dimanche 6 septembre 2026

 

Les temps sont mûrs


C'est comme si

tout se réduisait,

se rassemblait

dans une nuit

où rien ne pointerait,

pas même une étoile !


Et pourtant tout est là,

visages qui passent

comme des lueurs,

corps où déjà

la délivrance affleure,


nous ne sommes plus éloignés,

les autres ne sont plus autres

au point d'être annulés

par l'épée, la langue acérée,


chacun voit maintenant

le sang profond,

la genèse des mots,

le premier cri

sur le sein offert !


Personne ne peut dire

c'est un étranger,

puisque des cellules

comme des papillons

se rassemblent

autour de la flamme

qui appelle sans cesse au passage,

la main qui laisse tomber la pierre,

l'enfant qui ne comprend pas

les murs où on l'enferme !


Seuls des morts

vont et viennent encore,

morts aux persiennes closes


hérissés d'intelligence froide,

portant leur peinture noire,

prêts à balafrer d'obscur

l'éclair qui arrive !


Le temps se vrille,

s'effrite, laisse

échapper un sourire

qui est l'oiseau paisible

regagnant l'espace !


Les mots ne sont plus si utiles !

Une autre substance apparaît,

un battement de paupière,

un menton qui tremble,

une ombre dans le regard,

un souffle trop court,


ce sont les premières

lueurs du jours,

et le grand vent qui tourne

dans les ramures des âmes

pour emporter plus loin

celles qui le désirent !







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