jeudi 6 mai 2021

 


Mes mots, une outre
pour tenir au jour,
ne vous enfuyez pas trop loin.

Sous quel sable
le trésor se tenait-il ?

Mais un trésor
cela se partage.

Dans le désert ce n'est rien.

A peine deux doigts
suffisent pour éteindre
la mèche du ciel.

Mes mots-poussières
se déposent comme
des flocons de neige.

Un peu de sel,
et puis plus rien.

Rien, pourtant
j'ouvre les yeux,
ou plutôt
j'ouvre l'humain.

Sous quel ciel
verrais-je plus loin ?

Alors, vois, lis
au delà des lignes.

le désert sera bientôt fini.



Désert

Monotype



mercredi 5 mai 2021

 

Si les arbres
ont des racines
dans le ciel,
l'homme peut-il
croire seulement
à la terre ?

Il y a en lui
des étoiles
qui l'appellent

Dehors il cherche
sans arrêt
la limite, la frontière.

Dedans
C'est spacieux
seulement si
plus rien
ne l'attache à lui-même.




mardi 4 mai 2021

 

"Vieille femme"

Pastel sec






 

Rien n'est jamais perdu.
Un enfant rêve
qu'il suit un chemin inconnu.
Zigzag entre les étoiles.

Un baiser sur son front
"N'éteins pas la lumière !"
Les monstres resteront
le nez dans la poussière.


Flamme, éclaire-le,
que sa vie ne finisse pas
dans le noir et le froid.
Ruisselle huile du jour
lavé par l'aube d'une promesse.

Il peut pleuvoir sans répit
l'enfant se lève, heureux.

On dirait un prince
à cheval en forêt
soulagé d'apercevoir
enfin l'orée.



L'orée

Monotype




lundi 3 mai 2021

 

"Retour aux sources"

interprétation d'après un tableau anonyme.

Gouache.

La source aussi coule
sur les feuilles
des arbres
et on entend le flot
du vent.

En marchant,
il bénit l' obscurité
de l'avoir rendu
assoiffé de la source.

Il la regarde couler
sur les arbres
mais aussi sur les herbes
les pierres.

Il fait bon avec la source.

La largesse du paysage
a emmené au loin
les nœuds qui veulent 
toujours tout resserrer.





dimanche 2 mai 2021

 

Il s'avança vers le sous-bois
et là il comprît
le silence de la forêt,
un silence qui fourmille
de chants d'oiseaux
et de feuilles frémissantes.

Toute la souffrance,
et la violence du monde
restèrent à l'orée.

Il disparut
dans la lumière verte
avec l'homme verdoyant
qui doucement
commença à enlever
pendant sa marche
les plaies si nombreuses
des années écoulées.

C'est en ce jour
qu'il choisit
de ne plus jamais
se faire du mal.




samedi 1 mai 2021



Il court vers la douceur de l'aube,
celle qui descend
et déchire la nuit sèche,
brise les cercles de fer.

Il court vers la douceur
tout court,
celle qui rend humain,
celle qui lève les voiles
pour qu'apparaisse un peu de vérité.

Il court vers la douceur,
celle qui laisse désemparée,
celle qui n'a rien d'autre à offrir
que le sel des larmes
qui réenflamme la vie.

Il court vers la douceur
qui donne aux corps
sa transparence
pour qu'il n'y ait
plus rien à prendre à personne

Il court  s'unir
avec la douceur des étoiles
qui ne brillent pas seulement au ciel.

Et un rouge-queue approuve
et signe d'un mouvement d'aile
la fin du poème.