vendredi 15 mai 2026

 



Graminées,
blé en herbe,
herbes du chemin,
rouge presque sang
des coquelicots,

et dans les champs
ce qui disparait,

vue claire seulement,
rien de l'humain,
néant d'une seule pensée,

clameur de vie
des oiseaux
dans les fourrés,

feux d'artifice
des carottes sauvages,

sauvagerie du monde
où l'homme devient
plus sauvage
que l'animal,

et les cœurs blessés
qui attendent
réparation,

le silence seul
peut parler.









jeudi 14 mai 2026

 

Ecoulement de
ce qui n'est pas lui,
non substance,
ombres souffrantes,

et au dessus de lui,
en lui, l'espace
où respirer
dans sa réalité,

Qu'attendre, que dire
puisque la vie appelle
la vie plus que les mots,

vert des arbres
qu'il n'a jamais vu vraiment.

Mystère d'une forêt de bouleaux
où glissent les ombres 
des biches furtives

Il n'y a rien à prendre
mais tout nous quitte,

tout est fait pour cet éloignement,

la liturgie des visages
et des voix s'honore
dans le pas en arrière
et la main qui lâche,

vie seule gratuite,
vie qui s'écrit,

Il est là à guetter
la voix au sortir d'un méandre.

C'est comme s'il la voyait,

la voix sans menace
qui montre
le seul chemin.















mercredi 13 mai 2026

 


Chante la rivière
remuante ou placide,
chantent tous ces jours
de paix et de combats.

Les feuilles pourrissent
sur la berge mais
l'eau s'écoule
sans en avoir cure.

Au cœur des remous
le soleil jette des étincelles
et peut-être sans le savoir
un promeneur s'illumine.

Il rend plus grâce
pour ses défaites
que pour ses victoires,

car seule la nuit
peut creuser l'espace
pour crier vraiment

au secours.

Chante la rivière,
chante le cœur
de l'homme secouru
par les points noirs
d'une coccinelle

ou le reflet des arbres
qui parlent du pays immobile
où l'âme enfin 
n'a plus rien à faire.



mardi 12 mai 2026

 



Une chenille sur un brin d'herbe,
un brin d'herbe dans l'univers,
l'univers tel un cocon
qui enfante ses enfants,
et les enfants étonnés
devant la chenille qui se tortille,

tout se lie et se délie.

La chenille rejoindra
sa maison de salive
pour s'envoler papillon
entre les brins d'herbe,

et l'univers chantera
avec les étoiles
pour accompagner sa danse.

Les enfant émerveillés
ne comprendront jamais
comment une chenille poilue
se transforme en arc-en-ciel
qui joue avec le soleil.



 

lundi 11 mai 2026

 

Tout est ouvert, toujours.

Juste se mettre en route,

le chemin se déroule

comme dans un rêve.


L'herbe est fraîche

Le soleil de mai

sait ce qu'il fait.

Tout est vaste.


On peut jeter

 son vieux pull

d'idées usées

sur ses épaules

qui soudain voient

 leurs ailes pousser.


On marche vers là-bas

là où cela respire.


On passe ses mains

dans la rosée

pour essuyer son visage

de la suie des jours

gris et usés.


On a le pas des nuages

la radiance des boutons d'or

et des silènes au cœur.


On bat le rythme

avec son pas

des chants de l'alouette

pendant que dansent

 là-haut l'épervier.