vendredi 25 septembre 2026

 


Tenir au désert


Les feuilles de marronniers
sont déjà sèches et malades.

 Le ciel s'est refroidi,
 a revêtu sa gabardine grise de nuages.

 Tu regardes par la fenêtre
 avec en toile de fond
 le tic-tac du réveil
 dans une maison silencieuse.

 Les martinets sont-ils déjà repartis ? 
Le ciel est déserté, comme s'il fallait 
la place libre avant l'arrivée de l'envahisseur :
 une armée de gouttes de pluies !

 Comment habiter paisiblement ce vide ?
 Comment ne pas en avoir peur ? 

Retrouver le murmure, 
prêter foi à ce qui se dit sans mots,
 une forme de tendresse, 
un terreau où des fleurs poussent d'elles-mêmes !
 
C'est cette espace que cherchent parfois 
avec tant de désespoir ceux 
qui aimeraient un cœur comblé !

 Tenir au désert,
 imaginer la pluie qui pénètre 
la terre toute craquelée,
 découvrir qu'il est possible 
que des graines germent
 dans l'aridité du sable ! 

Peu à peu le vide n'est plus le vide,
 mais la maternité du vent !
 Le manque n'est plus le manque 
mais la coupe des engendrements !












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