de ce reflet,
pas d'intérêt !
Ne parais-pas !
Sois traversé !
Au fond, regarde
ce fleuve de cris,
peuple en marche,
qui attends
que tu te quittes,
pour passer du côté
où la vie se déploie !
-1-
"Incontournable. Indéniable. Inaltérable. Inévitable. Hors de toute notion de religion, de psychologie ou de philosophie. Plus précieuse que l'argent, les honneurs et toutes les connaissances. Plus libre que l'air et aussi pure que la lumière. Indispensable pour goûter la Beauté et vivifier l'Amour, pour libérer la souffrance et ouvrir les portes sur l'ultime Réalité du monde. Toujours disponible et toujours nouvelle. Ne demandant et n'imposant rien. Absolument libre de toute attache et de toute projection. Aussi fraîche que le premier matin du monde et aussi pure que le sourire du Silence. Puissante et délicate à la fois, toujours et partout. Habitant dans le temps et l'espace et pourtant hors de l'espace et du temps : LA CONSCIENCE"
dessin du même auteur inconnu
Marcher, marcher,
sortir de la forêt,
gagner le champ,
rejoindre la lisière,
s'enfoncer plus loin
par le chemin blanc,
arriver au carrefour
de l'arbre mort,
prendre à droite
ou bien à gauche,
s'engager dans la hêtraie,
par le vallon qui s'assombrit,
Ne pas espérer
bordé de sapinières,
voir une clairière,
marcher, marcher,
puis s'asseoir
sur un tronc noir
qui perd son écorce,
ne pas s'attarder
sinon pour écouter
une sitelle torchepot,
repartir toujours
vers l'horizon,
peut-être là
au dernier tournant !
-1-
S'il n'avait plus rien à écrire,
il resterait là devant
les arbres qui dansent,
devenu lui aussi
silence qu'agite le vent
avec au cœur l'errance
qu'abrite toute vie !
-2-
C'est bien ainsi
que tout se termine
dans le jour qui vieillit,
paupières closes,
bouche scellée
d'où nul secret
ne sortira plus,
mains jointes
comme pour signifier
l'unité tant attendue !
-3-
Vanité des vanités !
Comme un envol d'étourneaux
ou sur le bord d'un vase
une goutte d'eau
qui bientôt glisse et s'évanouit !
Reste le ciel clair
dont la clarté est joie
même sans le chant d'un poème !
-4-
Qu'a-t-il donc tant cherché ?
Il écoutait une voix
toujours plus intérieure
pour échapper à la nuit
qui est amertume d'être
un désert sans fruits !
-5-
Mais qu'était son chant
devant celui de l'univers ?
Balbutiement d'un enfant
qui guette un sourire
sur le visage de sa mère ?
Enchantement d'être
le maître des mots
qui jamais n'auront
la densité d'une étoile,
la grâce d'une abeille ?
-6-
Que tout retourne donc
à sa juste place !
Combien de livres dorment
sur ses étagères ?
Combien jauniront,
disparaîtront ?
Combien de pages,
de phrases, de signes
s'effaceront à jamais
pendant que le merle du soir
triomphera loin des hommes ?
-7-
Qu'il garde seulement
en lui le désir de vivre
accordé à cette noblesse
qu'abrite un cœur sensible,
toujours quitter
les terres familières
où la flamme meurt,
cela suffit !
Hisse et ho
(à moi-même)
Aspire à vivre !
Vivre, inspire
jusqu'à être
toi-même,
prends toute
ta stature !
Existence larvaire,
bouton fripé de fleur,
cocon de chenille,
peux-tu en rester là !
Pousse les parois,
passe la crevasse !
A la porte étroite,
vite, abaisse-toi !
Cherche l'espace,
laisse jaillir le cri
qui retrouve ta terre
et couler la larme
qui la rend fertile !
Aspire à vivre,
Vivre, inspire,
que ce soit toujours
le premier jour !