jeudi 4 juin 2026

 


-Des signes-

Cernes et lignes
sur le bois
ou la pomme de pin
se sont tracées
d'elles-mêmes.

Il reste des traces
qui te parlent
une langue mystérieuse,

Il reste des signes
où tu ne peux intervenir
sans que cela 
tourne au désastre.















mercredi 3 juin 2026

 



-Tout devient calme-

La tourterelle rêve-t-elle
au bord de l'étang
qu'elle est une libellule ?

Ou bien est-elle posée là
à l'ombre du chêne
pour devenir aussi 
immobile que lui ?

Peut-être aime-t-elle
être là ?

Quand on aime
tout devient calme



mardi 2 juin 2026

 



Christian Bobin, pastel sec


"Deux biens sont pour nous aussi précieux que l'eau ou la lumière pour les arbres: la solitude et les échanges."

                                                                                                                   La présence pure et autres textes





 




Nuit de pleine lune.
Depuis mon lit,
elle me réveille

Une lumière laiteuse
inonde la pièce.
Je suis vivant

Mais est-ce un rêve ?
Est-ce réel ?
La nuit le jour ?

J'entends mon cœur.
Il bat encore
pour combien d'heures ?

Mon péril est paix.
Ne rien saisir
Ne rien retenir.

Laisser la lumière,
lune ou soleil,
tout envahir.







lundi 1 juin 2026

 


-Sur la feuille-

Un poème est écrit
sur la feuille.
Arriverai-je à le lire ?
Arriverai-je à le vivre ?

la feuille a un visage
comme le tien.
Rouge ou vert
votre sang est le même.

Je voudrais encore
entendre votre rire,

car la feuille rit
tous les matins
et toi, tu ris aussi,

et ton rire fait du bien.




dimanche 31 mai 2026

 




Lever la tête, toujours.
Ces deux oiseaux
au plus haut du toit
qui restent immobiles
et muets me parlent.

Je lève la tête,
 dignité retrouvée.

D'où vient-elle ?
Qui le sait ?

Simplement être sûr
que se sentir indigne
conduit d'indignités
en indignités,
puisque dans cet état,
perdu pour perdu
autant sombrer.

Mais là dans le ciel du matin
une flamme s'allume,
si fragile et si digne,

une flamme qui fait
que l'on relève la tête,
que l'on va
 droit son chemin

et que par le bout des doigts
coulent les flots sombres
 de la nuit.







samedi 30 mai 2026



"Il n'y pas de mauvaises herbes"

C'est un poète qui l'a dit.
Je lis tant de choses
dans la fleur du liseron,

un peu de douceur
qui m'accompagne
jusqu'au coeur
de la nuit,

un peu de tendresse
invisible qui
s'exprime comme elle peut
dans le secret.