jeudi 10 octobre 2019


Ce que je vis, ce que je pense,
je pense nuage
et donne sans rien 
espérer en retour.

Espérer est le don.
Donner pour rien
et passer avec les nuages,
loin, loin
des attaques et des défenses.

Je suis ailleurs.
Tu veux me ramener
dans ton panier grillagé.

Mais cela ne vit pas.
Cela respire la mort.

Je passe ailleurs.
Une autre dimension.

Voici le temps, le temps
où les pensées secrètes
d'un grand nombre
seront dévoilées.



mercredi 9 octobre 2019


Ce que je pense en premier
souvent n'est pas premier.

Un ciel sombre me forcera-t-il
à m'assombrir ?

Et si je m'énerve
c'est la faute à qui ?

Peut-être bien la mienne.

Qu'il pleuve, qu'il vente
ou que tout s'ensoleille
je ne veux plus croire
à ce que je pense en premier.

Alors je pense en second.
Je sors du film

Certains croient tant à leur rôle
qu'ils ne le quittent jamais,
dorment même avec.

Je ne veux plus qu'on m'enrôle.

Vivre libre.




mardi 8 octobre 2019



Ce qui vit,
je reviens vers
ce qui vit.

Et je vois ce qui vit,
et je vois que cela bouge,
cela danse, cela chante.

Et je me laisse enchanté,
ayant trop déchanté.

Tout se met à rire.
Même les paysages
sont riants.

Et c'est un rire clair
comme le glou-glou
d'une fontaine cachée
entre les herbes.

La vie ruisselle
on ne sait pas comment
et elle descend avec
sa force de torrent.

Si je résiste à un torrent
c'est la vie qui crie

Et celui qui ne veut pas
l'entendre risque un jour
de souffrir plus
que celui qui crie.





lundi 7 octobre 2019




Je suis là 
dans le silence
d'un blé en herbe
et d'un ciel immense.

Et je semble attendre.

Mais non, je suis là.
J'émerge. 
Je me lave d'espace.
Le paysage a une sagesse
où toute peur s'absente.

Il n'y a rien à connaitre
des méandres où j'enferme
les autres.

Déjà la paix
qui descend, frémit
bouleverse, emporte.

Et je suis cette paix
. J'y suis et je la suis.
Presque la paix
d'un regard de bête.

Je veux y être.
C'est une paix soif
où tout est remis
comme lorsqu'on s'endort
en boule dans son lit.

Oh paix d'ailleurs
qui m'étreint
près d'une fenêtre
qui s'éteint.




dimanche 6 octobre 2019



C'est une caresse que l'on offre
pour que naisse un sourire,

une bougie allumée
sur la table du soir,
signe de l'essentiel !

C'est une porte entrouverte
qu'on croyait fermé
et la lumière derrière
qui se déverse enfin !

C'est les yeux brillants de l'enfant
qui voit grandir
ceux qui l'aiment !

Cest la nuit mystérieuse
des promesses tenues
où l'ombre est un manteau
qu'on ne craint plus !

C'est un navire porté
par une grande marée
loin des bans de sables
où il s'enlisait !

C'est le silence qui parle
et la parole qui s'incline
devant l'éclat du jour
d'une vie qui s'est donnée !


dessin de Victor Hugo


samedi 5 octobre 2019


Avec la nuit, les reflets
aussi disparaissent.
Tout se dépose.

Ce n'était rien.
Sans silence
le chant d'une rivière
ne peut être perçue.

Ce chant n'emporte pas
avec lui que les reflets
et les étincelles du soleil.

Il emmène aussi
les nœuds que personne
n'a su dénouer
et les voix qui n'ont plus rien à dire
quand tout se tait.

La rivière coule,
ne s' arrête jamais.

Je la regarde sans regarder,
plongé en elle,
bien avec moi-même.