La nuit perdure
La nuit perdure, serre ses noeuds.
Ivoire d'un visage figé !
Aux quatre coins,
des rouges lueurs montent la garde.
La mort ajuste le linceul.
Eteinte, l'étoile attend le brandon !
La fracture ne sera jamais réduite,
les ponts sont coupés, la guerre bruisse !
Des branches noires entaillent l'espace.
L'horizon étouffe ! Acre, la fumée
se déploie dans la confusion.
Arraché, au bord du lit,
un cœur palpite encore.
Le bleu n'est plus qu'un souvenir
qui donne le vertige !
Les obstacles sont levés.
La mort tient en son pouvoir l'engendrement.
Une boussole crie sans reconnaître l'orée.
Le sentier s'effondre entre les roches
ou disparaît dans les taillis.
les ronces sont perlées de sang.
Un serpent violet seul a droit de passage !
Bouleversée, la forêt frissonne !
Les derniers accords
d'une danse très ancienne
se perdent dans l'ombre.
Les oranges restent vertes.
L'eau est devenue une plainte
entre les mousses.
L'aube n'est plus
qu'un mot prononcé en secret.
Fusion des derniers rayons
dans un socle de ténèbres !
Au milieu de nulle part,
l'attente est inutile !
La densité où se brise toute transparence
accroit sa puissance.
Les fronts des rêveurs heurtent
des falaises innombrables
aux abords des quais.
Une pierre froide fossilise les pensées.
Des algues qui suintent l'ennui
remontent les rues.
Roulés dans des couvertures sans couleur,
les dormeurs ne se réveilleront pas.
Sur chaque porte des clous ferment l'issue !
Apatrides, des ombres ne peuvent
qu'aller et venir.
Livide, la biche ne trouve plus de rosée.
Les cordes ne servent plus aux étoiles.
On aperçoit du sang derrière
les derniers reflets d'or !
Elargir, cela ne veut plus rien dire !
Sur un papier calque perdu,
on reconnait la tour qui s'est effondrée !
Rubis sur l'ongle,
les derniers monarques croient vivre.
L'écart s'est agrandi, irréversible !
Mais ...
Un merle enchanté
a trouvé la fenêtre
de l'enfant malade.
Etonné, ce dernier écoute
les trilles de l'oiseau
qui se prolongent jusqu'à sa disparition !
Il n' a plus mal au ventre :
cela tient du miracle !!



