lundi 13 octobre 2025


En promenade vers les étangs de Flabemont, un vent léger souffle dans les chênaies. 

Des cris d'oiseaux dans les fourrés. Ne jamais oublier que l'on est des intrus. Adoucir son pas et même son souffle.

Soudain juste à l apparition de l' étang un claquement d'ailes. Envol d' un grand héron. Même seul, on n'est parfois pas assez discret.

Partout des champignons, lépiotes, pleurotes, cortinaires. Lorsque la volve explose, n est-ce pas comme un big-bang ? Que de formes par lesquelles s'exprime la Vie. 

Sur le retour, un coup de fusil très proche, des hurlements de chien et aussi d'homme. Vite. Ne plus être à couvert. Gagner les champs. Un moment au repos pour se demander. Qui est le plus sauvage ? La biche ou l'homme ?















 

dimanche 12 octobre 2025

Le brouillard s'est dissipé assez vite sur le chemin du mont Heuyon.

Chemins de forêts ou de champs, chemins blancs, couverts de cailloux ou de glands qui craquent sous les pas, chemins de poussière ou de boue, chemins arpentés toujours pour rien, ou pour un orvet qui se faufile jusqu' au fossé, pour un arbre qui sort soudainement de l' anonymat et éclate de splendeur, pour le mystère deviné aux abords de l orée et qui ne vient jamais,

Chemins pour les coeurs qui se vident d'eux-mêmes et reçoivent humblement les leçons du paysage pur.






 

samedi 11 octobre 2025


Ce matin, promenade un peu fantomatique en empruntant la voie romaine qui mène à Frain. Brouillard parfois dense. Arbres qui apparaissent et disparaissent. Troupeau de vaches ou génisses qui accourent pour contempler ce fantôme vêtu d' un anorak bleu.

Et soudain, un petit miracle. Minuscule mais bien réel, un coquelicot d'octobre incandescent qui apporte de la chaleur à tout ce gris.

Sur le retour, les regards mélancoliques des bovins pour qui le promeneur est la seule distraction rappellent soudain le grand mystère de toutes les conditions : minérale, végétale, animale, humaine. Et pourtant en toutes, cette Présence même chez la vache placide.








vendredi 10 octobre 2025

 


Dans le bois de la fontaine Fauvet, un moment d' arrêt pour écouter sous deux chênes géants des glands qui tombent des hauteurs

Ils passent de feuilles en feuilles avant de toucher terre. Cascade de glands

Plus loin éclair d' une biche, clairière où l'on aimerait revenir à l'aube, coprins chevelus comme des petits lutins blancs.

Sur le retour rencontre d'un inconnu. Échange de sourires, de quelques mots. Il est venu nourrir les bêtes. La chasse toujours. Ne pas juger. Deux mondes se croisent.

Le soir venu, la lumière d'or des feuilles mortes remplace le soleil. Les yeux fermés, douceur du silence.







jeudi 9 octobre 2025

 


Tenir en cette béance,
Voir les êtres chers
s'éloigner
et n'y rien comprendre
puisqu'il y avait vérité.
Ne pas accuser, jamais.

Tenir ce vide
et y trouver son espace,
respirer l'absence,
l'apprivoiser,
respirer l'angoisse
de s'absenter soi-même
et de n'avoir nul lieu
où s'accrocher.

Rester pantelant
au carrefour de son âme nue
où un clou est enfoncé.

Ne rien céder, plus jamais
mais tenir droit
dans la flamme
des regards vrais

Etre fier de tenir la mer, toujours
malgré la gueule
de la mort baleine
et son estomac sans étoiles
sa pourriture amère,

 le crier.









mercredi 8 octobre 2025

 


Réveiller l'eau dormante
encore et encore.

Qu'est-ce que l'on cherche
et dont on ne sait rien.

Etre aveugle
sous les lentilles
de l'étang.

Errer entre les algues
alors que l'on a vu.

On a vu et l'on crie.
Qui frappera l'eau dormante ?

Qu'est-ce qui s'entrouvre
dans la perte des mots,
dans la perte du sens ?

Ce que l'on a vu
est la corde
pour frapper
l'eau qui dort.

Réveille-toi avant
que la mort te réveille.








mardi 7 octobre 2025

 



Une sorte de capture
mais si douce.

Fascination.

Il n'y a plus 
que cela qui compte.

Non pas récréation,
ce chloroforme
sur le cri.

Mais re-création.
Mouvement de la méduse
dans l'eau claire.

Dialogue où
les mots et le silence
dansent parce qu'ils s'aiment.

Et ainsi danser toujours,

fasciné de laisser place