samedi 20 janvier 2024

 
Détourne-toi
de ce reflet,
pas d'intérêt !

Ne parais-pas !
Sois traversé !

Au fond, regarde
ce fleuve de cris,

peuple en marche,

qui attends
que tu te quittes,

pour passer du côté
où la vie se déploie !



vendredi 19 janvier 2024

                                                           -1-


Les masses sombres des nuages avancent dans la nuit. le ciel change dans le silence qui revient parmi les respirations plus larges des dormeurs. Tout change et c'est un voyage au long cours. Cela ne s'arrête jamais. Un cœur peut s'éteindre et d'autres se mettent à battre. Le silence est sans fin parmi les rêves des hommes qui dessinent le monde et espèrent toujours !


                                                                                -2-

Les vitres de la chambre sont maintenant devenues noires et reflètent des livres en désordre. Il reste là à écouter ce qui pourrait naitre une image, presque un oiseau que l'on peut saisir au vol et dans la prunelle de ses yeux, il verrait des rivages qui ouvrent d'autres chemins. N'y a-t-il pas en lui un battement souterrain, une pulsation qui cherche son chemin, une graine d'où sort une tige blanche qui n'a pas encore vu le jour ?

                                                                                -3-

Peut-être est-ce félicité de rejoindre ce courant, comme un ruissellement de vie, l'ivresse de la mouette en plein vent qui vient de quitter la falaise ? Les fenêtres dehors s'allument les unes après les autres. Quelles pensées demeurent-elles dans ces foyers de lumière ? Soucis du lendemain, cris, soif, drame secret, nostalgie de ne pouvoir combler définitivement ce manque, trou, néant, valise vide dont on devine avec le temps qu'on ne s'en séparera jamais ?


                                                                               -4-

Il reste là environné de questions qui ne troublent guère le silence de la maison. la nuit est devenue profonde. Des visages passent aussi qui vont vers leur destin. Il accepte de n'y plus rien comprendre, guidé seulement par le plus intérieur, comme un serrement, ou cette image d'un simple épi de blé dans la lumière qui oscille doucement.

                                                                              -5-

Oui, qu'a-t-il compris ? Quel feu a-t-il vu dans les cœurs qu'il a croisé. Était-ce vraiment des étoiles dans ce regard d'enfant ? Était-ce tendresse au bord de la rivière, quand il espérait qu'entre ses bras toute peine disparaisse ? Se souviendra-t-on de son intime musique dans cent ans, notes éphémères qui s'évanouissent comme les brumes d'automne ?

                                                                            -6-

Pourquoi cela ne rayonne-t-il pas plus et ses serpents qui d'un coup de langue paralysent les soleils naissants, d'où viennent-ils ? Et ce dénuement, ces ventres qui se gonflent, ces mains qui se tendent et rencontrent des fantômes en fourrure, fiers de leurs masques et de leurs grimaces, pourquoi ? Et les noyés dans les asiles qui errent parmi les algues blanches, seront-ils jetés un jour sur un sable d'or ?

                                                                           -7-

Sans fin, les souffrances ? Sans répit, les cœurs brisés ? Il ne dira rien, n'apportera rien. Il est simplement un compagnon d'exil. Il a ouvert sa porte à la plus noire révolte, au délire dernier rempart avant le néant. Entre chez lui toute l'encre mêlée de sang ! Et pourtant à la chaleur d'une flamme un papier, une plume s'envole ! Il pressent l'autre pays où tout être avance nimbé d'aurore !

                                             









                                                                             

jeudi 18 janvier 2024

 


"Incontournable. Indéniable. Inaltérable. Inévitable. Hors de toute notion de religion, de psychologie ou de philosophie. Plus précieuse que l'argent, les honneurs et toutes les connaissances. Plus libre que l'air et aussi pure que la lumière. Indispensable pour goûter la Beauté et vivifier l'Amour, pour libérer la souffrance et ouvrir les portes sur l'ultime Réalité du monde. Toujours disponible et toujours nouvelle. Ne demandant et n'imposant rien. Absolument libre de toute attache et de toute projection. Aussi fraîche que le premier matin du monde et aussi pure que le sourire du Silence. Puissante et délicate à la fois, toujours et partout. Habitant dans le temps et l'espace et pourtant hors de l'espace et du temps : LA CONSCIENCE"

 
dessin du même auteur inconnu

mercredi 17 janvier 2024

 


