dimanche 22 février 2026





Ramana Maharshi (1879-1950)

pastel sec



 

 


Rien ne bouge.
Les volets sont clos
le chat a les yeux fermés.

Tout ici est loin
de l'histoire,
du bruit et de la fureur.

Pas de voix,
ni de moteurs.
le chat frissonne
sous le vent glacial

Dans la maison
un homme se tient.
Est-il mort
ou vivant ?

Cela dépend
du choix qu'il fait.

Le chat respire
sans rien écrire.

l'homme respire
quand il écrit.
Il est lui et pas un autre
dans le silence.

Il tient son stylo
comme on tient
la main de son amour.




samedi 21 février 2026

 



Les fenêtres ont une âme.

Au printemps

quelques mésanges

ou bouvreuils

viendront chanter

près des croisées.


Une main écartera les rideaux

pour tourner la poignée

et laisser leur chant

emplir les pièces de la maison.


l'enfant dort dans son berceau.

Rien ne le menace.

la rivière coule

près des pécheurs

qui oublient de penser.


Les fenêtres ont une âme.

Elles laissent la lumière rentrer,

cette lumière dont tu as besoin

comme du pain.


vendredi 20 février 2026

 

Cercle de lichens

et de mousse,

aussitôt formés,

aussitôt fragiles.


A cette heure

que sont-ils devenus ?


Etre une trace,

un cercle

qui se forme

et disparaît.


Mais essayer

de ne rien abîmer,

essayer de suivre

les signes chantants

de l'univers.






jeudi 19 février 2026

 


En chemin,
l'infime lichen jaune
sur la branche,

le crapaud pétrifié
qui attend un baiser
de princesse,

ou la feuille morte
qui se désagrège
sous le pâle soleil d'hiver
sont encore des traces
des signes de l'inouï
d'être en vie.

Et cette vie
sans cesse
passe et se transforme
rejoint l'homme
et lui demande :

vis-tu ?





 

mercredi 18 février 2026

 



Ermitage Notre-Dame de Valrose.
Juste en face de la chapelle blottie
au pied de la colline,
un arbre pourrait être
sorti d'une peinture chinoise

C'est comme s'il flottait
dans le paysage
avec élégance et délicatesse.

Tout est désert
mais tout est paisible.

Il n'y a pas de petit muret
de pierres sèches pour s'asseoir.
Ce n'est pas grave.

Debout ou assis,
on peut rester là
et ce n'est pas le vide,
le manque, l'isolement,

Ce serait presque
comme une dernière image
avant de mourir,
un lieu plus qu'un lieu
qui fracture l'espace
et qui permet de fermer les yeux,

de se laisser emporter
par le mystère.