jeudi 8 avril 2021

 


"L'étonnement"

d'après un portrait de G. de la Tour

pastel sec




 


Le pommier du Japon s'enflamme
malgré le vent froid.

Cela ne durera pas.
Un peu de sang
sur le trottoir.

Que tient-on
entre ses mains ?

On ne peut qu'être là,
que dire merci
même pour l'ombre
et la nuit.

Ce que l'on croyait être
disparaîtra.
Restera ce que
l'on ne sait pas.






mercredi 7 avril 2021

 

D'éclairs en éclairs,
par l'émerveillement,
on se quitte.

Une fraction de seconde
ou une seconde
de non-temps,
je ne dit plus je.

Il n'y a que l'éclat
qui entre 
par effraction.

Il n'y a plus
que de l'être
en communion
avec l'être.




 "Intériorité"

d'après un portrait de Georges de la Tour,

pastel sec




mardi 6 avril 2021

 Comme il y a des volets
de couleurs différentes
à la façade de cet immeuble,

 à chaque fenêtre,
se tiennent peut-être
des gens avec
leur couleur à eux.

Chacun est là
avec son regard,
avec son univers,
et ses béances.

Comprendre cela
jusque dans sa chair,

pour voir plus loin
que les gestes,
les paroles,
les actes.





 



"Sous-bois"

fusain sec





lundi 5 avril 2021

 Auprès de l'arbre en fleurs
l'on était heureux.

Son ombre ne pesait pas plus
qu'un pétale emporté
par le vent.

On échangeait des paroles
comme on se prête
des trésors d'enfant.

Auprès de l'arbre en fleurs
la vie était si simple
qu'on savait déchiffrer
le chant des oiseaux.

Auprès de l'arbre en fleurs.

On aurait jamais dû le quitter.