lundi 1 novembre 2021

 


Loin très loin,
on voyage
aussi bien ici.

Et dehors c'est
comme si c'était
le même paysage,
le même appel.

On n'est pas d'ici
en étant ici
ou loin, très loin.

Le paysage le dit.
On veut l'épouser,
qu'il emmène
loin, très loin,
là où la lumière
enfin guérit.

Loin, très loin
et pourtant si près,
on tombe en soi-même
et on ne revient plus.












dimanche 31 octobre 2021

 







Sa branche brisée,
l'arbre résiste.

Et maintenant
la branche
prend
racine.

L'arbre
relie
pour de bon
la terre et le ciel.

La terre
devient paradis.
Le ciel
est dans la chair
du monde.







samedi 30 octobre 2021

 



Allons tous voir
si la rose est éclose.

L'automne lui est bien éclos
et l'enclos de l'hiver
approche à grand pas.

Allons respirer son parfum.
Mignon, mignonne ou pas

Car elle embaume.
Même la pluie
ne l'atteindra pas.

Car il en est des roses
comme les hommes
et les femmes.

Elles ont leur part
éternelle.

Si l'on suit leur parfum
et non celui de la fange
on trouvera son chemin
précédés par les anges.









 

Automne à Boudonville

Gouache




jeudi 28 octobre 2021

 

La petite japonaise 2

Pastel blanc sur feuille noire




 

Ce petit bout de prairie

derrière l'arbre est

 sans prix

Finalement on ne trouve rien.

Cela saute aux yeux.

Cela nous trouve.

Cela rentre par effraction.

Accepter cela.



"Parfois j'étais complètement ébloui, j'aie essayé de traduire cela dans un livre, mais je n'y suis pas arrivé. C'est intraduisible. Je crois que c'est lié au fait de ne pas regarder, de ne pas rechercher ce qui est intéressant.. Je vous dirai que j'ai été également saisi par des lieux. J'ai fait un poème sur un de ces lieux, sur une renoncule : "Prie pour moi au désert, renoncule sans passeport, lumière, mon amour." C'était au croisement de la de la route de Provins avec la route qui va aux Eparmailles. Il y avait une route...une ancienne route avec un triangle d'herbe. Ce triangle d'herbe, pour moi, c'était... c'était sans prix et pourquoi ? Alors là, impossible de le savoir."

André Dhôtel








mercredi 27 octobre 2021

 






C'est là
à la porte,

là intensément
présent,

les arbres flamboyants,

avant le grand linceul
de l'hiver.

Et la ronde folle
de l'illusion continue,

pendant que les oiseaux
et les arbres en prière

chantent de la seule manière
qui convienne,

sans retenue !