lundi 30 mars 2026

 

Se tourner 
vers le printemps
qui vient.

Tant pis
pour le mal
de nuque.

Peut-être
n'est-on pas assez
tourné vers les signes
de sa venue.

Tourné
comme un homme
qui se noie
émerge enfin
de l'abîme des eaux noires.

Tourné comme un enfant
s'enfuit de sa maison,
le manteau ouvert
dans le froid qui pique,

pour respirer.





dimanche 29 mars 2026

 


Grillage j'ai la rage.
tu ne retiendras pas 
longtemps le cri
des vies que tu as brisées.

Grillage, non
je ne serai pas sage.
Je passerai 
entre tes mailles
pour clamer
à tous les hommes
en noir :

"Arrêtez de nous
voler la vie !"



samedi 28 mars 2026

 


Radiance d'un prunellier
qui borde un chemin
au dessus de Chavigny.

Comme une neige
lumineuse
qui éclate.

Un rayon de pâle soleil
semble suspendu
au dessus de lui
comme s'il ne pouvait
plus échapper à cette gloire.

On ne voit plus un arbuste.
On ne voit plus rien.
Le regard se perd
dans ce rayonnement,

est incité à disparaître
pour laisser les effluves
se prolonger à l'intérieur
vers un vide
qui n'est pas vide
mais où toute pensée
s'arrête.





vendredi 27 mars 2026

 


A distance,
immobile,
la lune du matin,
aussi claire
que l'air,
parle de toi,
immobile
apaisée.

Précieuse
clarté.









jeudi 26 mars 2026

 


Le fardeau fait mal au dos.
Qui me l'a mis ?
Qui me l'a mis ?

Je veux plus le savoir.
Poser le sac,
ne plus le reprendre.
Cela me suffit.

Je vois la porte.
Je vois le passage.
Le fardeau ne passera pas.
sauf si je l'oublie.

Il fait si beau
J'ai mal au dos.

Mais je suis libre.
le fardeau est tombé.

Qui me l'a enlevé ?



mercredi 25 mars 2026

 


Etre simplement.
Une femme se penche
vers la terre
pour ramasser une plume.

Une autre s'est posée
à l'ombre
comme on abandonne sa folie
et un autre courant
murmure à son oreille.

Tout est simple.
L'enfant se repose
du repos de sa mère

Et le ruisseau
joue sa musique
pour effacer 
les fausses notes humaines.






mardi 24 mars 2026

 


Tout est tranquille.
Surtout ne bouge pas.
Un simplement mouvement
risquerait de rider
l'eau de l'étang.

Personne sur la route.
Personne à attendre.
Les boules de gui
devancent le printemps.

Tout est tranquille.
Sois tranquille aussi.
Laisse-toi être
le calme de l'eau
la limpidité du ciel
Au fond aucune différence.

Le temps s'est arrêté
Pourquoi compter les heures
quand le paysage
est à l'image
de ce que l'on devient.