Tenir au désert
Les feuilles de marronniers
sont déjà sèches et malades.
Le ciel s'est refroidi,
a revêtu sa gabardine grise de nuages.
Tu regardes par la fenêtre
avec en toile de fond
le tic-tac du réveil
dans une maison silencieuse.
Les martinets sont-ils déjà repartis ?
Le ciel est déserté, comme s'il fallait
la place libre avant l'arrivée de l'envahisseur :
une armée de gouttes de pluies !
Comment habiter paisiblement ce vide ?
Comment ne pas en avoir peur ?
Retrouver le murmure,
prêter foi à ce qui se dit sans mots,
une forme de tendresse,
un terreau où des fleurs poussent d'elles-mêmes !
C'est cette espace que cherchent parfois
avec tant de désespoir ceux
qui aimeraient un cœur comblé !
Tenir au désert,
imaginer la pluie qui pénètre
la terre toute craquelée,
découvrir qu'il est possible
que des graines germent
dans l'aridité du sable !
Peu à peu le vide n'est plus le vide,
mais la maternité du vent !
Le manque n'est plus le manque
mais la coupe des engendrements !
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