mardi 4 février 2020



Sur un fil,
les corbeaux restent là.

Attachés à leur fil,
ils n'ont pourtant
qu'à ouvrir les ailes.

Le vent est là
mais ils attendent
on ne sait quoi.

Mon fil, je te connais bien,
mon fil à la patte,

Il est sûr que 
je te connais.

Et l'inconnu
est si vaste

Soudain, plus
de corbeaux sur le fil.

J'ai ouvert les yeux
sur mes ailes.







lundi 3 février 2020


Faites la lumière,
toute la lumière.
l'enfant suit
son cœur en fête
tout simplement .

Il vient lui-même
de la douceur.
Il l'accompagne,
la suit avec les flammes
qu'on soufflera.

S'il voit parfois
le noir qui l'entoure,
il ne le comprend pas.
Il n'a pas éteint sa flamme.


dimanche 2 février 2020


Un même mouvement,
les branches dans l'eau
et les racines dans le ciel,
cela grandit,
je laisse la place.

Et c'est la place retrouvée.

Il n'y en a qu'une.

Oh mon arbre,
tu es aveugle
à mes refus.

Tu ne vois
que cet élan
qui continue.








samedi 1 février 2020


Sous la pluie
les écorces
deviennent
des pays.

Je m'y promène
sans connaître
de chemin
sans rien comprendre
à cette cartographie.

Je suis un pays
Je t'en prie
Ne crois pas 
connaître le chemin.
Ne te fie pas à tes cartes.

Approche doucement
des arbres "écorcés"
qui grandissent autrement
qu'on leur dit.





vendredi 31 janvier 2020


Simplement
un rond dans l'eau,
je suis un rond dans l'eau.

Et l'eau le sait-elle
que je suis en elle
et moi j'oublie
si souvent
que je suis un rond dans l'eau

et l'eau se referme
et la lettre aussi

et dans l'o
je me tais.
le silence
m'appelle.





lundi 27 janvier 2020


Il y a des mondes
qu'on ne touche pas,
qu'on ne prend pas,

des mondes
qu'il est impossible
d'envahir,

des mondes qui resteront
lointains
et c'est très bien.

Il n'y a peut-être
rien à saisir
quand l'on vit.

Seulement se dessaisir,
laisser partir,
se laisser
et laisser ses mains
s'ouvrir

Et les mondes lointains
viennent
et nous sourient.





Portrait au fusain de Kobe Bryant
(merci à Yann Hovadik)