lundi 18 mai 2026

 



Il y a des cieux
qui remettent l'homme
à sa place.

Qui es-tu ?
Qui prétend tu être ?

Tu es,
tu es dépassé,
débordé,
emmené
comme un fétu de paille
dans l'immensité

Pourquoi avoir peur ?
Quand tu t'endors profondément
tu disparais

Viens, on disparaît
dans cet espace.
On ouvre nos ailes
un peu rouillées.

.On ne se voit plus,
on a disparu.

On voit plus grand
on voit plus fort




dimanche 17 mai 2026

 



Les jeunes feuilles
jouent avec le soleil.
Les verts s'entremêlent
s'harmonisent si bien
que l'on croirait un tableau
peint par la main du ciel.

Comme c'est étrange
de voir par une lumière
que l'on ne peut saisir

Voir derrière le tableau
tout l'amour
qui y a été déposé.






vendredi 15 mai 2026

 



Graminées,
blé en herbe,
herbes du chemin,
rouge presque sang
des coquelicots,

et dans les champs
ce qui disparait,

vue claire seulement,
rien de l'humain,
néant d'une seule pensée,

clameur de vie
des oiseaux
dans les fourrés,

feux d'artifice
des carottes sauvages,

sauvagerie du monde
où l'homme devient
plus sauvage
que l'animal,

et les cœurs blessés
qui attendent
réparation,

le silence seul
peut parler.









jeudi 14 mai 2026

 

Ecoulement de
ce qui n'est pas lui,
non substance,
ombres souffrantes,

et au dessus de lui,
en lui, l'espace
où respirer
dans sa réalité,

Qu'attendre, que dire
puisque la vie appelle
la vie plus que les mots,

vert des arbres
qu'il n'a jamais vu vraiment.

Mystère d'une forêt de bouleaux
où glissent les ombres 
des biches furtives

Il n'y a rien à prendre
mais tout nous quitte,

tout est fait pour cet éloignement,

la liturgie des visages
et des voix s'honore
dans le pas en arrière
et la main qui lâche,

vie seule gratuite,
vie qui s'écrit,

Il est là à guetter
la voix au sortir d'un méandre.

C'est comme s'il la voyait,

la voix sans menace
qui montre
le seul chemin.















mercredi 13 mai 2026

 


Chante la rivière
remuante ou placide,
chantent tous ces jours
de paix et de combats.

Les feuilles pourrissent
sur la berge mais
l'eau s'écoule
sans en avoir cure.

Au cœur des remous
le soleil jette des étincelles
et peut-être sans le savoir
un promeneur s'illumine.

Il rend plus grâce
pour ses défaites
que pour ses victoires,

car seule la nuit
peut creuser l'espace
pour crier vraiment

au secours.

Chante la rivière,
chante le cœur
de l'homme secouru
par les points noirs
d'une coccinelle

ou le reflet des arbres
qui parlent du pays immobile
où l'âme enfin 
n'a plus rien à faire.