Sans rien savoir,
presque sans mots,
proche d'une lumière
qui balbutie,
continuant à crier
malgré les années
et l'oubli et la mort,
à l'horizon s'annonce
la fin du chemin
Mais même s'il n'y avait rien
ce serait déjà beaucoup
tous ces jours
entre ombre et lumière.
N'avoir pas perdu cœur
et continuer sans cesse
à le tirer des marécages,
chanter tous les matins
avec les merles et les mésanges
se recueillir pour échapper
au mensonge qui partout
affiche ses laideurs,
offrir son impuissance
et les murs auxquels on se heurte,
n'est-ce pas l'essentiel ?
et même si il n'y avait rien
comment ne pas mourir un peu
et ouvrir les mains
mourir avant de mourir
pour laisser la vie
accomplir la vie