Marcher, marcher,
sortir de la forêt,
gagner le champ,
rejoindre la lisière,
s'enfoncer plus loin
par le chemin blanc,
arriver au carrefour
de l'arbre mort,
prendre à droite
ou bien à gauche,
s'engager dans la hêtraie,
par le vallon qui s'assombrit,
Ne pas espérer
bordé de sapinières,
voir une clairière,
marcher, marcher,
puis s'asseoir
sur un tronc noir
qui perd son écorce,
ne pas s'attarder
sinon pour écouter
une sitelle torchepot,
repartir toujours
vers l'horizon,
peut-être là

au dernier tournant !










mardi 16 janvier 2024

 


-1-

S'il n'avait plus rien à écrire,
il resterait là devant
les arbres qui dansent,
devenu lui aussi
silence qu'agite le vent
avec au cœur l'errance
qu'abrite toute vie !

-2-

C'est bien ainsi
que tout se termine
dans le jour qui vieillit,
paupières closes,
bouche scellée
d'où nul secret
ne sortira plus,
mains jointes
comme pour signifier
l'unité tant attendue !

-3-

Vanité des vanités !
Comme un envol d'étourneaux
ou sur le bord d'un vase
une goutte d'eau
qui bientôt glisse et s'évanouit !
Reste le ciel clair
dont la clarté est joie
même sans le chant d'un poème !

-4-

Qu'a-t-il donc tant cherché ?

Il écoutait une voix
toujours plus intérieure
pour échapper à la nuit
qui est amertume d'être
un désert sans fruits !

-5-

Mais qu'était son chant
devant celui de l'univers ?

Balbutiement d'un enfant
qui guette un sourire
sur le visage de sa mère ?

Enchantement d'être
le maître des mots
qui jamais n'auront
la densité d'une étoile,
la grâce d'une abeille ?

-6-

Que tout retourne donc
à sa juste place !
Combien de livres dorment
sur ses étagères ?
Combien jauniront,
disparaîtront ?
Combien de pages,
de phrases, de signes
s'effaceront à jamais
pendant que le merle du soir
triomphera loin des hommes ?

-7-

Qu'il garde seulement
en lui le désir de vivre
accordé à cette noblesse
qu'abrite un cœur sensible,
toujours quitter
les terres familières
où la flamme meurt,
cela suffit !











 

Mâ : De même que l’on n’arrose pas les feuilles d’un arbre mais ses racines, de même il faut s’attaquer aux racines de la maladie des hommes. Le remède à toutes les maladies consiste à stopper les fluctuations mentales. Quand l’esprit aura cessé de s’agiter, alors tout ira bien pour l’individu, tant au niveau physique que psychologique.

Q : Comment les fluctuations mentales peuvent s’arrêter?

Mâ : En comprenant le chemin qui permet de découvrir “Qui suis-je?”. Le corps, qui passe de la jeunesse à la vieillesse, finit par disparaître. Ce n’est pas le vrai je. L’homme doit donc découvrir sa véritable identité. Quand il s’y emploiera, son esprit recevra la nourriture qui le calmera. L’esprit ne peut trouver une nourriture adéquate dans les choses de ce monde, qui sont périssables, mais seulement dans cela qui est Eternel. Le rasa, le nectar de cet Eternel, pacifiera l’esprit.

   C’est la joie qui est à l’origine de l’univers, et c’est pourquoi les choses éphémères de ce monde procurent une joie passagère. Sans joie, la vie est  un supplice. Vous devez donc découvrir cette Joie pure qui a engendré le monde et qui est l’essence même de votre être. Et  cela se produit quand les fluctuations mentales s’arrêtent.

Mâ Ananda Moyi

lundi 15 janvier 2024

 

Hisse et ho

(à moi-même)

Aspire à vivre !
Vivre, inspire
jusqu'à être
toi-même,
prends toute
ta stature !

Existence larvaire,
bouton fripé de fleur,
cocon de chenille,
peux-tu en rester là !

Pousse les parois,
passe la crevasse !
A la porte étroite,
vite, abaisse-toi !

Cherche l'espace,
laisse jaillir le cri
qui retrouve ta terre
et couler la larme
qui la rend fertile !

Aspire à vivre,
Vivre, inspire,
que ce soit toujours
le premier jour !




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