

Parce que j’aime
Les coquillages irisés sur le sable
Prennent des formes fines et compliquées comme la pensée.

Parce que j’aime
Il est un chemin invisible à travers le ciel,
Les oiseaux passent par ce chemin, le soleil et la lune
Et toutes les étoiles voyagent par ce sentier la nuit.

Parce que j’aime
Il est une rivière qui coule toute la nuit.

Parce que j’aime
Toute la nuit la rivière coule, entre dans mon sommeil,
Dix mille choses vivantes dorment dans mes bras,
Et veillent en dormant, et passent immobiles.

Kathleen Raine





vendredi 17 juillet 2026

 


Bords de Moselle
près de Méréville.

Qui saura
où est le ciel,
l'eau ou
la terre,

et même
les arbres ?





jeudi 16 juillet 2026

 


 Etang Tauru,

vers midi.


L'écriture

des roseaux

à la surface

de l'eau


laisse passer

les nuages,

le silence,


Rien à déchiffrer.

Simplement

accueillir.






mercredi 15 juillet 2026

 


Il fait tellement chaud
que même les tournesols
se protègent du soleil.



mardi 14 juillet 2026

 


Main dans la main,
ils marchent
vers l'à venir
mais c'est au présent
du chemin.

Leur pas est aussi léger,
que leurs rêves
et très loin du pas lourd
qui se traîne
dans la poussière.

Main dans la main
avec cette confiance
qui ne calcule rien,
ne pèse ni le pour
ni le contre
mais s'envole
avec la gaieté
de l'oiseau du matin

ils ouvrent par leur présence
et leur sourire
un monde qui n'a pas
encore existé.





lundi 13 juillet 2026

 


C'est de là que j'accueille,
que je respire.

C'est de là que j'écoute,
essaye d'écouter,
ce qui est en moi
bafoué parfois.

Mais pourquoi ?
tout est là,
tout est à demeure.




dimanche 12 juillet 2026



Je n'abandonne pas. 
Le puits est profond,
mais comme le soir qui frémit,
la source est toute proche.
Elle affleure et se perd
entre les rochers.

Une corde de larmes
est prête pour 
remonter l'eau vive.

Alors d'autres profondeurs apparaîtront
et étrangement les ténèbres
auront des reflets d'or.

Je serais vivant
non comme on mange un fruit
mais comme un parfum qui se diffuse
et donne envie de respirer
à pleins poumons.