dimanche 9 janvier 2022







 Quelques notes du désert  

                                      (janvier 2012)                                                                      
           
La parole est simple
comme un chêne noir
sur un coteau de neige !
Des branches pures
parlent pour lui
de son goût de vivre
qu'il ne connait pas !
 
              *
 

Neige de brouillard
qui tombe fine
sans souffle de vent,
si doucement
qu'elle ralentit le temps,
n'empêche pas
l'envol noir des corbeaux
devenus muets soudainement !

             *
Cet oiseau
sur un fil
de l'abîme,
s'il te regarde
aussitôt il oublie
le vide.
Tant de vies
que le vide fascine
faute d'être fascinés
par un visage  !
 
          *

livres en nausée,
pages tournées,
encre noire
qui obscurcit
un peu plus
le soleil intérieur,
livres adorés,
pages qui apaisent,
mots qui redonnent lumière
au coeur des nuits d'encre
où l'âme se meurt.

             *
Il a crié : "où es-tu ?
et elle  s'est tu,
lui aussi !
            
   *
Ne lis pas ces lignes
tu  ne trouveras jamais
où elles se terminent !

   *
Parfois il pique,
mais jamais longtemps !
Après il offre une rose
au sortir de la nuit !

  *
N'ouvre pas cette porte,
elle donne sur une aube
qui ne se lève jamais !

*

Plaine sans frontières
sans bosquets et chemins,
rien que le vent,
et la lumière qui meurt !
 
   *
 

Au pas du jour,
un silence transi
envahit tout !
 
  *

Etoiles bleues
du myosotis,
quelle parole
pour la finesse de tes pétales ?
Perdre du temps
avec une fleur,
en tomber amoureux,
voilà une part
du mystère.

  *

Le couple de
rouges-queues
est de retour,
fragile amitié
qui a survécu
à l'hiver !
    
     *

Poursuite de mésanges
entre les branches,
nuages qui continuent
leur voyage vers l'Est,
éléments du monde
qui n'ont pas besoin
des tourments de l'homme !
 
 *

Grande ouverte
une bouche
de lumière
qui déchire
le ciel gris
l'avertit
de ne plus avoir
de pensées tristes !
 
   *

Impossible ?
Sans doute !
Les feuilles mortes
ne remontent
pas à l'arbre !
Mais l'arbre
ne décide pas
la sève à revenir
nourrir ses branches
au printemps !
      
     *
A la fenêtre
d'un mourant
les oiseaux
ne se taisent pas,
mais ils noient
de leur chant
l'angoisse
de celui
qui s'absente !

  *

Voix métalliques
à la radio
qui compte les morts,
et dans la terre blanchie
par le grésil,
surgissent timides
les quenottes vertes
des tulipes !


   *

Oiseau
qui s'échappe
de sa main,
ne reviens pas !
emporte loin
la caresse
qu' il désirait
te donner !
 

             * 
Le temps
d'ouvrir les yeux,
de comprendre un peu,
et déjà le dos se courbe,
au loin sur le chemin
accourent déjà
les visages sans rides
des suivants !
  *

Voici une main !
Qu'elle s'ouvre
puisqu'elle ne demande rien !
Rien que le vent,
une ronde, un chant
sur des lèvres
qui s'étaient éteintes !
 
   *

Lumière revenue,
nudité du jour,
qu'apprendre encore
de la nuit !

              





samedi 8 janvier 2022

 


Partout se trouvent
des portes 
vers d'autres mondes
d'autres cieux.

Ce sont elles
qui s'ouvrent soudainement
pour celui qui cherche
sans cesse
à élargir les mailles du filet.

Étouffement.
Étouffement par
des choses sans valeur,
des paroles sans profondeur.

Étourdissement.
Vide comblé
de paillettes somnifères,
d'actions mortifères.

Partout se trouvent
des portes
où ne passent
que les nomades.



Arbre-feu. Monotype




vendredi 7 janvier 2022

 



Tirés du néant,
de l'indistinct,

ou du semblable
multiplié
à l'infini,

quelques objets
s'animent.

Mise en lumière.

Un âme est là
malgré l'inanimé.

D'où est tiré
 la chose humaine ?

De la fange,
du général,
de l'armée,

de la répétition,
de l'obsession,
de l'étourdissement.

A ce moment,
il devient homme

et non jouet.









mercredi 5 janvier 2022

 


Fleuve d'argent et en crue
où vas-tu ?

La barque est retenue
par une corde
et une chaîne.

Hésitation.

Si l'on détache la barque
avant d'embarquer,
le courant risque de l'entraîner.

Et si l'on monte à bord
pour la détacher,
on peut chavirer.

Non, on va
monter à bord
et s'endormir,
abandonné.

Et c'est une autre main
qui rompra les amarres.





mardi 4 janvier 2022

 



Le crocodile
n'est pas là
où on croit.

Il est sous 
les feuilles mortes
de la vie.

Il n'y a aucune raison
qu'il morde
si l'on ne se mord pas
soi-même.

On a petite place
dans le ciel de l'étang.

le crocodile
ne mange pas
les étoiles.




lundi 3 janvier 2022

 



Les maisons ont une âme.
Les âmes sont des maisons.

Derrière les volets fermés
Des poussières se déposent.

Moisissures et toiles d'araignée
envahissent peu peu les pièces
malades d'obscurité.

La maison meurt doucement.

Au grenier par des tuiles percées
des gouttes d'eau chantent
une plainte lancinante.

Le voleur toujours vient piller.

C'est de l'intérieur
qu'une main peut ouvrir
les fenêtres.

C'est de l'intérieur
que le soleil
peut rentrer.





dimanche 2 janvier 2022

 


C'est le ciel de l'année.
le signe est là
et ôte les mots.

Un silence monte
dans les flammes.

Ne te retourne pas
et ne cherche pas
à voir ton chemin.

Mets tes pas
dans la flamme.