mercredi 13 mai 2026

 


Chante la rivière
remuante ou placide,
chantent tous ces jours
de paix et de combats.

Les feuilles pourrissent
sur la berge mais
l'eau s'écoule
sans en avoir cure.

Au cœur des remous
le soleil jette des étincelles
et peut-être sans le savoir
un promeneur s'illumine.

Il rend plus grâce
pour ses défaites
que pour ses victoires,

car seule la nuit
peut creuser l'espace
pour crier vraiment

au secours.

Chante la rivière,
chante le cœur
de l'homme secouru
par les points noirs
d'une coccinelle

ou le reflet des arbres
qui parlent du pays immobile
où l'âme enfin 
n'a plus rien à faire.



mardi 12 mai 2026

 



Une chenille sur un brin d'herbe,
un brin d'herbe dans l'univers,
l'univers tel un cocon
qui enfante ses enfants,
et les enfants étonnés
devant la chenille qui se tortille,

tout se lie et se délie.

La chenille rejoindra
sa maison de salive
pour s'envoler papillon
entre les brins d'herbe,

et l'univers chantera
avec les étoiles
pour accompagner sa danse.

Les enfant émerveillés
ne comprendront jamais
comment une chenille poilue
se transforme en arc-en-ciel
qui joue avec le soleil.



 

lundi 11 mai 2026

 

Tout est ouvert, toujours.

Juste se mettre en route,

le chemin se déroule

comme dans un rêve.


L'herbe est fraîche

Le soleil de mai

sait ce qu'il fait.

Tout est vaste.


On peut jeter

 son vieux pull

d'idées usées

sur ses épaules

qui soudain voient

 leurs ailes pousser.


On marche vers là-bas

là où cela respire.


On passe ses mains

dans la rosée

pour essuyer son visage

de la suie des jours

gris et usés.


On a le pas des nuages

la radiance des boutons d'or

et des silènes au cœur.


On bat le rythme

avec son pas

des chants de l'alouette

pendant que dansent

 là-haut l'épervier.





dimanche 10 mai 2026

 


Pour plus tard.


Lorsqu'il n'est plus rien resté,
c'était un ciel plein d'étoiles,

libre de tout lien,

avec partout
des maisons écroulées,

et nulle trace de morts,

seulement des fleurs
qui poussent sans effort
parmi les ruines,

et des nomades
qui vont plus loin,

avec dans le regard
la lumière de l'enfant,

qui en son royaume
n'a besoin de rien !









samedi 9 mai 2026

 


Avoir recours
à la forêt,
aux plumes
des fougères,
à l'or d'un reflet
d'une rivière
qui s'endort
à l'ombre verte
des futaies !

Les cailloux du chemin
ont le pouvoir de réveiller
le marcheur :

« tu es déjà plus loin,
ne t'arrête jamais ! »

Et le vent est là,
il ouvre un pays
où les arbres ruissellent,
où chaque feuille a son chant,
où l'écorce est un livre
qu'on lit avec les mains !

S'échapper
avec la buse
sur sa meule,
dans l'ondulation brûlante
de l'air du plein midi !

Habiter l'herbe des prairies,
noyée de mauves et de coquelicots,
avec la vache placide
qui du mouvement de sa queue
bat la mesure de son
orchestre de mouches !

Humer les grumes
dans les fossés,
les premiers bolets
qui suintent
sous les sapinières,
gouter la liqueur
de la fraise des bois
mélangée de poussière !

Oublier peu à peu
près du merisier
ou du blé qui devient blond
la folie de l'homme.

Etre l'alouette
qui saura s'envoler
avant le passage
du monstre de la moisson !


Il n'y a de vie
qu'en cette tendresse !
Les fleurs sauvages,
belles pour rien,
parlent
de qui l'on est.

Personne ne pourra plus
faire oublier le secret
qu'elles  confient 
chaque soir.

Toi aussi,
essaye de retrouver
le livre qui s'ouvre
quand leurs pétales
se referment !

Il y a un poème
à l'intérieur
qui jamais ne s'écrit
et qui te dit : « Je t'aime ! »


vendredi 8 mai 2026

 



Au pays oublié
il n'y a rien.

Rien de factice,
d'inessentiel.

Le ciel seulement
avec le vent.

Des arbres qui n'ont plus
besoin de l'homme.

Des moutons, des agneaux
qui sautent comme des cabris.

Des boutons d'or
que nul pied n'écrasera

l'eau toujours claire
des ruisseaux,

seul chant accepté
avec celui des oiseaux
partout.

Ici le silence
est le maître.

C'est lui que l'on révère,
c'est en lui que l'on croit.

Et tout doucement
on devient méfiant
quand les pensées s'élèvent,

ne restent pas à leur place
de nuages voguant.





jeudi 7 mai 2026


Où se cacher maintenant ?

Les fausses promesses
retournent au silence !

le jour même abrupt,
bosse au front,
coup de bâton,
m'ont réveillé
ici, dans le jardin !

Ne plus rien attendre
puisque tout déjà
a été donné.

Il n'y a rien à faire
qu'accepter
et offrir sa seule tendresse,

nudité qui ne protège plus rien,

tout a été donné,
tout a été ôté,

la moindre feuille frémit !

Mais si une seule personne
 comprenait derrière les mots, entrevoyant l'espace, si une seule goûtait à ce qui vit aussi en elle et que reflètent les arbres mouvants, sensibles aux souffles invisibles !